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Au secours, Seigneur !

Dimanche dernier, je n’étais pas là, j’étais à Nîmes avec mon épouse, donc pour certains ça fait 2 semaines qu’on s’est pas vu. Et il y a deux semaines, certains d’entre nous ont pris un engagement. Celui de prendre quotidiennement un temps de 15 minutes pour lire la Parole de Dieu et faire de ces 15 minutes le centre de notre journée.

Je vous avais proposé 2 outils pour cela, 2 applications pour smartphones, « La Bible en 6 ans » et « Express’O ». Bon il se trouve que l’application « La Bible en 6 ans » ne fonctionne pas depuis début Janvier, ils sont en train de changer complètement la structure de l’application et ils ont pris du retard. Mais en attendant vous pouvez toujours utiliser le calendrier papier des lectures pour 2017, qui est présent à la sortie, n’hésitez pas à vous servir. « Express’O » fonctionne très bien, pas de soucis à ce niveau.

Un engagement fort, c’est bien. Avoir des outils adaptés, c’est mieux, surtout lorsqu’ils fonctionnent. Mais avoir la volonté et l’outil, ça ne suffit pas toujours. Parce que beaucoup de choses peuvent venir nous détourner de notre engagement. Et personnellement pendant ces deux semaines ça n’a pas été facile pour moi de me tenir à cet engagement qui semble pourtant plutôt simple.

J’ai eu du mal. Et je pense que je ne suis pas le seul. Il y en a parmi nous qui ont eu du mal également ?

On a eu du mal parce que beaucoup de choses peuvent nous détourner de cet engagement. Ca peut-être les occupations du quotidien, l’apparente sécurité de notre routine, le travail, la famille, les études… Mais ça peut-être aussi des choses plus pénibles : les préoccupations, les soucis, peut-être même les épreuves, les craintes, les angoisses…

Avoir la volonté de garder notre vie centrée sur Dieu et sur sa Parole et utiliser des outils pertinents, adaptés, parfois ça ne suffit pas. Alors que faire ? Redoubler d’effort ? Changer d’outil ? Mais comme une boucle interminable nous pourrons à nouveau être détournés du Seigneur et de sa Parole. Comment faire ?

Il y a une histoire dans l’Évangile de Matthieu qui je le pense peut nous éclairer sur cette question. Une histoire qui nous parle des difficultés que nous pouvons avoir à garder les yeux fixés sur le Christ.

C’est une histoire qui se passe durant la vie de Jésus et que l’on trouve en Matthieu chapitre 14. Mais tout d’abord, dressons le contexte.

Jésus vient de perdre son cousin, Jean-Baptiste, celui qui avait pour mission de préparer le peuple à la venue du Sauveur.

La nouvelle parvient jusqu’à Jésus, qui est alors bouleversé par la mort de Jean-Baptiste. Et Matthieu chapitre 14 verset 13 nous dit ceci « Quand Jésus entendit la nouvelle, il quitta la contrée en barque et se retira, dans un endroit désert ». Jésus est bouleversé, et il se retire, loin de tout, pour vivre un temps de deuil.

Mais des foules entières le suivent pour recevoir la guérison ou pour entendre son enseignement. Et le verset 14 nous dit « Quand Jésus descendit de la barque, il vit une foule nombreuse. Alors il fut pris de pitié pour elle et guérit les malades ».

Pris de compassion pour cette foule, pour tous ces gens, Jésus renonce pour un temps à son deuil. Il prend soin d’eux. Il les guérit, il les enseigne. Il va même les nourrir, avec ce fameux miracle de la multiplication des pains et des poissons.

Mais Jésus n’a fait que repousser son deuil, il a maintenant besoin de se retrouver seul. Complètement seul. Et nous lisons aux versets 22 et 23 « Aussitôt après, Jésus pressa ses disciples de remonter dans la barque pour qu’ils le précèdent de l’autre côté du lac, pendant qu’il renverrait la foule. Quand tout le monde se fut dispersé, il gravit une colline pour prier à l’écart. À la tombée de la nuit, il était là, tout seul. »

Jésus est enfin seul. Mais il n’est pas le seul à être seul. Ses disciples aussi sont seuls. Seuls dans une barque, seuls en pleine nuit au milieu du lac de Galilée. Et là, ça se gatte. Le vent se lève, un vent contraire qui soulève des vagues et qui gène la progression de la barque. Et toute la nuit les disciples luttent contre le vent et les vagues pour faire ce que Jésus leur a demandé, c’est-à-dire de traverser le lac.

