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Quel prix a la vie ? Exemple de la société japonaise

p.6 Nouvelle Vague - Le Japon est parmi les 10 pays du monde les plus touchés par le suicide. 2La Japon traîne une réputation assez peu flatteuse en ce qui concerne le respect de la vie. Célèbres pour le rituel de suicide appelé seppuku (le terme harakiri est bien moins utilisé), les Japonais sont connus pour accorder plus de prix à l’honneur et la réussite qu’à leur propre vie.

Il faut avant tout rectifier une idée faussement répandue : le Japon n’est pas le pays du monde présentant le plus fort taux de suicide. Malgré tout, d’après l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), il figure tristement dans les 10 pays les plus touchés.

La société japonaise n’accorde que peu d’importance à l’individu. La valeur d’une vie se mesure à son travail, sa réussite et aux services rendus à la société. Il en va de l’honneur de la personne et de sa famille toute entière. Or, cette société est très largement animiste et pratique communément un certain culte des ancêtres. Beaucoup de familles ont un autel dans leur habitation sur lequel on retrouve la photo du père ou de la grand-mère décédés, et quotidiennement les membres de la famille vont faire une prière à l’ancêtre pour qu’il les protège et leur accorde la réussite.

Le déshonneur personnel est donc d’autant plus grave qu’il rejaillit sur toute la famille mais aussi sur les ancêtres qui veillent sur cette famille.

Dès le plus jeune âge, les enfants japonais sont soumis à une pression très intense quant à leur réussite scolaire, qui déterminera en grande partie leur avenir professionnel. Face à cette pression, les élèves japonais trouvent alors principalement deux échappatoires :

-l’ijime, ou « persécution », revient à reporter cette pression sur un souffre-douleur. Et dans un pays où le conformisme p.6 Nouvelle Vague - Le Japon est parmi les 10 pays du monde les plus touchés par le suicide.est roi, les candidats ne manquent pas : trop gros, trop pauvre, nul en sport, mauvais en classe, ou même le fait d’être chrétien, beaucoup de choses peuvent amener à devenir la cible de l’ijime. Malheureusement, chaque année, plusieurs victimes de l’ijime grossissent les chiffres des suicidés au Japon.

-le suicide lui-même, surtout lorsque l’échec est le résultat de tous les efforts fournis sous la pression collective.

Hélas, les Japonais continuent à reproduire ces comportements même une fois entrés dans le monde du travail. Ainsi une victime de l’ijime peut le rester toute sa vie durant. Sauf s’il y met fin…

Qu’est-ce qui donne sa valeur à une vie ? Faut-il privilégier les personnes dont la réussite rejaillit sur tous ?

Ces questions qui peuvent nous sembler horribles se posent malheureusement quotidiennement dans notre monde où rien ne vient donner universellement un prix à la vie humaine. Et pire, ne se posent-elles pas également dans l’Église, même si à un degré moindre ?

Comment considérons-nous nos frères et sœurs en Christ ? N’avons-nous pas parfois, même inconsciemment, plus de considération pour un responsable compétent et cultivé que pour un membre « lambda » en pleine difficulté sociale ? Ne nous considérons-nous pas parfois nous-même comme « supérieurs » à d’autres ?

Or le Christ, par son sacrifice unique pour tous les croyants, a donné un nouveau sens à notre vie, une nouvelle valeur. Ce ne sont plus notre apparence, notre réussite, ou même notre statut d’être humain qui donnent du prix à notre vie. C’est le Christ lui-même qui est la valeur de notre existence. Sa vie a été le prix payé pour nous donner une vie nouvelle.

Peut-on évaluer plus ou moins la valeur de la vie du Christ ? Son sacrifice aurait-il plus de prix pour certains que pour d’autres ?

Non, en Christ, dans cette vie nouvelle qui nous est donnée, nous sommes déclarés de même valeur aux yeux de Dieu. Cela ne nous rend pas identiques, nous demeurons avec nos différences. Mais ces différences ne sont qu’externes, là où notre prix réside en Dieu.

Jeff Comba