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Eduquer sans (se) décourager – Colossiens 3 :20-21

C’est sympa les présentations d’enfants à l’église. Mais après la présentation, vient l’éducation. Et là les parents rigolent beaucoup moins ! A voir les cernes sous les yeux des jeunes parents, il est évident que l’éducation des enfants ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. Nos deux petites filles présentées ont 2 et 3 ans, ce n’est pas un âge facile mais on peut imaginer Emilia et Marie à 14/15 ans, en pleine adolescence! Ce serait bien de voir les parents dans 10 ans pour leur parler de cette belle présentation de 2019.

Alors oui c’est difficile mais il ne faut rien exagérer non plus. D’autres sont passés avant nous et ne s’en sont pas si mal sortis! Et puis, il faut le dire, si l’éducation d’un enfant peut apparaître comme un véritable défi, c’est aussi une magnifique aventure qui donne du relief à la vie, du suspense voire même du sens. L’éducation des enfants est à la fois une responsabilité qui peut sembler lourde mais aussi une belle aventure qui motive et mobilise pour la vie.

Mais que dit la Bible sur l’éducation des enfants ? On sait que la Bible n’est pas un livre de recettes, du genre : Comment réussir l’éducation de votre enfant en trois jours. Elle ne fait pas dans le coaching non plus. Mais elle n’est pas non plus déconnectée des réalités du quotidien. Elle est parole de vie, éternelle certes mais aussi de vie quotidienne. Il y a dans la parole de Dieu des paroles à prendre pour sa relation avec son ou ses enfants et surtout un état d’esprit à transmettre.

On a lu tout à l’heure dans le livre du Deutéronome (6:4-9) ce fameux passage du Shema Yisraël (Ecoute Israël) « Ces paroles que j’institue pour toi aujourd’hui seront sur ton cœur. Tu les inculqueras à tes fils et tu en parleras quand tu seras chez toi et quand tu seras en chemin… tu les écriras sur les montants de la porte de ta maison. »

Ce qui ressort de ce texte ancien, c’est bien le quotidien du témoignage de la relation avec le Dieu de l’alliance. C’est tous les jours et dans la maisonnée qu’on se souvient de sa Parole d’alliance et qu’on parle de lui. Aujourd’hui comme hier les parents sont appelés à être pour leurs enfants des passeurs de foi au quotidien. Je note qu’il ne s’agit pas de passer des principes ou des valeurs fussent-elles chrétiennes (même si les principes et les valeurs ne sont pas complètement inutiles) mais bien la foi, une relation vivante avec Dieu. Le passage du Deutéronome commence par ces mots bien connus et fondateurs de la relation vivante avec Dieu : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » C’est bien là le centre de la foi et par là même l’essentiel de ce qu’il faut essayer sinon de transmettre au moins en montrer l’importance au quotidien.

Il y a dans le Livre des Proverbes, toute une série de paroles qui ont trait à l’éducation des enfants et dont certaines qui parlent de correction sont assez difficiles à intégrer pour des lecteurs du 21ème siècle. Celui-ci est assez intéressant: Proverbes 22:15 « La folie est attachée au cœur de l’enfant, le bâton de la correction l’en éloignera. »

De quelle folie s’agit-il ? Et bien il s’agit d’un peu la même folie que dans le jardin originel (Genèse 3), la folie de vouloir être dieu à la place de Dieu. Pour l’enfant il s’agirait de la folie de vouloir être l’enfant roi qui pourrait suivre tous ses caprices et se passer de l’autorité de ses parents, s’affranchir de tout cadre qu’on voudrait lui imposer. La folie de vouloir être autonome avant l’heure ! Autonome dans le sens étymologique du terme, à savoir vouloir être sa « propre loi ». C’est une folie pour l’enfant, une folie dangereuse et destructrice. Les parents sont là pour le lui dire : «Hey mon garçon, ma fille, dans la famille (et dans le monde non plus) tu n’es pas l’enfant roi. » Il nous faut certainement laisser tomber l’image du bâton (et la pratique aussi) mais garder le principe de la correction dans le sens non pas de frapper ou de punir pour faire mal mais de rectifier. Corriger c’est rectifier et nous avons tous besoin de cette correction/rectification pour grandir et avancer sur le chemin de la vie.

Dans le Nouveau Testament, nous avons très peu d’éléments sur l’enfance de Jésus. On a l’impression que Jésus était très libre. A un moment il fugue même et va au temple pour discuter avec les intellectuels de l’époque. Mais peu de temps après il revient à la maison et il nous est dit qu’il obéissait à ses parents. Luc 2 :51 nous dit : « Il revint avec eux et retourna à Nazareth, où il continuait à leur obéir (…). » Le verbe utilisé indique une action longue, pas des actes de soumission sporadiques mais une attitude d’obéissance. On pourrait résumer l’éducation de Jésus par trois mots : liberté, confiance, obéissance. Tout un programme ! On peut aussi se demander si on peut véritablement prendre exemple sur ce cas particulier.

