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Comment garder le cap – Néhémie 13

J’ai appris durant ces fêtes quelque quelque chose de tout à fait essentiel, c’est le nombre de bulles qu’il y a dans une bouteille de champagne. Vous savez combien il y a de bulles dans une bouteille de champagne ? 250 millions. Rendez -vous compte !
250 millions de bulles dans une bouteille de champagne et 13 chapitres dans le livre de Néhémie (vous noterez la belle transition). Et oui, nous voilà arrivés au dernier chapitre, du livre des mémoires de Néhémie, que nous parcourons depuis le mois de septembre. le chapitre 13. J’espère que personne n’est superstitieux ici (moi je ne le suis pas, cela porte malheur) ! Et on ne va pas sauter ce chapitre 13, comme on saute l’étage 13 dans les buildings, mais on pourrait quand même regretter la présence de ce chapitre 13. Parce que si le chapitre 13 n’avait pas été là, si l’histoire de Néhémie s’était arrêté au chapitre 12 nous aurions vraiment eu une belle histoire ! L’histoire d’un succès incontestable à tous les niveaux… un bon sujet pour un film positif à la mode d’Hollywood, avec une belle « rédemption » à la fin.

Néhémie, ce grand leader devant l’Eternel, un homme de passion pour Dieu et pour son peuple parvient à mobiliser toute une ville démoralisée, à rassembler tous des gens autour d’un même projet: la reconstruction des murailles de Jérusalem… et malgré une opposition externe virulente et une crise interne importante, le projet se réalise pour la gloire de Dieu et la sécurité de son peuple. Les murailles sont reconstruites en… un certain temps. Vous vous souvenez de la réponse ?

Non seulement les murailles, mais les gens sont reconstruits… spirituellement. On assiste au chapitre 8 à un véritable réveil spirituel. On lit la Bible, on passe par la repentance et on confesse ses révoltes. Et puis, on repart d’un bon pied dans une relation d’alliance avec le Dieu de leurs pères. Au chapitre 10, ils prennent des engagements solennels dans cette relation d’alliance et en particulier dans trois domaines qu’ils avaient négligés : le mariage, le respect du sabbat et l’entretien du Temple.

Et puis au chapitre 12, ils font la fête. Ils rendre grâce et gloire à Dieu pour ce qui a était fait, et c’est la grande « teuf » à savoir un grand moment d’adoration, de louange. Les musiciens sont déchainés avec leur « chalumeaux » et leur tambourins. Ils mettent le feu ! En 12:43, un beau verset vient conclure ce grand moment « Et l’on entendait de loin la joie de Jérusalem. » Alleluiah ! Les murailles sont reconstruites, les gens ont retrouvé le goût de vivre avec Dieu. Tout est bien qui finit bien, Néhémie se maria avec la fille de l’architecte et ils eurent beaucoup d’enfants…

Et bien non, Néhémie n’épouse personne (d’autant qu’il est peut-être eunuque). Il doit rentrer à Suze chez son employeur. Son mandat de gouverneur de Judée ayant expiré. Le temps passe vite, mais il a passé quand même 12 ans à Jérusalem. En fait dans les chapitres 1 à 12, nous n’avons que les quelques premiers mois de son travail, mais pendant encore 11 ans, il gouverne, il surveille, il dirige, il équipe des responsables. Mais il doit rentrer chez Artaxerxes, dans sa cave à vin. 13:6

Il revient à Jérusalem, un an après. C’est le retour du héros… Mais c’est un retour extrêmement décevant. « Et il vit le mal qu’avait fait Eliashib le sacrificateur. » Quand Néhémie revient, il voit le mal, et pas seulement celui d’Eliashib, mais Néhémie se rend compte d’une multitude de dérives individuelles et communautaires dans les domaines justement où les gens s’étaient engagés solennellement quelques années auparavant.

On est loin du conte de fée. Là on est dans la réalité, dans réalité brute et brutale, il n’a pas fallu un an pour que tout dérape. Et il faut parfois très peu de temps pour que les choses dérapent dans la vie…

Et c’est la première idée force de ce chapitre 13 du livre de Néhémie, à savoir que dans notre vie comme dans l’histoire du peuple d’Israël : rien n’est jamais acquis. Personne, ni un peuple, ni une Eglise, ni une famille, ni un couple, ni même un individu ne peut se reposer sur ses lauriers ou sur son passé aussi prestigieux soit-il. Une conversion spectaculaire, un baptême absolument magnifique, un réveil miraculeux, un mariage parti sur d’excellentes bases, ne sont pas des garanties pour l’avenir. Le passé ne garantit pas l’avenir. C’est le présent qui compte. C’est ce que l’on fait aujourd’hui de sa vie qui sera déterminant pour l’avenir.

