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Elie dans ses grottes

19.1 Achab rapporta à Jézabel tout ce qu’avait fait Élie, et comment il avait tué par l’épée tous les prophètes. 19.2 Jézabel envoya un messager à Élie, pour lui dire: Que les dieux me traitent dans toute leur rigueur, si demain, à cette heure, je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la vie de chacun d’eux! 19.3 Élie, voyant cela, se leva et s’en alla, pour sauver sa vie. Il arriva à Beer Schéba, qui appartient à Juda, et il y laissa son serviteur. 19.4 Pour lui, il alla dans le désert où, après une journée de marche, il s’assit sous un genêt, et demanda la mort, en disant: C’est assez! Maintenant, Éternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. 19.5 Il se coucha et s’endormit sous un genêt. Et voici, un ange le toucha, et lui dit: Lève-toi, mange. 19.6 Il regarda, et il y avait à son chevet un gâteau cuit sur des pierres chauffées et une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha. 19.7 L’ange de l’Éternel vint une seconde fois, le toucha, et dit: Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi. 19.8 Il se leva, mangea et but; et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, à Horeb. 19.9 Et là, il entra dans la caverne, et il y passa la nuit. Et voici, la parole de l’Éternel lui fut adressée, en ces mots: Que fais-tu ici, Élie? 19.10 Il répondit: J’ai déployé mon zèle pour l’Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie. 19.11 L’Éternel dit: Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l’Éternel! Et voici, l’Éternel passa. Et devant l’Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l’Éternel n’était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre. 19.12 Et après le tremblement de terre, un feu: l’Éternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. 19.13 Quand Élie l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles: Que fais-tu ici, Élie? 19.14 Il répondit: J’ai déployé mon zèle pour l’Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie. 19.15 L’Éternel lui dit: Va, reprends ton chemin par le désert jusqu’à Damas; et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour roi de Syrie. 19.16 Tu oindras aussi Jéhu, fils de Nimschi, pour roi d’Israël; et tu oindras Élisée, fils de Schaphath, d’Abel Mehola, pour prophète à ta place.19.17 Et il arrivera que celui qui échappera à l’épée de Hazaël, Jéhu le fera mourir; et celui qui échappera à l’épée de Jéhu, Élisée le fera mourir. 19.18 Mais je laisserai en Israël sept mille hommes, tous ceux qui n’ont point fléchi les genoux devant Baal, et dont la bouche ne l’a point baisé. 19.19 Élie partit de là.

 

Le prophète Élie serait né en -927. Habitant du pays de Galaad. C’est un « Tishbite », un nom de même racine que le mot captivité en hébreu. Élie apparaît dans l’histoire d’Israël à un moment de décadence particulièrement intense du peuple hébreu. En effet, après avoir conquis le pays promis puis traversé quelques heures sombres dans son histoire, Israël avait connu son âge d’or, amorcé sous le règne du roi David et parachevé sous le règne de son fils le roi Salomon. Mais malheureusement, dès avant la fin de son règne, le pays avait commencé à plonger dans une spirale décadente de plus en plus profonde, faite d’une mélange d’immoralité et didôlatrie. Cela avait valu la sission du pays en deux royaumes : Israël et Juda. Le royaume d’Israël auquel s’adresse Elie est un royaume qui, au fil des siècles, s’est attaché de plus en plus à des dieux étrangers et fait des alliances avec d’autres peuples. Le nom de Dieu, la connaissance de Sa personne et de Sa loi sont de plus en plus oubliés. Pire même, les croyants commencent à être persécutés, en particulier sous le règne du roi Achab qui épouse une Sidonienne idôlatre et méchante : Jézabel.

Notre époque ressemble en beaucoup de choses à celle d’Elie : dans les pays occidentaux, l’indifférence pour la foi chrétienne n’a cessé de grandir ces dernières décennies. L’ignorance de qui est Jésus, du message de l’Evangile est de plus en plus forte au fil des générations qui se lèvent. Bien plus, les chrétiens sont persécutés dans le monde pour leur foi et leur attachement à Dieu. Comme à l’époque d’Elie, le mal, le pêché s’en donnent à cœur joie, profitant d’une humanité en perte de repères et livrée à elle-même et ses penchants mauvais.