Et puis on a un petit texte dans la lettre que Paul écrit aux chrétiens de Colosses

(Colossiens 3 :21) : « Enfants, obéissez à vos parents en toutes choses, c’est ainsi que vous ferez plaisir au Seigneur. Mais vous, parents, n’exaspérez pas vos enfants, pour ne pas les décourager. »

Il faut bien se rappeler que ces versets ne sortent pas de nulle part. Ce sont des recommandations pratiques qui viennent après 2 chapitres où Paul va faire de la théologie centrée sur Christ. Nous en avons longuement parlé lorsque nous avons fait toute l’épitre l’année dernière. Cette théologie « positionnelle » qui change tout ! Le verset 2 :10 en est la clef de voûte : « Vous avez tout pleinement en Jésus Christ. » Paul dit en quelques sorte : « Vous êtes bien positionnés en Christ, vous êtes bien situés en lui, vous avez une nouvelle identité en lui, vous pouvez donc maintenant vivre des relations renouvelées… dans le couple, dans les relations entre époux et dans la famille pour les relations parents /enfants. »

C’est important de le rappeler pour bien comprendre que l’on n’est pas ici dans un cours de morale « Comment être de bons parents en 3 versets ». Non, c’est un appel à vivre la famille, les relations dans la famille en fonction de notre nouvelle identité en Christ.

Nous n’allons pas discuter de cette première recommandation de Paul qui s’adresse aux enfants et qui leur suggère d’obéir à leurs parents mais qui en donne une raison spirituelle, « car cela est agréable au Seigneur ». L’obéissance demandée aux enfants, on la retrouve dans toutes les morales de l’époque, chez les stoïciens par exemple. Mais cette référence au plaisir de Dieu change tout. Elle montre aussi que Paul s’adresse à des enfants chrétiens.

On remarque aussi que Paul ne demande pas aux parents de se faire obéir ou même d’exercer l’autorité sur leurs enfants. Comme pour le couple, chacun a ses responsabilités et elles ne s’inversent pas automatiquement. La responsabilité de l’un ne doit pas devenir l’exigence de l’autre. Je dis cela pour éviter toute instrumentalisation de la Parole de Dieu où quelqu’un dirait, peut-être un parent qui ne sait plus quoi faire : tu dois m’obéir c’est écrit dans la Bible, ou un mari à sa femme, tu dois m’être soumise c’est écrit dans la Bible. On s’aperçoit tout de suite du côté manipulateur et destructeur de ce genre de revendication. Un désastre en perspective.

Ce qui est écrit dans la Bible c’est que le mari doit aimer sa femme et en prendre soin, point final, et ne certainement pas exiger d’elle la soumission. Et pour les parents, ce que la Bible dit c’est qu’ils ne doivent pas décourager leurs enfants, certainement pas de revendiquer Bible en main leur obéissance. A chacun ses responsabilités, à personne ses exigences.

Revenons à Colossiens 3 :21 :« Mais vous, parents, n’exaspérez pas vos enfants » ; « Parents ne provoquez pas vos enfants, ne les rendez pas amers » (Parole de vie) ; « Parents, n’agacez pas vos enfants, sinon ils vont se décourager. »

 

Non, il ne s’agit pas ici d’un appel à la démission « laissez les grandir tout seul » mais d’un appel au dosage. Et il semble que les parents et en particulier les pères avaient quelques problèmes dans ce domaine et pouvaient passer du simple exercice de l’autorité à l’autoritarisme, du rôle de chef de famille responsable à celui de despote plus ou moins éclairé.

Il faut savoir que la loi romaine, dite des 12 tables accordait au père le droit de vie et de mort sur ses enfants et qu’il pouvait s’il le voulait les réduire en esclavage … On ne s’embarrassait pas de détail à l’époque et il est probable que certains parents de l’Eglise de Colosses avaient peut-être la main lourde par rapport à leurs enfants. Mais parce qu’ils sont devenus chrétiens, qu’ils sont nouvellement positionnés en Christ, les choses changent.

Quand nous habitions Fontainebleau et que mon père travaillait à l’OTAN dans les années 60, il aimait me raconter l’histoire de cet officier américain qui avait trois fils. Il avait trouvé soi disant le bon système pour mettre ces trois fils au pas. A chaque anniversaire il leur donnait leur âge en coup de ceinturon : 10 ans 10 coups, bon anniversaire Bill, 16 ans 16 coups joyeux anniversaire Bob ! Alors ce système tanne peut-être le cuir mais question dosage, on n’est pas sûr que ce soit tout à fait indiqué. On peut imaginer le sentiment d’injustice et même la révolte dans le cœur de Bill et Bob. Les américains aimaient la ceinture, mon père c’était la règle plate et souvent chez les français c’était le fameux martinet qui ressemblait à un instrument de torture affreux !

