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Face aux obstacles de la vie — Josué 6.1-20

Il y a un an, nous avions commencé la nouvelle année scolaire en étudiant le premier chapitre du livre de Josué. Ce chapitre relatait la succession à la tête du peuple d’Israël de Josué qui y remplaçait Moïse qui venait de mourir aux portes du pays promis. Et les mots forts de ce chapitre étaient : sois fort et prend courage. Nous aurions pu en faire notre devise pour cette année passée, sur un plan individuel ou collectif et peut être l’avons fait d’ailleurs.

Ce matin, je vous emmène un peu plus loin dans le livre de Josué pour y relire un passage très connu, même par monsieur tout le monde. Après avoir eu une croissance démographique importante sous l’esclavage de l’Egypte pendant 400 ans, les isaraêlites avaient été libérés par Moise que Dieu avait envoyé à Son peuple. Après avoir traversé la Mer Rouge à sec car Dieu avait séparé les eaux et laissé les Egyptiens se faire engloutir par les flots qui se refermaient derrière eux, le peuple d’Israël allait tracer son chemin dans le désert. Son but : retourner sur la terre de leurs ancêtres : Abraham, Isaac et Jacob ; terre promise par Dieu en héritage à Son peuple. Il s’en suit 40 années d’errance dans le désert. Puis enfin, le moment tant attendu est arrivé. Après avoir entendu les recommandations de Moise, après avoir eu un nouveau chef : Josué, le peuple a enfin franchi le Jourdain qui le séparait du pays promis à sec, comme leurs ancêtres l‘avaient fait avec la Mer Rouge. Ils sont maintenant en terre promise.

Devant les obstacles de la vie

Oui, mais voilà la terre promise n’est pas vierge. Elle est occupée par de nombreux peuples plus forts et plus armés les uns que les autres, avec des villes et des forteresses plus imprenables les unes que les autres. Autant d’obstacles sur le chcmin de la conquête du peuple d’Israêl. Et nous aussi, peut-être, sommes-nous confrontés à des obstacles, des difficultés diverses et variées dans notre vie, à l’orée de cette nouvelle année scolaire : deuil, maladie, chômage, éducation des enfants, accompagnement des aînés, difficultés relationnelles ave les autres, au travail ou dans notre voisinage, etc. Je pense que nus avons chacun des obstacles qui se dressent devant nous. Sur le plan communautaire aussi, cette nouvelle année scolaire, avec la reprise des activités de l’Eglise, peut se présenter à nous ave des difficultés et des défis à relever. Car la vie de l’Eglise locale n’est jamais un long fleuve tranquille comme nous le savons encore fort mieux depuis quelques semaines. Ces défis, il va nous falloir les relever alors que le départ brutal de notre frère Marc a laissé un grand vide. Pour plusieurs d’entre nous, c’est encore la stupeur et l’abattement, le choc, la colère qui prédominent, nous laissant comme hébétés au moment de reprendre la route, en cette rentrée scolaire, apercevant les difficultés à venir.

Dans quel état d’esprit les Israelites vont-ils aborder quant à eux ces obstacles qui se dressent devant eux et dont le premier se nomme Jéricho ? Leurs pères avaient exploré le pays du temps de Moïse et voici ce qu’ils avaient dit : Nombres 13.32 « Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer est un pays qui dévore ses habitants. Tous ceux que nous y avons vus sont des hommes de haute taille. 33 Nous y avons vu les géants, les descendants d’Anak qui sont issus des géants. A nos yeux et aux leurs, nous étions comme des sauterelles. » Au moment d’affronter l’obstacle Jéricho, comment le peuple hébreu allait-il réagir ? Allait-il soudain baisser les bras en voyant les premiers obstacles ? Devant une réalité devenue concrête, des défis devenus non plus des rêves à réaliser mais des réalités bien tangibles, allaient-ils avoir une prise de conscience qui les fasse renoncer comme leurs ancêtres ? Certes ils ont un nouveau chef mais l’absence de Moïse et de son charisme ne vont-ils pas leur manquer au moment de trouver les forces d’affronter les premières difficultés de la terre promise ? Et nous, quand les obstacles, les difficultés apparaissent sur notre chemin et qu’ils se dressent devant nous, comment réagissons-nous ? Nous décourageons-nous et baissons-nous les bras ? Pour le peuple d’Israël, il y avait de quoi à première vue car c’était quand même un énorme défi à relever pour un peuple nomade, qui sort de plusieurs décennies passées dans le désert que de tenter de s’emparer de la ville des Palmiers et ses hautes murailles. Et pour nous aussi, les raisons de nous décourager peuvent être légitimes et compréhensibles.