Vous voyez, lorsque nous désirons faire la volonté de Dieu mais qu’on a l’impression qu’absolument tout cherche à nous en détourner, c’est pas qu’une image, ça peut-être très concret.

Les disciples luttent toute la nuit, ils fatiguent, mais le Seigneur ne va pas les abandonner. Et nous lisons au verset 24 : « Pendant ce temps, à plusieurs centaines de mètres au large, la barque luttait péniblement contre les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus se dirigea vers ses disciples en marchant sur les eaux du lac. »

Même lorsque le monde entier semble contre nous, même lorsque nous avons l’impression d’être totalement, désespérément seuls, que rien ni personne ne pourra nous rejoindre, nous aider, Dieu se tient là. Et les disciples vont en faire l’expérience.

Alors bien sûr, voir une forme humaine marcher sur l’eau, c’est pas banal, et leur réaction va être très compréhensible. Ils ont peur. Et nous lisons au verset 26 : « Quand ils le virent marcher sur l’eau, ils furent pris de panique : C’est un fantôme, dirent-ils. Et ils se mirent à pousser des cris de frayeur. Mais Jésus leur parla aussitôt : Rassurez-vous, leur dit-il, c’est moi, n’ayez pas peur. »

Et après cette longue mise en situation, nous arrivons au passage qui nous intéresse pour chercher à comprendre quoi faire lorsque nous avons du mal à garder notre vie fixée sur Dieu et sa Parole.

Et nous lisons les versets 28 à 32 : « Alors Pierre lui dit : « Si c’est bien toi, Seigneur, ordonne-moi de venir te rejoindre sur l’eau. » « Viens », lui dit Jésus. Aussitôt, Pierre descendit de la barque et se mit à marcher sur l’eau, en direction de Jésus. Mais quand il remarqua combien le vent soufflait fort, il prit peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria : « Au secours ! Seigneur ! » Immédiatement, Jésus lui tendit la main et le saisit. « Ta foi est bien faible ! lui dit-il, pourquoi as-tu douté ? » Puis ils montèrent tous deux dans la barque ; le vent tomba. »

Je sais la plupart d’entre nous connaissent ce passage. Mais nous allons nous poser quand même quelques questions. Quatre questions pour être exact.

Tout d’abord, pourquoi Pierre demande-t-il à Jésus de le faire marcher sur l’eau ? Pour avoir une preuve que c’est bien lui ? Il risquerait sa vie pour être sûr que ce n’est pas un fantôme ? Du style je me jette du haut d’un immeuble en disant « Seigneur si tu existe fais-moi atterrir en douceur ? ».

Je n’en suis pas sûr. Il aurait simplement pu attendre que Jésus les rejoigne, et il aurait été fixé. Non je pense qu’il est déjà persuadé que c’est bel et bien Jésus. Il le voit, il l’entend, Jésus leur dit « c’est moi, n’ayez pas peur ». Pierre est sûr et certain que c’est bien Jésus.

Et c’est justement pour ça que Pierre demande à pouvoir marcher sur l’eau. Il sait que c’est Jésus, et il désire simplement le rejoindre, il veut être auprès de lui, il sait qu’il y sera plus en sécurité que dans la barque ballottée par les vagues. Et il demande alors « ordonne-moi de venir te rejoindre sur l’eau. ».

Pierre veut dédier sa vie à suivre le Seigneur, à être auprès de lui, à le servir, à faire sa volonté, à lui obéir. « Ordonne-moi de venir te rejoindre », ce n’est pas un test, c’est une promesse, un engagement d’obéissance. « Ordonne-moi », et j’obéirai. Il sait que c’est auprès de Jésus qu’il trouvera la sécurité, la paix, le salut, même lorsque sa vie est bousculée par les éléments qui l’entourent.

