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Éduquer vers un départ…

La prédication de ce matin sera assez courte, beaucoup de choses viennent déjà d’être lues, expliquées, enseignées, partagées à l’occasion de la présentation d’enfant que nous venons de vivre.

Je voudrais juste partager avec vous encore quelques réflexions, issues de la Bible, sur le but, la finalité de l’éducation de nos enfants. Et ce but, cette finalité, se retrouve dans le plan de Dieu pour tout être humain. Ce plan de vie qui est résumé en un petit bout de verset en Genèse chapitre 2 au verset 24 : « C’est pourquoi un homme se séparera de son père et de sa mère ».

Pourquoi devons-nous bien éduquer nos enfants ? Et bien ce n’est pas pour nous-mêmes. C’est avant tout pour eux. Parce que la finalité de l’éducation, c’est une séparation, c’est un départ.

Et c’est important d’en prendre pleinement conscience mais aussi de le rappeler de temps en temps, parce que notre implication émotionnelle envers nos enfants est tellement forte que nous pouvons parfois l’oublier.

Tous ceux ou celles que nous aimons profondément, nous voulons de tout notre cœur les garder auprès de nous. Nous désirons leur faire partager également ce qui est important, central, vital pour nous-mêmes. Nous désirons enfin que cette amour que nous leur portons, ils nous le rendent également. Qu’il y ait une réciproque.

Toutes ces chose sont normales et sont bonnes dans l’éducation d’un enfant. Et la Bible même nous y encourage. Par amour pour nos enfants, la Parole de Dieu nous exhorte à prendre soin d’eux, à les protéger, à veiller sur eux, à les garder auprès de nous.

La Bible nous encourage également à leur transmettre ce que nous jugeons important, primordial. Et notamment que nous apprenions à nos enfants à connaître Dieu et sa volonté pour nous. Et là les textes sont mêmes nombreux, je vous en cite juste un dans l’épître aux Éphésiens : « Vous, parents, (…) élevez vos enfants en les éduquant et en les conseillant d’une manière conforme à la volonté du Seigneur. » (Ép 6.4).

Et cet appel biblique à transmettre de bonnes choses à nos enfants, ce n’est pas uniquement pour leur bien-être à eux, c’est également pour le propre bonheur des parents, comme nous l’affirme le Proverbes 23 « Écoute-moi bien, mon fils, et deviens sage, dirige ton cœur dans le droit chemin. (…) Écoute ton père, qui t’a donné la vie, et ne méprise pas ta mère devenue âgée. Acquiers la vérité, la sagesse, l’instruction et le discernement, et ne t’en dessaisis pas. Car le père d’un juste est au comble de la joie, celui qui a donné la vie à un fils sage est heureux. Puissent ton père et ta mère se réjouir à ton sujet ! Donne cette joie à celle qui t’a mis au monde. ».

Un enfant qui suit les bonnes valeurs transmises par ses parents ne fait pas que se rendre heureux lui-même. Il fait également le bonheur de ses parents. Et il est normal que les parents aspirent à ce bonheur dans l’éducation de leur enfant.

Il est normal, légitime, de désirer ce bonheur-là. Le bonheur d’un parent fier de ses enfants.

C’est normal, et Dieu appelle les enfants justement à donner ce respect, cette obéissance, cette fierté, cette joie à leurs parents,  comme nous l’avons lu dans le Proverbes 23 « Puissent ton père et ta mère se réjouir à ton sujet ! Donne cette joie à celle qui t’a mis au monde. ». Nous trouvons encore une parole similaire en Éphésiens chapitre 6 « Vous, enfants, obéissez à vos parents à cause du Seigneur, car c’est là ce qui est juste. Honore ton père et ta mère : c’est le premier commandement auquel une promesse est rattachée : pour que tu sois heureux et que tu jouisses d’une longue vie sur la terre. »

Il est donc légitime pour les parents de s’attendre à recevoir ce bonheur de leurs enfants en réponse à une bonne et juste éducation donnée dans l’amour.