Dieu prépare tout, Il s’occupe de nous

Mais revenons un peu en arrière. Avant d’arriver à Jéricho, le peuple avait franchi le Jourdain. Dieu, par l’entremise de Josué avait séparé les flots pour permettre à son peuple de passer à sec. Or, cela fait, voici ce que nous pouvions apprendre dans le texte biblique (Josué 5.1) : Tous les rois des Amorites qui étaient à l’ouest du Jourdain et tous les rois des Cananéens qui étaient près de la mer apprirent que l’Eternel avait desséché l’eau du Jourdain devant les Israélites jusqu’à ce qu’ils aient traversé. Alors ils furent démoralisés et plus personne n’eut de courage à cause des Israélites. ». Et quand Josué avait envoyé des espions à Jéricho, voici ce que Rahab la prostituée qui les avait cache leur avait dit (Josué 2.9-11) :  « je sais bien que Jéhovah vous donnera le pays et que vous nous inspirez de la crainte. Tous les habitants du pays sont découragés à cause de vous, 10  parce que nous avons appris comment l’Eternel a desséché devant vous les eaux de la mer Rouge, quand vous avez quitté l’Égypte. Et nous avons appris ce que vous avez fait aux deux rois des Amorites, Sihôn et Og, que vous avez exécutés de l’autre côté du Jourdain. 11  Quand nous en avons entendu parler, cela nous a démoralisés, et à cause de vous plus personne n’a de courage. Car Jéhovah votre Dieu est Dieu en haut dans le ciel et en bas sur la terre. ».

Voici un premier enseignement à tirer de ce passage de Jéricho : Dieu prépare tout, Il s’occupe de nous. Parfois, Dieu ôte les difficultés de notre route, sans que nous nous en apercevions peut-être même. Mais parfois, il les laisse. Mais nous, Il ne nous laisse pas désemparés, démunis face à ces obstacles. Avec le défi à relever, Dieu prépare aussi pour nous les conditions pour y arriver, pour être victorieux. La victoire est à portée de main pour les Israëlites. Toutes les conditions sont réunies pour qu’ils puissent s’emparer de Jéricho sans trop de difficultés. D’autres défis les attendront par la suite qui seront peut-être moins propices à être gagné. Mais quel que soit l’obstacle devant eux, ils savent maintenant qu’ils ne sont pas seuls et que Dieu prépare le terrain comme un éclaireur, qu’il veille sur eux. Les soucis, les épreuves, les obstacles que nous traversons peut-être aujourd’hui peuvent nous paraitre insurmontables. Mais ce texte nous invite à jeter sur nos vies un regard de foi, ayant la paisible assurance que Dieu prépare tout, qu’Il s’occupe de nous.

Maintenant que le contexte est posé, les conditions réunies, il faut quand même monter à l’assaut de Jéricho. Quelle stratégie suivre ? Escalader les murailles. Faire une brèche dans une porte ou une partie de la muraille pour y pénétrer ? Ou bien, encore mieux, faire un tunnel qui ressortirait à l‘intérieur de la cité ? Il se trouve que ce n’est aucune de ces manœuvres que Dieu a choisi. C’est un tout autre plan qu’Il a pour qu’Israël pénètre dans la ville des Palmiers : faire le tour de la ville en silence devant l’Arche de l’Eternel et en sonnant continuellement du cor. N’est-ce pas une étrange stratégie militaire ? Et puis le dernier jour, finir un 7ème tour de la ville en poussant des cris et la muraille s’effondrera. Difficile à croire n’est-ce pas ?