C’est un peu comme nous. Dans nos vies mouvementées, parfois même tourmentées, si nous avons voulu prendre l’engagement de lire quotidiennement la Parole de Dieu c’est bien parce que nous avons conscience que c’est uniquement auprès du Seigneur et de sa volonté que nous trouverons la paix, le salut et la vie.

C’est parce que nous avons foi en Dieu que nous désirons le rejoindre et être auprès de lui malgré les tempêtes qui nous entourent. Pierre a foi en Jésus. Et c’est pour être auprès de lui qu’il demande à pouvoir marcher sur l’eau.

Mais une autre question se pose : qu’est-ce qui fait que Pierre arrive effectivement à marcher sur l’eau ?

A la lecture de ce texte, on serait tenté de répondre que c’est sa foi qui lui permet de marcher sur l’eau. Si c’était le cas, tous les chrétiens pourraient alors marcher sur l’eau eux aussi.

Si c’est la foi qui permet à Pierre de marcher sur l’eau, ça voudrait dire que la volonté humaine suffit à réaliser des miracles. Si j’y crois assez fort, tout serait alors possible. Si ça n’a pas marché, c’est que je n’y ai pas cru assez.

Non, la foi de Pierre en Jésus ne le fait pas marcher sur l’eau. La foi qu’il a en Jésus fait qu’il obéit à l’ordre du Christ, « Viens » lui ordonne Jésus, et il y va. Sa foi le met en marche vers Jésus, mais ce n’est pas sa foi qui le fait marcher sur l’eau, c’est le Christ ! C’est Jésus ! C’est Dieu qui réalise le miracle, qui permet que Pierre puisse marcher sur l’eau. C’est Dieu qui permet que Pierre vienne le rejoindre !

Et c’est primordial à comprendre. Lorsque nous croyons en Jésus. Lorsque nous voulons nous tourner vers Dieu. Lorsque nous désirons vivre notre vie avec lui. Lorsque nous prenons un engagement, à lire sa Parole, à lui obéir, à changer de vie. Lorsque nous désirons être près de lui, vivre sa paix, son pardon, son salut. Notre foi va nous mettre en marche ! Mais ce n’est pas notre foi qui va nous permettre de marcher ! C’est Dieu, et uniquement lui.

Et heureusement pour nous, parce que ma volonté et ma foi sont faillibles. Parfois elles faiblissent. Parfois des choses me détournent de mes engagements, de mon obéissance à Dieu, de ma marche vers lui. Et c’est exactement ce qui se passe pour Pierre au verset 30 : « Mais quand il remarqua combien le vent soufflait fort, il prit peur ». Sa foi et sa volonté qui étaient dirigées vers le Christ sont tout naturellement détournées du Seigneur par ce qui se passe autour de lui. Et Pierre se met alors à s’enfoncer dans l’eau.

Et là, nouvelle question : qu’est-ce qui fait que maintenant Pierre ne peut plus marcher sur l’eau ?

A nouveau en lisant ce texte nous serions tentés de répondre que c’est son manque de foi qui le fait s’enfoncer. Et nous serions encore dans l’erreur. Parce que tout comme c’est Dieu qui faisait marcher Pierre sur l’eau, c’est à nouveau Dieu qui le fait s’enfoncer. Et j’en veux pour preuve que Pierre ne se met pas à couler d’un coup. Il s’enfonce lentement dans l’eau.

Ca reste toujours miraculeux ! Normalement on ne s’enfonce pas dans de l’eau progressivement, on tombe directement dedans. Mais ici tout comme Dieu a fait marcher Pierre sur l’eau, il le fait s’enfoncer, s’enliser, lentement. Progressivement.

