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Les miracles dans l’annonce de l’Évangile, Actes 19.11-20

Actes 19.11-20

Je vous propose de commencer notre lecture dès le verset 8 de ce chapitre. Nous découvrons alors que Paul, qui est à Éphèse, entre dans la synagogue et pendant trois mois y annonce l’Évangile. Mais l’opposition se faisant de plus en plus ressentir il décide de se retirer et s’installe dans l’école d’un dénommé Tyrannus. Un texte ancien précis qu’il y enseignait chaque jour de 11h à 16h, il avait sans doute l’utilisation des lieux, l’école étant fermée aux heures chaudes de la journée. Certains ont vu dans ces « cours » quotidiens la première faculté de théologie de l’histoire ! En tout cas Paul, pendant deux ans, a pu former les premiers disciples et l’Évangile a pu être annoncé à « tous ceux qui habitaient l’Asie, Juifs et Grecs. » Être témoins !

La mention des « miracFestival 3les » ne vient qu’après cette présentation du ministère de prédicateur et d’enseignant de l’apôtre. Le texte précise alors que « Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul. » C’est frappant : l’initiative des miracles appartient à Dieu.

L’expérience semble confirmer ce « partage des tâches », si je peux me permettre de l’exprimer ainsi. L’annonce de l’Évangile nous appartient ; le miracle – quel qu’il soit – appartient à Dieu ! J’ai le souvenir de récits missionnaires où effectivement des miracles, souvent inattendus et même pas sollicités, sont venus appuyer le message annoncé. De nos jours ceux qui cherchent à témoigner auprès des musulmans rapportent des témoignages de conversions suite à des visions, des rêves ou des miracles. L’action souveraine de Dieu est évidente.

Vient ensuite dans notre texte le récit des « sept fils d’un certain Scéva », « exorcistes juifs ambulants » il est précisé. Ils ont découvert à leurs dépens qu’on ne doit pas, qu’on ne peut pas, séparer le miracle du message. Le texte fait rire (ou pleurer !). Voyant les délivrances effectuées par les mains de Paul au nom de Jésus ils ont cru pouvoir faire pareil. Bien mal leur en a pris. Chassés, nus et blessés… et cela s’est su ! Quelle honte ! Leur mésaventure, si elle a fait rire certains, a surtout inspiré la crainte. D’autres – « un assez grand nombre » – qui avaient touché aux pratiques occultes ont été interpellés. En signe de repentir et de coupure radicale avec leur passé ils ont brûlé leurs livres de sorcellerie sur la place publique !

Récit divertissant ou leçon pour nous ? J’y vois effectivement une leçon : le domaine du miraculeux est à aborder avec prudence ! Il y en a aujourd’hui qui se permettent de promettre la guérison : « Venez à Jésus, il vous guérira ! » J’ai envie de demander : « En êtes-vous sûrs ? » Promettre la guérison, certes cela attire… mais quand l’attente est déçue, que reste-t-il de l’annonce de l’Évangile, de l’Évangile qui seul sauve ?

Le miracle, surtout celui de la guérison, reste une énigme pour nous, chrétiens occidentaux du 21ème siècle. Nous lisons les récits bibliques et le miracle semble se trouver à chaque page. Pourquoi n’en voyons-nous pas, ou si rarement, aujourd’hui ? Serait-ce de notre « faute » ? Quelques « miracles extraordinaires » et retentissants n’ajouteraient-ils pas du poids à notre témoignage ?

Questions pertinentes !

Serait-ce de notre « faute » ? N’évacuons pas trop vite la question. Sans « promettre » une guérison, ne serait-il pas possible d’accompagner plus souvent notre annonce de la bonne nouvelle d’une offre de prière : « Est-ce que vous accepteriez que nous priions pour vous ? » Dieu peut répondre à de telles prières !

Et le « miracle extraordinaire » et retentissant ! Est-ce que cela aurait l’effet escompté ? Ce n’est pas si sûr ! (voir Luc 10.13)

Laissons donc le souci de l’énigme entre les mains de Dieu : à nous d’annoncer la bonne nouvelle, à nous aussi de prier… de prier afin que Dieu agisse, comme bon lui semble, pour appuyer notre témoignage.

Clive Charlton