Elie apparait pour avertir Achab, le roi d’Israël, de la survenue d’une sécheresse, signe d’un jugement de Dieu sur le peuple qui est devenu infidèle. Elie part ensuite faire une retraite près d’un torrent affluent du Jourdain. Il boit l’eau du torrent et est ravitaillé en nourriture par des corbeaux envoyés par Dieu qui prend soin de lui. Au bout d’un certain temps le torrent se tarit, puis Élie part vers Sidon où une veuve de la ville de Sarepta le reçoit et le nourrit. Un miracle a alors lieu par le biais du prophète, car les maigres provisions de la veuve ne s’épuisent pas jusqu’au retour de la pluie. Le fils de la veuve tombe malade et meurt, puis ressuscite sur une prière d’Élie.

La sécheresse annoncée par Élie devait durer plus de trois ans. La troisième année de sécheresse, Dieu renvoie Élie auprès du roi Achab. Élie réprimande le roi pour avoir sacrifié au dieu Baal et laissé son épouse Jézabel dîner avec quatre cents prophètes d’Astarté. Le roi convoque le peuple et tous les prophètes sur le mont Carmel. Élie est seul face à quatre cent cinquante prophètes de Baal. Chaque camp choisit des taureaux pour en faire offrande à son dieu, mais sans y mettre le feu. Les prêtres de Baal s’agitent mais en vain, le feu ne vient pas consumer leurs offrandes. Élie fait un autel et place les offrandes qu’il fait arroser d’eau par trois fois. Il fait alors une prière et le feu s’abat sur l’autel. Alors Élie donne l’ordre de se saisir des prêtres de Baal et il les égorge. Élie dit à Achab de retourner en char à Jizreel avant que la pluie ne l’arrête, la pluie se met à tomber, tandis qu’Élie devance Achab en courant.

Informée par Achab, Jézabel menace Élie de lui faire subir le même sort qu’il a influigé aux prêtres de Baal. Face à cette menace, Elie choisit la fuite, laisse son serviteur et s’en va seul dans le désert, pour finir par s’y écrouler en demandant la mort. Comment est-il possible qu’un homme qui a été nourri miraculeusement, qui a lui-même nourri miraculeusement une veuve et sa famille, ressussité des morts un enfant et gagné une bataille spirituelle face à 450 prophètes puisse en arriver à avoir une pareille réaction ? Tout ce qu’il a vu, tout ce qu’il a expérimenté aux côtés de Dieu toutes ces années n’aurait-il pas dû le pousser à dédaigner la menace de Jézabel et la condamner, tout en étant prêt à se confier en Dieu pour l’affronter ?

Oui mais voilà, même les plus grands hommes de foi ont eu des moments de blues, de découragement, voir de dépression. Le Dr. Luis Palau, grand évangéliste argentin, confesse: « ma plus grande tentation n’est pas l’argent, le sexe ou d’autres péchés, mais : abandonner, renoncer, le désespoir, la dépression, perdre le courage ». Winston Churchill, qui apparaissait toujours fort et courageux, confessait qu’il avait des moments où le désespoir se dressait devant lui comme un chien noir, le poussant même à des pensées de suicide. Combien parmi nous n’ont jamais dit ou au moins pensé: « j’en ai assez »; « je n’en peux plus »; « j’arrête »; « j’abandonne » ? Les anti-dépresseurs sont parmi les médicaments les plus vendus en France et témoignent d’un mal qui ronge ainsi notre société.

Le message reçu de Jézabel par Elie était la goutte qui faisait déborder le vase, l’étincelle qui déclenchait les tensions emmagasinées depuis tout un temps. Sans tout cet arrière-plan, ce message de Jézabel ne lui aurait pas fait tant de mal. Je vous propose de regarder les signes précurseurs de sa dépression d’Elie. Mieux identifier ces signes peuvent nous aider à mieux comprendre ce qui se passe en nous ou chez les autres et les aider.

 

1 les signes de la depression

Epuisement physique et spirituel :

Après sa victoire glorieuse sur les prophètes de Baal où il avait lutté seul, avec Dieu, contre 450, et gagné; on aurait pensé qu’Elie était au zénith de ses forces. Mais combattre de cette façon est très fatiguant ! La lutte spirituelle est dure. Jésus le savait et se retirait souvent afin de se reposer et de renouveler ses forces spirituelles par la prière et la communion avec son Père. Ainsi ne laissons pas nos responsables et nos pasteurs s’épuiser dans les luttes spirituelles qu’ils mènent à notre égard. Hébr.13:17 « Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. » Ainsi, si notre futur pasteur ou nos responsables commencent à gémir sous le poids des fardeaux qu’ils portent pour l’Eglise, pensons à leur proposer à prendre du repos et à les relayer dans leurs tâches.