Et là encore, question : Pourquoi ? Pourquoi Dieu fait-il lentement couler Pierre ? La réponse se trouve dans la réaction que cela produit chez le disciple. « Comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria : Au secours ! Seigneur ! »

Pierre a foi en Jésus, et il désire fixer sa vie sur son Seigneur. Mais ce monde, nos vies, nos faiblesses, tout cela peut nous détourner de Dieu, de sa paix, de sa volonté. Et parfois, nous ne nous en rendons même pas compte. Ca peut nous arriver de ne pas lire la Bible pendant des semaines et de n’en prendre conscience qu’après. Ca peut nous arriver de prendre une direction de vie que Dieu désapprouve sans nous en apercevoir. Ca arrive à chacun d’entre nous de nous fixer et nous focaliser sur d’autres buts que ceux du Seigneur sans nous en rendre compte.

Et lorsque nous commençons à nous égarer, par amour pour nous, Dieu vient alors à nouveau attirer notre attention vers lui. Ce n’est ni un abandon ni une punition ! Il n’a pas abandonné Pierre, sinon celui-ci aurait tout simplement coulé, comme une Pierre ou elle est facile.

Mais Pierre commençait à sombrer dans la peur de ce qui l’entoure. Il était en train de se couper de la paix du Seigneur sans s’en rendre compte. Alors le Christ lui fait réaliser qu’il sombre dans la peur en le faisant sombrer lentement. Il lui fait prendre conscience que seul il ne s’en sortira pas. Que ce n’est pas sa foi qui le maintenait à flot. Mais que c’était Dieu et Dieu seul.

Pierre en prend conscience, alors il se tourne à nouveau vers celui qui peut seul lui apporter cette paix et ce salut qu’il recherche. « Au secours ! Seigneur ! ».

Pierre était enfermé par ses craintes et ses doutes, il ne pouvait pas en sortir tout seul, alors Dieu le fait s’enfoncer pour lui faire prendre conscience que s’il ne sombre pas complètement, c’est bien que Dieu le protège, qu’il ne l’abandonne pas, et donc qu’il peut se tourner vers lui pour appeler à l’aide.

Et la réponse de Jésus ne se fait attendre. « Immédiatement, Jésus lui tendit la main et le saisit. » Immédiatement, il vient à son secours. Et avec le secours du Seigneur vient également la leçon d’humilité : « Ta foi est bien faible ! lui dit-il, pourquoi as-tu douté ? ». Tu comptais trop sur ta foi, tu as douté, tu as sombré. Maintenant, compte plutôt sur moi.

Notre foi en Dieu peut-être très solide. Notre volonté de le suivre, de lui obéir, de fixer notre vie sur lui peut-être très forte. Nous avons également peut-être des outils très pertinents, des outils de discipline personnelle, de pratique spirituelle…

Mais la volonté humaine n’a jamais amené personne au Seigneur. Il n’y a que Dieu qui en soit capable. Et à l’intérieur de nos efforts qui sont utiles, dans la pratique de l’obéissance qui est centrale, dans la persévérance dans la lecture de la Parole de Dieu qui est cruciale, il nous faut garder l’humilité. L’humilité qui nous fait dire « Seigneur, sans toi, tout cela ne sert à rien. Sans toi, tout cela ne mène nulle part. Sans toi, tout ça ne durera pas. Sans toi, je vais vite m’en détourner. »

Alors dans nos vies, continuons à rechercher le Seigneur, son pardon et sa paix. Continuons quotidiennement à enrichir notre relation à lui dans la prière et la lecture de sa Parole. Continuons à apprendre la persévérance, l’obéissance, la fidélité.

Mais restons humbles. Et demandons constamment à Dieu son aide. Car il n’y a que lui qui puisse rendre ces choses possibles. Il n’y que lui qui puisse concrétiser miraculeusement le fruit de notre foi, de notre volonté et de nos efforts. Il n’y a que lui qui puisse garder nos yeux fixés sur le but.

Si vous désirez marcher avec Dieu sur les vagues de votre vie. Ca ne sert à rien de vouloir marcher par vous-mêmes. Mais tout comme Pierre, tournons-nous vers Dieu pour lui demander « Seigneur, ordonne-moi ». Et le Christ vous tendra alors la main en vous donnant cet ordre tout simple : « Viens ».

Que le Seigneur nous bénisse et nous protège sur notre chemin de vie. Amen.