Le dosage est important, il ne faut pas décourager les enfants, on ne veut pas qu’ils perdent leur cœur… c’est le sens du mot décourager… perdre son cœur ! On veut au contraire qu’ils en gagnent du cœur. On veut même être pour eux des bergers, des bergers de leur cœur comme l’écrit un auteur américain pasteur et directeur d’école « Un berger pour son cœur » (« Fier de toi, fiston »). Un bon livre pour les parents qui ne s’intéressent pas seulement à comment ils se tiennent à table, ou à leur réussite scolaire mais à l’état de leur cœur. Notre désir en tant que parents n’est pas de faire d’eux des petits pharisiens qui obéissent en tous points aux parents mais qui développent une obéissance hypocrite, qui aurait l’extérieur du plat bien propre, reluisant, poli, des bonnes manières mais à l’intérieur beaucoup de haine, et d’orgueil.

Notre désir c’est que ces enfants développent un cœur pour Dieu. Et pour cela il ne faut pas qu’il le perde en cours de route ou en cours d’éducation.

Et pour ne pas les décourager, j’ai fait une petite liste des choses à éviter ou à faire pour cela. Comment ne pas irritez ou décourager vos enfants de tous les âges. La liste commence par des formules négatives, des choses à éviter :

  1. Ne pas punir injustement

Parfois on punit pour son confort, ou parce que sa fierté personnelle a été touchée… l’enfant le sent et ressent une injustice.

  1. Ne pas multiplier les règles

Il faut s’en tenir à des choses importantes que l’on pourra vérifier, sur lesquelles on pourra tenir le long terme…trop de règles nuisent à la santé ce de la famille…. Faut pas pinailler et il faut choisir ces combats.

  1. Ne pas menacer sans fin, sans jamais punir

Multiplier les menaces : si tu continues… gare à toi ! Et rien n’arrive. Quand on menace d’une correction ou d’une punition il faut la donner, si on ne peut pas la donner, il ne faut pas menacer… Les menaces sans résultats minent l’autorité et fatiguent tout le monde.

  1. Ne pas changer les règles en fonction des situations

Si parce qu’il y a des invités, les règles changent alors l’enfant a du mal à saisir la cohérence de l’ensemble et il se décourage et il perd son cœur.

  1. Ne pas réprimander en public

Devant des tiers, devant les cousins, les copains… C’est humiliant pour l’enfant, cela lui brise le cœur que cette humiliation vienne de ses parents. Il ressent comme une trahison, une déception au minimum.

Et maintenant quelques conseils dans une forme positive

  1. Montrer l’exemple

Albert Sweitzer disait : « Il n’y a que trois manières d’enseigner les enfants, la première c’est par l’exemple, la seconde par l’exemple, la troisième par l’exemple » et on pourrait ajouter par la répétition de l’exemple. C’est l’éducation indirecte, silencieuse, on ne parle pas à l’enfant directement, mais l’enfant entend ce que l’on dit aux autres et il voit ce que l’on fait. Quand j’étais un jeune papa très maladroit et très peu mature, j’ai été frappé par ce qu’un pasteur avait dit : « La meilleure chose qu’un père puisse faire pour ses enfants c’est d’aimer leur mère, c’est-à-dire sa femme.» Et cette phrase m’avait un peu humilié et en tous cas corrigé à l’époque et encore aujourd’hui. Elle m’avait permis de rectifier le tir au quotidien. Je reste évidemment perfectible dans le domaine de l’exemplarité, mais je remercie le Seigneur pour la grâce de sa Parole qui nous garde en vigilance.

  1. Leur faire confiance

Bien sûr ce sera en fonction de l’âge de l’enfant et de son développement, mais il faut saisir les occasions de montrer cette confiance. H Blocher disait très justement « L’attitude positive consiste à aller un peu au-delà des preuves données par l’enfant qu’il est digne de confiance. »

Faire confiance pour un peu plus que ce que l’enfant a montré. Ainsi l’enfant se sent appelé à être digne de confiance. Quand on fait confiance en son enfant, l’enfant se sent aspiré à rendre la confiance qu’on lui offre. Il a peut-être des déceptions de-ci de-là mais on est dans le long terme avec les enfants. Pour qu’un enfant puisse avoir confiance en lui d’abord mais aussi en vous et par la suite en Dieu, faites-lui confiance !