Alors si le passé n’est pas une garantie pour l’avenir que faut-il en faire pour bien vivre ce présent qui nous est donné de vivre ? Que faire de ces engagements pris ? Et bien, il me semble que Néhémie nous le montre dans ce chapitre 13, il faut tout faire pour garder le cap. C’est le titre de cette prédication sur Néhémie 13. Et en définitive , ce chapitre est peut-être très bien placé, parce qu’il touche à la réalité de la vie, de nos vies, qui ne sont pas des success stories, et qui ont tout à gagner à entendre parler de cap.

Illustration : Quand tu fais de la voile, la première chose qu’on te dit c’est de te choisir un cap. Il faut viser un parasol sur la plage, un arbre si on est sur un lac… Parce que si on a pas de cap, on va dériver sans le savoir. Cela m’est arrivé, avec ma soeur il y a 40 ans. On était sorti avec un bon vent, parti à fond ma soeur en trapèze et moi à la barre en 420. On s’est bien amusé, mais on ne s’est pas fixé de cap, on est allé tout droit, mais on ne va jamais droit en voile. Le vent s’est levé, et on a été très mal. Ma soeur a commencé à pleurer et moi je n’en menais pas large. Je claquais des dents mais c’était à cause du froid. Après une heure, nous nous sommes retrouvés à trois kilomètres du port, échoué sur un petite plage, et on est venu nous chercher en zodiac… la honte pour moi, le barreur qui avait oublié de choisir un cap. Un vrai marin d’eau douce que ce hollandais volant.

Quand on prend la barre il faut savoir se fixer un cap et le garder ! Et première chose à faire pour garder le cap, c’est se rendre compte des dérives, de les observer, de les signaler.

Observer les dérives

Il faut les observer et le faire de près parce qu’elles ne sont pas toujours évidentes. Elles opèrent graduellement, des petits degrés perdus les uns après les autres. C’est très subtil, une dérive dans la vie. La première des dérives que Néhémie observe à Jérusalem a commencé très petitement. Par des liens familiaux…
Que s’est-il passé ? Eliachib a juste installé quelqu’un de sa famille dans une chambre du temple, jusque-là rien de très grave, sauf que ce parent s’appelle Tobiya.
v. 7
Tobiya, vous avez dit Tobiya ? Ce nom nous dit quelque chose dans le genre de l’ « Ennemi public n°2 ». Après Samballat, il y a Tobiya, l’ammonite. C’est lui qui se moque de la construction de la muraille en parlant du renard qui viendrait tout détruire au chapitre 3, et au chapitre 6, c’est encore lui qui soudoie un sacrificateur pour piéger Néhémie et qui lui envoie des lettres de menaces. C’est ça Tobiya ! Et pour ce personnage « exemplaire », on enlève les objets du culte pour faire de la place et on l’installe confortablement avec vue sur le temple !
«
Je le pris très mal. » Néhémie se rend compte de la dérive ou du mal qu’a fait Eliaschib. Comment avez-vous pu ? C’est l’illustration parfaite de la dérive qui s’installe sournoisement dans la vie, qui commence par un petit lien familial, un manque de fermeté dans tel ou tel domaine et qui se termine par une occupation de terrain évidente scandaleuse. Le péché s’installe sournoisement mais prend place certainement.

Pourquoi est-ce si grave que Tobiya ait une chambre dans le temple ? Pas juste une question de location, d’un contrat de bail mal fait… C’est une question de profanation. Terme qui parait un peu dépassé, mais qui veut dire encore quelque chose aujourd’hui, même si on n’a plus de temple en pierre ni d’objets de culte. Profaner, cela signifie : « Tenir pour profane quelque chose de sacré ». Vous avez quelque chose qui est important, qui est porteur de sens et on le considère comme secondaire, périphérique, commun, banal, habituel. En clair : On s’en contrefiche…
Et les autres dérives sont du même acabit et ils relèvent aussi de la profanation. On pourrait s’attarder sur chacun d’eux, mais nous n’avons pas le temps. Il faut juste dire que nous ne pouvons pas faire du copier-coller sur les questions de l’entretien du temple, le sabbat, le mariage… Ce sont des questions qui ont bougé depuis la venue de Jésus et avec lui le temps de la grâce. Mais le principe demeure de ne pas considérer comme insignifiant ou sans importance des choses qui le sont aux yeux de Dieu et pour lesquelles on s’est engagé devant lui.

Alors en ce début d’année 2019, il se peut que nous soyons en pleine dérive. Que nous ayons perdu graduellement, insidieusement du cap. On est pas encore échoué sur la plage mais on y va tout droit ou justement en dérive. Peut-être que ce chapitre 13 est là pour nous ce matin et pour moi, pour nos aider à nous rendre compte de nos dérives personnelles dans notre vie avec Dieu. Mais Néhémie ne restera pas au stade de l’observation, il va y avoir une réaction et c’est notre deuxième point. Après avoir observé les dérives, il va redresser la barre.