Ce qui m’impressionne dans ce passage, c’est la confiance et l’obéissance de Josué et du peuple hébreu. Leurs ainés auraient déjà peut-être contesté et murmuré contre une telle stratégie. Mais, la réaction du peuple m’étonne : pas une plainte, pas une contestation, pas l’ombre d’un doute ne transparait du texte biblique. Le peuple va obéir à la lettre à ce que Dieu va lui dire et cela va marcher. Quelle confiance, quelle simplicité et quelle authenticité dans la foi d’Israël !

Lorsque des épreuves surviennent dans notre vie ou que des obstacles se dressent sur notre chemin, Dieu semble vouloir nous faire prendre parfois des chemins étranges et utiliser des moyens qui nous semblent inadaptés à la situation. Dans ces cas là, quel est notre réflexe ? En bon français, nous risquons bien sûr de râler, contester, remettre en cause le chemin par lequel Dieu veut que nous passions ou les moyens qu’Il désire que nous utilisions. Nous n’aimons pas, moi le premier, être délogés de notre routine, de nos habitudes pour être bousculés, sortis de notre zone de confort, remis en cause. La routine et les habitudes que nous avons institués, le conformisme dans lequel nous nous sommes inscrits ont nourri notre hippopotame « moi ». Ils nous donnent l’illusion que nous sommes invulnérables, que rien ne nous arrivera. Ils nous confortent dans notre idée que nous sommes capables de nous en sortir très bien tous seuls et que nous maitrisons tout. Mais quand l’imprévu se produit, lorsque l’épreuve survient et les moyens d’y faire face avec, elle cela nous déstabilise, cela nous bouscule, nous perturbe, cela met à mal tous nos repères et nos certitudes et surtout, elle nous met en face de nos faiblesses et de nos vulnérabilités que l’hippopotame « moi » s’éfforçait si bien de cacher. Dans ces moments de flottement dans notre vie, où nous ne savons plus où nous en sommes, il n’est pas rare que nous nous agitions pour trouver par nos propres forces le meilleur moyen de surmonter l’obstacle devant nous ou le défi, l’épreuve à surmonter. Et Dieu nous laisse faire et nous garde jusqu’à ce que nous réalisions que Sa volonté, Son projet pour nous, le chemin qu’Il veut que nous empruntions et les moyens qu’Il veut que nous utilisions sont les seuls à être utilisé, sont les meilleurs car ce sont les Siens.

Vivre au diapason de Dieu

Chaque épreuve, chaque difficulté est une invitation nouvelle que Dieu nous adresse pour vivre à Son diapason. Le diapason, c’est cet outil qui quand on le fait vibrer donne le LA en musique. En obéissant avec simplicité à Dieu, le peuple se mettait au diapason de Dieu et la musique qui en ressortit fit tomber les murailles de Jéricho. Dans les circonstances douloureuses, nous aimerions être ici, dans ce ici rassurant, sécurisant, connu, douillet. Mais Dieu nous invité à être là, là où Il nous veut car Il pense que c’est la meilleure place et Lui sait pourquoi. Dieu nous appelle à sortir de nous-mêmes, de cet hippopotame « moi » installé bien confortablement dans ses certitudes et ses habitudes pour se consacrer tout à nouveau à Lui. C’est le pas de la foi. C’est le combat de la foi qui nous pousse à faire confiance à Dieu et à lui obéir simplement.