D’une manière générale, trop souvent dans nos communautés, à notre travail ou dans le milieu associatif, c’est toujours le même noyau de personnes qui fait beaucoup de choses et beaucoup parmi elles s’épuisent, traversant des périodes de burn-out. Aujourd’hui notre société vit la crise de l’engagement. Chacun vit selon ses envies. On veut le beurre et l’argent du beurre. On veut profiter de ce que le groupe dans lequel on évolue peut nous donner mais on ne veut pas s’enfermer dans un engagement qui nous priverait de notre liberté et de ne plus pouvoir agir selon nos envies. Oui, mais voilà, nous ne vivons plus nous-mêmes mais Christ vit en nous et Il nous appelle à nous aimer les uns les autres, c’est-à-dire à rechercher leur bien de plein de manières différentes et en premier lieu dans l’Eglise en nous engageant auprès d’eux. Aimer mon frère, ma sœur, n’est pas juste une émotion du moment, une pulsion qui me pousse à lui faire du bien ou lui rendre service sur le moment, de temps en temps. Mais c’est un choix de s’engager durablement à ses côtés pour livrer le combat de l’annonce de l’Evangile et apporter sa pierre à l’édifice de l’Eglise et à la communion fraternelle. Si chacun s’engage par amour, volontairement, librement dans cette voie, l’Eglise est alors un corps qui fonctionnera bien.

Retraite :

v.3 a : « Je ne joue plus »; « J’ai gagné la victoire, j’ai nettoyé le pays de prophètes idolâtres, je leur ai prouvé que l’Eternel est Dieu, je leur ai donnée de la pluie – et comment me récompensent-ils? ». Ils n’ont rien compris. Achab rapporte de surcroît à Jézabel « tout ce qu’avait fait Elie » (v.1) – il n’avait même pas compris que c’était Dieu qui avait donné le feu et la pluie! (v.2) ! « Eh bien: j’en ai assez, je démissionne! ». Un 2ème symptôme d’une dépression qui pour approche, c’est que la victime commence à se retirer, à ne plus tenir ses engagements, et exécuter ses tâches et ses responsabilités. Si cela se remarque, il ne faut pas le critiquer tout de suite. Il faut le laisser souffler un peu, le laisser reprendre des forces, l’accompagner et ré-organiser les activités dont il est en charge temporairement. Ainsi Dieu a laissé Elie dormir, l’a nourri et l’a entouré par le biais de son ange avant de le remettre en marche.

Parfois, nous pouvons perdre le sens de ce que nous faisons. Nous pouvons agir, faire plein de choses, bonnes de surcroît mais à force de faire, nous pouvons oublier pourquoi nous les faisons ou bien investir des attentes trop grandes dans ces choses et c’est là que nous pouvons connaitre les plus grandes frustrations. En effet, la plupart du temps, les autres ne réagissent pas comme nous nous y attendrions et tous nos efforts pour parvenir à un certain résultat peuvent être réduits à néant parfois en peu de temps. Et lorsqu’un objectif n’est pas possible à atteindre, c’est là que la dépression guette. Dieu nous conduit ou nous rejoint ainsi parfois au désert pour nous faire réfléchir sur nos motivations et le sens de ce qui nous met en marche, comme Il va le faire avec Elie tout au long de ce passage.

Isolement :

v.3b : il s’en va tout seul. 3ème signe précurseur. La solitude n’est pas nécessairement un marqueur de la dépression, mais l’isolement très souvent, et, surtout dans l’attitude de crainte et d’épuisement que nous voyons ici en Elie, elle l’est presque toujours. Un chrétien est une « brebis ». Or, une brebis qui s’écarte du troupeau se livre aux lions ! Notre adversaire rôde comme un lion rugissant, cherchant à nous dévorer (1 Pierre 5:8). Combien important est la communion fraternelle au sein de l’assemblée, un des piliers de la foi du chrétien : Actes 2:42 « Ils persévèrent dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières ».