Redresser la barre

Devant la multiplicité de ses dérives et la gravité de la situation, on peut imaginer la déception de Néhémie. « J’ai travaillé 12 ans parmi ces gens, j’ai formé des responsables, je l’ai ai nommé… Je me suis investi. Je pars et un an après c’est déjà le désastre » Et la réaction normale serait de dire: « Eh bien, qu’ils se débrouillent maintenant, moi, j’ai déjà donné.» Ce serait la réaction humaine et il n’y aurait personne pour lui jeter la pierre, ce serait normal.

Mais c’est sans compter sur la passion de Néhémie, une passion pour Dieu, une passion pour les gens. Et il va réagir, il va s’investir de nouveau. Mais ce n’est pas facile, même pour un Néhémie et dans ce chapitre on le voit qui se tourne très souvent vers Dieu. L’expression « Souviens toi de moi » revient trois fois dans le chapitre, au verset 14, 22 et 31. Et ce n’est pas une parole d’auto-satisfaction, ou d’auto-proclamation qui demanderait une récompense, mais bien un appel à l’aide. Dans l’Ancien Testament, l’appel au souvenir de Dieu n’est jamais un appel à la récompense, mais un appel à l’intervention de Dieu. « Dieu interviens dans ma vie parce que c’est difficile de revenir dans le combat. Souviens-toi de moi et interviens dans mon cœur pour me donner l’énergie et la grâce de reprendre la barre ! Oui, souviens-toi de moi. »

Et fort de cet appel à l’intervention souveraine de Dieu, Néhémie va réagir par rapport au dérives. Et il va le faire fortement on peut même dire violemment ! La violence du coup de barre va dépendre évidemment de la gravité de la dérive. Il faut parfois redresser en douceur et de manière progressive. Mais il y a des moments dans la vie, quand la situation est grave, où quand on est vraiment mal embarqué, il y a des moments dans la vie où il faut savoir réagir avec force.

Jésus montrera l’exemple en prenant un fouet dans le temple de Jérusalem, en renversant les tables des changeurs de monnaie, une scène d’une violence inouïe. Interdite au moins de 13 ans. âmes sensibles s’abstenir. « Doux Jésus, Jésus serait-il violent ? » Oui, Jésus peut devenir violent quand il voit un temple profané, négligé, ridiculisé. Quand il y a profanation Jésus peut devenir violent. « Otez cela d’ici! C’est la maison de mon Père. N’en faites pas une maison de commerce » Jean 2:16.

Et la parole de Dieu ne met pas cela sur le compte d’un comportement colérique, mais sur la passion de Jésus pour la maison de Dieu, pour la foi et contre l’hypocrisie. « Les disciples se souvinrent alors de ce passage de l’Ecriture : L’amour que j’ai pour ta maison, ô Dieu, est en moi un feu qui me consume. » Jean 2:17

C’est cela qui motive Jésus et c’est cela qui motive Néhémie qui va aussi réagir en envoyant les affaires de Tobiya par la fenêtre (versets 8-9).
Cela fait penser à ces films où l’on voit une femme qui envoie tous les habits de son homme par la fenêtre pour lui signifier qu’elle ne l’apprécie plus comme avant. Il y a une scène comme cela, je crois dans Miss Doubtfire. Alors, il ne s’agit pas de faire du copier-coller. Mesdames, ce genre de comportement ne s’impose peut-être pas ou du moins pas encore !

Mais pour Tobiya cela s’imposait, toutes ses affaires devait passer par-dessus la fenêtre. Pas de demi-mesure. Néhémie n’essaie pas de garder l’amitié de Tobiya ou même d’Eliashib.

En ce qui concerne le Sabbat (v.17), Néhémie va prendre là aussi des mesures radicales, il va fermer les portes de la ville et poster des gardes. Cela veut dire que des dizaines de marchands vont passer la nuit dehors. On imagine les doléances et la perte financière.
Et pour les mariages mixtes, Néhémie va mettre le paquet, il ne va pas couper les cheveux en quatre il va… les arracher.
Lecture 25-28 On ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire devant cette scène d’une grande violence capillaire. Elle me rappelle ma maman qui me tirait les cheveux quand je ne mangeais pas mon yaourt. Néhémie lui les arrache. Il ne lui manque plus que la barbe et nous avons le portrait parfait du petit intégriste. On se dit qu’il va un peu loin… trop loin.

Il faut d’abord dire que la Bible raconte des évènements. Là, en l’occurence, Néhémie écrit ses mémoires, cela ne veut pas dire que tout ce qu’il fait est digne d’approbation ou qu’il faut l’imiter. Ce serait encore une fois aplatir le texte que de dire que si Néhémie l’a fait, je peux moi aussi me crêper le chignon avec le premier venu qui ne pense pas comme moi, ou jeter les habits de mon gendre par la fenêtre parce qu’il ne vient pas à l’Eglise. Ce sont des interprétations qui nivellent le texte biblique.