  1. Aimer d’un amour inconditionnel

Pour les familles chrétiennes, aimer d’une manière inconditionnelle, c’est aimer sans suggérer que votre amour dépende de son acceptation de la foi. Il ne faut ni le dire, ni le suggérer. Il faut veiller à ne jamais comparer l’enfant qui n’est pas croyant avec d’autres qui eux seraient chrétiens. Cet enfant est comme tous les êtres humains de ce monde, il a besoin d’un amour inconditionnel. Et cet amour inconditionnel lui permettra de faire des choix responsables et personnel et de se positionner par rapport à Jésus.

Aimer d’un amour inconditionnel cela veut dire aussi, aimer son enfant même s’il ne réalise pas les rêves que nous avions pour lui. Nous le savons tous, qu’on le veuille ou non, on projette toujours sur l’enfant ce que nous aurions voulu faire ou être. La projection est un processus très connu et quasiment inévitable. Mais il faut en prendre conscience pour pouvoir s’en dégager afin de laisser le champ libre à son enfant. Et le meilleur moyen de s’en dégager, c’est de tout centrer sur l’amour inconditionnel celui qui nous vient de Dieu, du Dieu de la vie.

  1. Savoir être dans l’encouragement

Il me semble que c’est bien sûr la meilleur chose à faire pour lutter contre le découragement de nos enfants, les encourager, leur donner du cœur pour grandir, pour prendre leur envol comme l’aigle, pour leur donner des ailes. Bien sûr les enfants ont besoin d’autorité, de points de repères, de limites, de cadre sur lesquels ils pourront s’appuyer et trouver une certaine sécurité mais pour que l’autorité ne soit pas irritante, pour que le cadre ne soit pas étouffant, il faudra que l’atmosphère soit encourageante. Pour que notre enfant grandisse bien, en stature, en sagesse et en grâce comme Jésus, il faudra qu’il se sente aimé pour ce qu’il est, sans condition, qu’il soit félicité pour ce qu’il fait de bien, qu’il soit encouragé pour tout ce qu’il pourrait faire encore.

L’enfant doit sentir que ses parents sont derrière lui, qu’ils sont même ses premiers fans, ses premiers supporters, des inconditionnels, des aficionados comme on dit en espagnol (aficion : gout passion…amateur fervent). Des gens qui y croient !

Avec tous ces points les parents pourraient se décourager avant d’avoir commencé. Devant cette liste, on pourrait être saisi d’un grand soupir, pas tellement d’aise ou de soulagement mais de fatigue. Oui, la tâche est rude, surtout avec la vie qui continue, le stress quotidien, les problèmes scolaires, les problèmes personnels, du couple peut-être, les problèmes de la solitude pour les familles monoparentales, les problèmes de cohérence de l’éducation pour les familles éclatées… La tâche est difficile, et quand le prédicateur remet la pression on peut être saisi d’affolement voire d’angoisse : Et si je ratais ma famille pour l’éternité ?!

Et c’est pourquoi j’ai donné comme titre au dixième point :

  1. Compter sur la grâce de Dieu

Mais il faut revenir à ce que je disais en introduction: parce que nous sommes en tant que chrétiens bien positionnés en Christ, nous sommes aussi en tant que parents et en tant qu’enfants sous la grâce de Dieu.

Cette grâce de Dieu manifestée en Jésus Christ par sa mort et sa résurrection et qui signifie pour nous la libération de la culpabilité et de la peur. Et cette grâce continue de diffuser depuis lors, et finit par former comme une sorte de nuée protectrice, un climat favorable, une atmosphère de grâce, une atmosphère qui entoure nos familles, les enfants et les parents.

Cela veut dire qu’il ne faut pas être saisi d’angoisse pour ce qu’on a raté ou pour ce qui nous paraît trop difficile à réaliser. Vivre sous la grâce et venir résolument s’y placer, cela signifie faire confiance en ce Dieu de grâce qui peut toujours intervenir dans les vies, malgré nos faiblesses de parents et nos révoltes d’enfants. Dieu peut passer par-dessus nos erreurs de parcours (sens du mot : Pâques, passer par-dessus). Le Dieu de la Pâques qui passe par-dessus peut intervenir de façon inattendue et imméritée

Robert Sommerville, qui était professeur d’éthique à la faculté, était un champion de la grâce. Il s’avait en parler, et dans le domaine de l’éducation des enfants il disait : « L’enfant ne juge pas (ses parents) sur des cas isolés mais sur un ensemble. Si les parents ont des failles (et c’est toujours le cas) l’enfant est aussi conscient d’une certaine cohérence. »

J’aime beaucoup cette phrase qui relâche la pression autour de l’éducation. Quand on la lit, on se dit ouf, on a droit à la faille, à un moment de faiblesse, on peut être pardonné pour les jours sans ! Ce qui compte c’est l’ensemble. Il y a de l’enjeu mais nous sommes sous la grâce.

Parents éduquez vos enfants sans les décourager et sans vous décourager, de grâce !

Amen