Mais attention, l‘isolement n’accompagne pas seulement la solitude. Il y a beaucoup d’isolés dans les foules, au sein des Eglises, dans nos travails ou nos associations. Il nous faut être à nouveau attentifs aux autres, à leur vie, s’intéresser à eux, les aimer, les entourer, prier pour eux, ne pas les laisser livrer seuls leurs combats contre la maladie, le chômage, les difficultés financières ou familiales, etc. C’est ici que le principe qui consiste à voir l’Eglise un peu comme une famille est important. Même si l’Eglise n’est pas appelée à être un lieu d’intrusion dans la vie d’autrui, elle est néanmoins appelée à être un lieu d’amour et de solidarité entre ses membres. Un lieu où la communion fraternelle favorisera une entraide sans égal ailleurs et qui permettra aux membres qui vivront des moments difficiles de ne pas rester isolés mais soutenus, aimés, entourés. C’est ici que l’Eglise marque sa différence par rapport au monde dans lequel nous vivons et où trop souvent, les personnes qui vivent des coups durs sont abandonnées, livrées à elles-mêmes pour vivre leurs combats et ne reçoivent que trop peu d’aide et de soutien encore.

Mauvaise estime de soi :

v.4c : c’est à la fois un signe précursseur d’un état dépressif mais aussi et surtout une cause. Avoir une mauvaise image de soi est souvent une forme d’orgueil! On croit avoir fait tout ce qu’on devait faire et si la situation n’évolue pas comme on pensait, on va penser que c’est les autres qui en sont fautifs. On les accuse d’être responsables pour ses échecs ou ses attitudes : v.10 – comparé « J‘ai … » avec « les enfants d’Israël … »; « ils ont … » (2x); « je suis … »; « ils cherchent … ». Ceux qui ont une mauvaise estime d’eux ont tendance à exagérer – comme Elie: il n’était pas le seul prophète de l’Eternel – il savait qu’il y en avait au moins encore 100 en vie (qu’Abdias avait protégé – 18:13); il n’était pas le seul croyant qui restait – il y avait au moins 7.000 hommes qui n’avaient point fléchi les genoux devant Baäl (19:18), même s’ils ne le savait pas vraiment dans le désert. Ce n’était non plus pas la faute des israélites s’il se trouvait seul. Il s’était enfui lui-même, il avait laissé son serviteur de son propre gré, il s’en est allé dans le désert de sa propre volonté. Ce n’était pas non plus « ils » qui cherchaient à lui ôter la vie, ce n’était qu’une femme !

Il ne faut surtout pas plaindre celui qui se dénigre et trouve en les autres l’objet de ses échecs ou de ses problèmes. Cela ne ferait que l’encourager. Avec patience, il faut l’aider à changer de regard en lui montrant la réalité. On peut lui expliquer qu’il n’est pas Dieu, qu’il ne peut pas résoudre tous les problèmes tout seul. On peut lui montrer qu’il n’est pas le seul à vivre des situations comme la sienne. Nous ne sommes pas appelés à être des sauveurs. Dieu seul sauve. Nous devons arrêter de vouloir porter le monde (notre famille, nos collègues, notre Eglise) sur notre dos et le sauver par nos propres forces. Nous sommes encouragés plutôt à nous recentrer sur Dieu et à compter sur Lui et sur Ses forces pour nous aider à aller de l’avant. Laisser le Saint Esprit nous remplir toujours davantage pour être un outil et simplement un outil à Son service. Ne plus compter sur nous et sur nos propres forces mais compter sur Lui. Il s’agit ainsi de s’abandonner à Dieu, de le laisser nous renouveler de l’intérieur et de s’engager dans l’action le laissant agir en nous et par nous et alors, nous verrons du fruit.

Pour arriver à cela, il nous faut continuer à suivre Elie dans son cheminement.

2. Sortir de la dépression

Voici donc notre prophète: découragé, voir dépressif, voulant même mourir! Ce comportement d’Elie nous dérange. Il ne colle pas avec l’image du croyant « plus que vainqueur » ! Etrange: la plupart des gens ne veulent pas mourir (on aime la vie), mais voici un des seuls hommes qui n’est pas destiné à mourir, et lui, il prie pour mourir! Mais Dieu aime trop Elie pour le laisser sombrer plus profondément dans sa dépression et sa caverne. Les enfants de Dieu n’habitent pas des cavernes, mais des sommets! Et lorsqu’un chrétien s’installe dans une caverne – qu’elle soit une caverne de dépression ou un autre genre d’enfermement, Dieu veux toujours l’en sortir. Considérons comment Il fait sortir Elie de sa caverne de dépression :

La paix et le repos :

Elie s’est enfui dans le désert mais Dieu savait où il se trouvait. Oui, Dieu nous voit, Il sait où il est, et comment il est et nous aussi : Il connaît nos détresses, nos problèmes, nos désirs, nos chutes, nos désespoirs, nos luttes. Il n’existe aucun désert qui ne soit trop éloigné pour que Dieu ne puisse y envoyer ses anges à notre secours.