C’est légitime. Mais comme beaucoup de choses légitimes, ce n’est pas non plus un droit. Aucun parent ne peut forcer l’obéissance, le respect ou l’amour. Car ces choses ne s’imposent pas à l’être humain. Ces choses sont facilitées, construites par une bonne éducation, aimante, juste, et par un bon exemple donné aux enfants par les parents. Mais ça ne s’impose pas. Et parfois, malgré toute la meilleure volonté du monde. Malgré une éducation juste et aimante. Parfois les enfants rejettent tout de même les valeurs transmises par leurs parents. Voire même ils peuvent rejeter leurs parents eux-mêmes.

C’est finalement la même chose qui se passe quotidiennement entre l’être humain et Dieu.

Dieu qui, comme un Père, donne la vie à chaque homme ou femme. Dieu créateur de toute chose, de qui nous recevons également tout ce que nous sommes, et tout ce que nous possédons. Dieu qui nous transmet par sa Parole une éducation, un enseignement d’amour et de justice qu’il souhaite nous voir faire notre dans nos vies respectives. Dieu qui est allé jusqu’à se donner lui-même en Jésus-Christ pour permettre à ses enfants rebelles et désobéissants de recevoir le pardon et la réconciliation avec leur Père. Mais portant ces enfants qui restent pour beaucoup dans leur désobéissance, et Dieu qui semble rester impuissant face à la rébellion de ses enfants perdus.

Impuissant il ne l’est pas. Mais il sait, bien mieux que nous, que le but, la finalité de l’éducation, c’est la responsabilisation de l’enfant. Un enfant qui devient adulte, et qui fait ses propres choix.

Dieu est un Père bienveillant, juste et aimant, mais qui souffre à chaque instant des décisions de milliards de ses enfants qui font le choix de le rejeter, de rejeter sa volonté, ses valeurs, son amour, sa justice. De rejeter même le pardon qu’il leur offre gratuitement, sans rien attendre en retour. De rejeter jusqu’à son appel, son appel à se tourner enfin vers lui, pour venir restaurer une bonne relation avec leur Père qui leur donne la vie.

Dieu connait mieux que quiconque la souffrance déchirante que peuvent ressentir des parents face au rejet, à la rébellion, au mépris qu’ils reçoivent parfois de leurs enfants.

Des parents qui se sentent impuissants.

Mais souvenons-nous, impuissants nous le sommes, mais Dieu ne l’est pas. Et quelle que soit notre situation, c’est constamment auprès de lui que nous sommes appelés à rechercher le réconfort et la paix. C’est entre ses mains que nous sommes encouragés à remettre tout ce qui dans ce monde nous dépasse malgré notre implication soutenue. C’est à lui, qui est notre Père, qui est le Père de tous, que nous devons remettre la vie, le développement, la construction, l’avenir de ceux qui nous sont chers, à commencer par nos enfants.

Lui non plus ne les forcera pas. Mais bien plus que nous, à chaque instant, il peut les interpeller. Les interpeller par des circonstances de vie qui les fassent s’interroger. Les interpeller par des personnes qu’il place sur leur chemin et qui vont pouvoir les faire se remettre en question. Les interpeller aussi intérieurement, dans leur cœur, dans leur âme, dans leur intelligence.

Dieu ne force personne. Mais il nous connait, bien mieux que nous-mêmes. Et il peut faire, au-delà de tout ce que nous demandons ou même pensons.

Alors je nous souhaite à tous de pouvoir être réjouis dans nos cœurs par les personnes que nous aimons. Particulièrement par nos enfants si nous avons la joie d’en avoir. Pour certains c’est même des petits enfants ou même des arrières petits enfants. Pour d’autre ceux seront des neveux ou nièces, ou des parents plus éloignés. Ce peut-être enfin également nos amis avec qui nous parlons, sans qu’ils n’y adhèrent, de ce qui fait la joie de notre cœur dans le Seigneur.

Je nous souhaite à tous de pouvoir être réjouis par les choix de vie de ceux qui nous sont proches. Mais je nous souhaite surtout, quelles que soient les circonstances, de pouvoir constamment rechercher le réconfort et la paix auprès de notre Dieu, qui est aussi notre Père.

Amen.