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Chute et création

En Mai 1980, le volcan du mont Saint Helens entre en éruption, ravageant l’île entière. En Décembre 2004, un tsunami dans l’Océan Indien fait plus de 200.000 victimes. Il y a un mois à peine, un séisme au Népal a provoqué la mort de plus de 8.000 personnes.

Nous avons l’impression que notre monde est détraqué. Ce qui arrive est mauvais, nous le sentons. Mais si cela est pour nous « mauvais », est-ce donc pour autant lié au « mal » ? Ces cataclysmes pourtant dits « naturels » ont-ils un lien avec « la chute », l’évènement de la rébellion de l’homme envers son Dieu ?

Séismes, éruptions volcaniques, tsunamis, pendant des millénaires ces phénomènes ont été perçus comme des manifestations de la colère divine. Aujourd’hui, nous savons que tout cela fait partie d’un système complexe qui régit le fonctionnement même de notre planète.

Chute et Création 2L’étude des ondes sismiques (dont la vitesse dépend du matériau dans lequel elles se propagent) ont permis de déterminer la structure globale de notre planète. Un noyau interne solide (température 6000°C), essentiellement métallique, est recouvert par un noyau externe liquide (4000°C), lui-même recouvert d’un manteau inférieur et supérieur dont la viscosité est plus ou moins comparable à celle de la glace qui « s’écoule » et se « déforme » dans les glaciers. Sur cette structure assez « plastique » (à l’échelle du siècle) et en mouvement continu repose une croûte de roche solide, mais qui subit les déplacements du matériel sous-jacent.

Ce sont ces déplacements de matière qui entraînent des plaques de la croûte solide externe, les éloignant ou les percutant, formant un système appelé « la tectonique des plaques ». Lorsque des plaques s’éloignent, du matériel chaud peut remonter à la surface, formant des volcans. Lorsque des plaques se percutent, les frottements peuvent entraîner des séismes plus ou moins violents.

Notre monde fonctionne ainsi, et ce système participe au maintien de la vie sur notre planète.

Pourtant, lorsque nous ouvrons la Bible, le début de la Genèse nous montre un monde dans lequel l’homme doit recevoir la vie en abondance, dans une parfaite relation à Dieu, sans que cette vie ne doive avoir de fin. Ces cataclysmes meurtriers, bien que naturels, pouvaient-ils donc déjà exister ? Ou la « chute », la rupture par l’homme de sa relation d’avec Dieu, a-t-elle eu un effet sur la création au point d’en transformer fondamentalement le fonctionnement ?

Le récit de la Genèse nous décrit les conséquences de la « chute ». Une de ces conséquences touche effectivement à la relation de l’homme avec son environnement. Le professeur Alain Nisus[1] le décrit en ces termes : « Le monde dans lequel l’homme est relégué n’a plus rien d’un paradis : il doit travailler dur pour gagner son pain (Gn 3.17-19). Le travail humain, qui était gérance des biens de Dieu, devient labeur pénible. Le cadeau de la terre lui aussi se transforme en fardeau. La terre résiste à l’ingérence humaine. »

Mais dans tout cela, seule la relation de l’homme à la nature change. La Bible ne nous dit rien sur de quelconques transformations que la création aurait subies à la chute. Encore moins sur des changements aussi radicaux que ceux nécessaires pour passer d’un monde viable sans volcans ni séismes au système actuel de la tectonique des plaques.

Il nous faut donc pouvoir envisager que ces phénomènes, que nous appelons « naturels », existaient déjà dès le commencement, selon ce que la science moderne affirme également.

Mais même ainsi, nous pouvons maintenir notre foi en une vie humaine initialement voulue par Dieu comme n’ayant pas de fin, la relation à Dieu donnant la vie en abondance. En effet, tels les animaux et leurs sens frôlant la « prescience » des cataclysmes naturels, rien n’aurait empêché Dieu d’avertir les hommes, directement ou par leurs sens, d’un phénomène imminent, et de les préserver ainsi, par son action au travers de cette relation, de la mort qui malheureusement, elle, est indubitablement le résultat de la chute.

Jeff Comba

[1] Alain Nisus, Pour une foi réfléchie, La Maison de la Bible, 2011, p.289.