Dieu s’est tenu à distance, voyant comment son serviteur, qui l’avait servi fidèlement depuis déjà plus de 3 ans, et qui avait obéi à ses instructions à la lettre, maintenant, se laissant effrayer par le message de Jézabel, prenait en charge sa vie de lui-même, sans attendre les instructions de Dieu. Il voyait quelle ruine Elie était en train de créer de sa vie. Dieu le laissait aller jusqu’à un certain point, mais Il ne le permettait pas de se détruire. Dieu connaît les limites de nos forces; parfois Il nous laisse aller notre propre chemin, pour que nous apprenions des leçons. Mais jamais Il ne nous laissera tentés au delà de nos forces.

Dieu se révèle à Elie à nouveau : dans nos moments les plus noirs, quand nous n’allons pas vers Lui, Il vient vers nous. Dieu ne commence pas par lui donner des études bibliques, en l’encourageant à prier, ou en l’envoyant faire une retraite! Il arrête sa fuite. Beaucoup de chrétiens fuient une situation négative mais ils ne résolvent jamais le problème de fond. Ils pensent pouvoir lui échapper en le fuyant. Mais une fois qu’on commence à fuir, on continue de le faire ! Rien ne peut s’arranger tant qu’on fuit; il faut casser ce cercle vicieux, et arrêter de fuir.

Dieu le fait bien manger, boire et dormir : vv.5-8a: quand il s’était réveillé la première fois, il n’était pas encore assez fort … Dieu sait ce dont nous avons besoin. Il connaît les limites de nos forces. Dieu ne vient pas à Elie avec des réprimandes, mais avec sa paix et son repos. Il faut que Dieu nous amène à Sa paix, sinon il est impossible de progresser. Le progrès spirituel, la solution aux problèmes, la victoire sur le péché – tout part de la paix de Dieu et se construit sur cette base. Voilà pourquoi les mots les plus répandus dans la Bible (365x) sont « ne crains pas ».

L’endroit :

v.8c : Dieu l’amène « jusqu’à la montagne de Dieu ». La montagne de Dieu était un endroit où on rencontrait Dieu, où Dieu Se révélait, parlait, et donnait de nouvelles instructions. Il l’avait fait des siècles auparavant avec Moïse et en donnant au peuple d’Israël la loi. Elie a marché 40 jours et 40 nuits (quel gâteau – il n’avait même pas besoin de dormir!). Son corps est plus fort que jamais – mais son esprit sombre toujours dans la dépression : il est toujours enfermé, prisonnier de ses pensées noires qui tournent en boucle dans sa tête (v.9). Dieu l’a conduit jusqu’à Horeb, mais Dieu ne lui a pas dit d’entrer dans la caverne. Il l’a fait de lui-même et cela révèle sn état d’esprit à ce moment là. D’où la question de Dieu : que fais tu ici ? Il ne suffit pas d’être à l’endroit voulu de Dieu. Il faut aussi avoir l’attitude de Dieu !

La révélation:

Dieu ne va pas abandonner Elie. Dieu va lui donner une encore plus grande révélation de Lui-même, telle qu’il n’avait jamais eue jusqu’à alors! C’est dans une brise légère que Dieu va se trouver. Ce n’est pas dans le vent violent, ni dans le tremblement de terre ou le feu. Non, Il passe dans un souffle tenu, une brise, un silence. C’est là qu’il est présent à Elie.

Dieu se manifeste et Elie le sent. Il se voile la face, de peur de le voir et de mourir. Dieu passe et il reconnaît que Dieu est là. Dans toute Sa divinité, Sa puissance, tout Son secret.

Elie s’imaginait certainement que son Dieu était un dieu comme les autres, Comme les dieux des prophètes de Baal. Elie attendait un Dieu puissant qui fait des signes et des miracles, comme il l’avait fait au mont Carmel face à ces prophètes. Il attendait Dieu dans une manifestation visible : le tonnerre ou le feu. Un Dieu qui juge et qui punit ceux qui se détournent de lui. Un Dieu qui va juger et exterminer Jézabel, Achab et tous ceux qui sont contre Lui. Mais non, C’est dans une brise et la parole que Dieu est. « Elie, tu ne me trouveras pas dans ces événements effrayants que sont le feu et les tremblements de terre. Je ne suis pas le Dieu des manifestations exceptionnelles. Je ne suis pas le Dieu du tonnerre qui détruit, du feu qui dessèche. Je suis là, dans la brise, dans le silence, le vide. C’est là que tu me trouveras. Je ne suis pas ce Dieu qui veut faire peur ou impressionner. Je suis Dieu avec les hommes. Je suis ton Dieu pour lequel tu es passionné, Le Dieu d’Israël et de la promesse. Dieu silence, Dieu soupir, Dieu qui dit son attachement Sa présence, Son amour. Va…. Oins les rois qui viendront, prépare l’avenir du peuple. Il y aura encore des prophètes, des rois, un peuple, un Dieu et sa parole pour toujours. »