Il faut toujours le replacer dans son contexte, historique et théologique. Nous sommes au 5ème siècle avant Jésus-Christ, avec des mœurs et des comportements un peu plus « rugueux ». A l’époque, le peuple d’Israël se trouve encore sous l’Ancienne Alliance avec toute l’importance de la loi. Alors que nous sommes aujourd’hui sous la grâce en Jésus-Christ, dans ce sabbat éternel avec Dieu. Mais le principe d’une réponse radicale à nos compromissions, à nos petites dérives personnelles demeure. Dans cette lutte contre le mal qui vient sournoisement, subtilement et qui fait dériver toute une vie, il faut réagir radicalement, donner de fameux coup de barre.
Et tous les termes du Nouveau Testament en ce qui concerne la lutte contre le péché, s’accordent avec le vocabulaire de L’Ancien Testament. Jésus parle d’arracher, couper, jeter… Jesus disait : «
Si ton oeil est pour toi une occasion de chute, soit radical, arrache le, si ta main… coupe la » Matthieu 5:29.

Les apôtres parlent de « repousser, faire mourir, combattre, expulsez… » C’est le même vocabulaire dans ce domaine de la lutte contre les dérives dans la vie. Il faut être intransigeant en ce qui concerne le maintien du cap dans la vie. Et jeter toutes ses forces toute son énergie dans la lutte contre la dérive. Toute sa violence.

Jésus aura cette phrase étonnante : « le royaume de Dieu est présent, et ce sont les violents qui s’en emparent » Matthieu 11:12. J’ai mis du temps à comprendre ce verset. Jésus ne nous appelle quand même pas à la violence ! Dans son sermon sur la montagne, il appelle heureux les artisans de paix. Mais je crois avoir compris ce que disait Jésus : le Royaume de Dieu, qui est notre cap, notre but (on se souvient de cette autre parole de Jésus dans son sermon sur la montagne : « Cherchez premièrement le Royaume de Dieu » Matthieu 6:33) appartient à ceux qui savent se faire violence pour maintenir le cap dans leur vie. A ceux qui savent prendre des décisions radicales dans leur propre vie. Il ne s’agit pas d’utiliser la violence contre d’autres personnes, mais de se faire violence à soi-même pour redresser la barre de sa propre vie.
En ce qui nous concerne : pas de quartier !
Néhémie et Jésus nous appellent à la radicalité.
Pour redresser certaines habitudes qui se sont installées sournoisement, qui grignotent notre consécration à Dieu, pour repousser quelques profanations dont on a le secret, pour lutter contre les quelques « je m’en fiche » qui ne sont pas bien graves mais qui entament notre foi, pour se défaire de quelques solutions qui nous facilitent la vie mais qui pourrissent des relations… Il nous faut redresser la barre.
Je pourrais citer des exemples de chrétiens qui ont pris des décisions radicales :
– Comme ce missionnaire américain qui a pris une décision radicale par rapport à la télévision qui lui prenait tout son temps : un soir, il a pris le sécateur et a coupé le câble !
– Comme un ami implanteur d’Eglise, Gilles qui a pris un jour une autre décision radicale : il a jeté toute sa cartouche de cigarette à la poubelle. Le problème c’est que la concierge a cru à une erreur et lui a remonté ses cigarettes !
– Comme mon ami Marc, dans les années 80, qui a jeté tous ses disques de Rock dur, très dur à la poubelle. J’ai trouvé que c’était un peu radical (il aurait pu les revendre) mais pour lui c’était nécessaire.
Ce ne sont que des exemples et le problème avec les exemples c’est que s’ils sont bons pour les uns, ils ne le sont pas automatiquement pour les autres. Chacun aura ses domaines de dérive qui lui sont propres et c’est à chacun d’essayer de la désigner et aussi de redresser, par la grâce de Dieu la barre de sa vie et de sa relation avec Lui. Peut-être serait-il bon d’en parler à une personne, une seule, qui pourra vous demander la suite de l’histoire… Mais en tous cas soyons en 2019 radicaux avec nous-mêmes, afin de marcher non pas dans l’intégrisme, mais dans l’intégrité !

En conclusion, je voudrai revenir sur cette phrase qui revient plusieurs fois dans ce chapitre : « Souviens-toi favorablement de moi, oh mon Dieu. » Ce qui signifie, je vous le rappelle : « Interviens Seigneur dans ma vie. » Si toutes nos histoires pouvaient terminer et recommencer comme cela. « Souviens-toi de nous favorablement, oh notre Dieu. » Interviens dans notre vie c’est notre prière pour 2019!

Chant: Mon ancre et ma voile