Ma grâce te suffit

Les Israëlites ont obéi justement à Dieu. Ils ont fait tout ce qu’Il a demandé au détriment de toue logique guerrière. A la fin du tour final, ils poussent des cris et la muraille d’écroule. Je reste quand même étonné devant ce récit. Est-il possible que les sons du cor et les cris aussi nombreux furent-il aient pu à eux seuls faire tomber la muraille de Jéricho ? C’est possible mais j’aime aussi à y voir la main de Dieu qui permet le miracle de la délivrance. Le peuple a fait sa part. Il a obéi, il a fait confiance à Dieu. Alors, Dieu répond à cette fidélité en faisant tomber les murailles. C’est l’association de la foi du peuple et de la grâce de Dieu qui a eu raison des murailles. Ainsi, Dieu est partout. Même si ce n’est pas une règle absolue et j’insiste là-dessus, c’est Dieu qui permet qu’une épreuve ne nous soit pas ôtée, c’est Lui qui organise les conditions pour que nous puissions surmonter l’obstacle, c’est Lui qui nous donne les moyens de le franchir et c’est finalement Lui qui ôte la difficulté de notre vie quand nous avons mis notre foi en action. Nous voyons ainsi que là où nous pensions avoir le contrôle, la maitrise de notre vie, c’est bien Dieu qui en a le contrôle total. Et finalement, c’est rassurant car lorsque nous regardons à nous-mêmes honnêtement, nous devons bien convenir que nous sommes faibles, impuissants, vulnérables, anxieux, facilement découragés. Et si tout dépendait de nous, il y a bien longtemps que les obstacles de notre vie auraient eu raison de nous. Mais Dieu est là. Il nous aime. Jésus est mort sur la croix pour nous et nous avec Lui. Et Jésus est réssussité pour nous faire rentrer dans une vie nouvelle dont nous ne sommes qu’aux balbutiements. Comme Dieu nous aime, il n’a jamais cessé de s’occuper de nous, de prendre soin de nous, de nous garder, nous protéger. Tout ceci met en relief one nouvelle fois ce verset que l’apôtre Paul a reçu alors qu’il aurait bien voulu que le Seigneur lui ôte l’écharde qu’il avait dans la chair : ma grâce te suffit.

J’ai commencé à méditer sur ce texte vers la mi-juillet. Mon idée était d’en fait un texte d’encouragement pour chacun de nous et pour l’Eglise. Et puis, ce texte m’a rejoint personnellement le 31 juillet. Ce jour là, je voyais mon ophtalmologue pour la visite habituelle. Cela faisait sept mois que je ne l’avais pas vu. Et là, il me dit : a dégénérescence de votre cornée se poursuit. Il faut que vous alliez voir le spécialiste de la cornée en France à la fondation Rotschild à Paris. Je me doutais du diagnostic car les derniers temps, avant d’aller le voir, lorsque j’étais dans la rue, les gens étaient plus flous et les voitures troubles. Lorsque je veais au culte, je n’arrivais plus à lire les cantiques affichés car ils étaient flous aussi. Alors, à la sortie du cabinet, les mêmes questions que j’avais eu lors des visites précédentes se sont pressées à moi : jusqu’où cette dégénérescence va-t-elle aller ? vais-je continuer à voir ? Comment ? Est-ce que je vais pouvoir continuer à travailler ? Dans quelle mesure ?… et puis, d’abord, mon médecin m’a ordonné un collyre hospitalier qui m’a redonné un peu de confort. Mais surtout, en continuant à méditer ce texte pendant le mois d’août, ce verset : ma grâce te suffit m’a rejoint. Alors, quand le matin, je me lève et que j’ai les yeux en vrace et que je ne sais pas comment je vais passer ma journée, quand j’arive au travail et que je jette un premier regard sur mon écran et que je me dis : aujourd’hui ça va être dur, je me rappele ce verset : ma grâce te suffit. Et la journée se passe. Et à la fin de la journée, j’adresse mes remerciements à Dieu car Il a été fidèle. Il a pris de soin de moi, m’a donén la vue dont j’avais besoin et je suis reconnaissant que Sa grâce m’a suffit. Et ma prière, c’est que face aux obstacles de la vie quotidienne, vous puissiez vous aussi faire votre cette phrase : ma grâce te suffit.

 

En conclusion, à l’aube de cette nouvelle année scolaire, je vous invite peut-être à puiser dans les enseignements de ce texte une devise pour cette année que vous pourriez afficher sur votre frigo par exemple. Je vous propose celles-là mais vous pouvez aussi composer les vôtres :

Dieu s’occupe de tout, il s’occupe de moi

Dieu m’appelle à vivre à Son diapason

Ma grâce te suffit

Prions.