Face à la sécheresse, puis au mont Carmel, Dieu avait parlé à Elie. Mais maintenant il est là. Devant la grotte, c’est plus fort encore : il est là vraiment, en personne. Elie est en présence de Dieu, En proximité. Il doit se voiler la face pour ne pas voir Dieu. C’est un face à face sans visage. Une présence immédiate Impensable, inimaginable. Dieu face à Elie, parle. « Tu oindras même si les rois ont désobéi jusqu’ici. Tu continueras ton activité de prophète même lorsque tu fais face à l’impiété. La lignée d’Israël se poursuivra. Je sais bien que tu es zélé pour moi, Que les infidélités te font peur, elles te blessent et te mettent en colère, Mais ne t’arrête pas à cela. Oins, proclame, La suite de mon peuple, La présence de Dieu au milieu des nations. » Dieu ne minimise pas le péché et l’infidélité Mais il sait… Le tonnerre éclate puis retombe. Le feu prend fin. Quant à la brise, Le silence subtil Ils restent, Comme en suspens… Parole éternelle et créatrice de Dieu. Dieu présent, là au cœur du peuple ou dans l’intimité d’Elie, Fidèle. Dieu est. Il se montre, Lui qui par son silence est.

Penser Dieu aujourd’hui. Penser jugement, destruction et mort ou penser, silence, vide, subtil, en attente. Parfois moi aussi Je voudrais que Dieu montre Sa vérité. Qu’il montre au monde, qu’il nous montre qui a raison, qui a le dernier mot. Que le Seigneur passe (enfin !) dans son tonnerre et dans son feu. Qu’il dévaste la terre pour en extraire les meilleurs. Qu’il montre qu’Il est là, Présent, Au cœur de ce monde ! Mais ce n’est qu’une image de Dieu, Une caricature, L’image de ce Dieu qui domine le monde, qui l’écrase de Sa puissance. Mais ce n’est pas Lui, Sa présence. Notre zèle pour Dieu nous Le fait voir en feu et en colère, à notre image. Et nous arrivons de souhaiter qu’il se manifeste pour l’honneur de son nom. Notre zèle pour Dieu et ce besoin d’avoir raison contre l’autre, tous les autres. « Dieu juge, parle, rétablis ta vérité, ton ordre, détruis, libère renouvelle, Amène maintenant ton salut. Viens ! » Penser Dieu, force, violence, Ou le penser parole, souffle, brise…

Dans ce silence et cette brise, Dieu Le soupir, en suspension, en attente. Dieu entre nous, en présence. Silence subtil, Dieu est la Parole: « Tu oindras, Jéhu comme roi, Elisée comme prophète Tu oindras car la vie, La création, l’œuvre de salut continuent ! ». Malgré les infidélités, les clonages et les cellules souches, les apprentis sorciers. Malgré les découragements, les peurs, les incertitudes. Les expérimentations, les guerres, les destructions, la violence, les injustices. Malgré aussi ton excès de zèle peut-être, ton jugement et tes condamnations qui te voudraient tout purifier pour recommencer. Va, oins, bénis, crie : La vie, la parole, demain. Je suis là. ». Va. Et Dieu, là dans son silence t’invite à Sa parole Il indique Sa présence pour le monde et pour les hommes. Aujourd’hui dire Dieu, montrer Dieu, Lui, la source, Force, renouveau, espérance, vie, silence, entre deux Toujours présent, Vivant, Il est.

Conclusion

Dieu n’a pas laissé Elie dans la dépression. Au contraire, sa dépression l’a conduit à un niveau plus élevé de communion avec Dieu, et de service pour Dieu. Alors, à toi qui es peut-être aujourd’hui découragé ou déprimé, qui répéte peut-être les mêmes choses face à la question de Dieu « que fais tu ici ? « , Dieu te dit « Va, ne crains rien, prends courage, reprends ton chemin et continue avec ma paix, avec la force que je te donne la mission que je te confie« .