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Faire le bien, clef du bonheur ? 1 Pierre 3 : 8-17

1 Pierre 3: 8-12

« Enfin, visez tous le même but, partagez vos peines, aimez-vous comme des frères et des sœurs, soyez bons, soyez humbles. Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’injure pour l’injure. Répondez au contraire par la bénédiction, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir vous-mêmes la bénédiction. 10 Car, Celui qui souhaite aimer la vie et voir des jours heureux qu’il veille sur sa langue pour ne faire aucun mal, et pour qu’aucun propos menteur ne passe sur ses lèvres. 11  Qu’il fuie le mal et fasse ce qui est bien; qu’il recherche la paix avec ténacité, car les yeux du Seigneur se tournent vers les justes: son oreille est tendue pour écouter leur prière.
Mais le Seigneur s’oppose à ceux qui font le mal »

En 1986 une petite liégeoise de 13 ans gagnait l’Eurovision avec un titre « J’aime, j’aime la vie ! » Elle s’appelle Sandra Kim et la Belgique s’en souvient encore car c’est la première fois que le pays gagnait l’Eurovision. La malédiction du « Belgium one point » était enfin conjurée. Tous les pays ont aimé la chanson, même la Russie a aimé parce que tous aiment la vie. On ne peut pas ne pas aimer la vie ou simplement vouloir aimer la vie. Et cela m’a fait penser au verset 10 du chapitre 3 de la première épitre de Pierre que nous venons de lire « qui veut aimer la vie, et voir des jours heureux… » et la question est presque rhétorique, oui tout le monde veut aimer la vie et voir des jours heureux et Pierre continue en disant… 11 « Qu’il fuie le mal et fasse ce qui est bien. »

Alors cela parait facile mais quand on connait le contexte, ce n’est peut-être pas aussi facile que cela. Pour rappel nous sommes dans un contexte hostile aux chrétiens qui sont dispersés dans l’empire romain et qui sont au mieux considérés comme quantités négligeables au pire soupçonnés d’être des rebelles et des troubles à l’ordre public. Cet ordre public qui veut que tout le monde s’agenouille devant l’empereur.

Et dans ce contexte de témoignage chrétien en milieu hostile, Pierre va encourager les chrétiens, mais ses encouragements vont parfois prendre des tournures un peu étranges. Il commence au chapitre 1 par un encouragement à garder l’espérance en cet héritage incorruptible qui leur est réservé dans les cieux (un encouragement somme toute assez habituel), puis Pierre les encourage à se maintenir dans la joie et ce malgré les épreuves (commence à être un peu plus délicat), ensuite il encourage les chrétiens de la dispersion à mener une vie de sainteté et une vie de service (là ça commence à faire beaucoup !) et en fin l’apôtre nous invite à mener une vie de soumission (là Pierre commence vraiment à nous énerver). Et comme si cela ne suffisait pas, il va les encourager à faire le bien

On a déjà du mal à survivre mais en plus il nous demande de faire le bien !! Et Pierre se répète même, on retrouve le mot « bien » 6 fois dans le texte et pour montrer qu’il ne tourne pas autour du pot. Il va  jusqu’à dire : « Soyez zélés pour le bien ! » v. 13.

Le mot zélé et bien connu à l’époque puisque désigne une partie de l’organisation  nationaliste de l’époque, les zélotes qui depuis l’époque des Machabées (entre les deux testaments) ont juré de rendre dignité au pays d’Israël et de voir Israël être libérée de l’occupation romaine. Un groupe d’hommes prêts à tout sacrifier pour la cause de la patrie. Et Pierre utilise ce mot très fort pour parler d’engagement pour la cause du bien. On pourrait parler d’un encouragement à la poursuite agressive du bien. Pas de mollesse dans la pratique du bien !

On remarquera que Pierre n’est pas dans l’encouragement « à se faire du bien » comme on l’entend partout aujourd’hui. « Faites-vous plaisir c’est important » nous disent les coaches du bien être intérieur. Mais Pierre parle non de se faire du bien mais de le faire.  Et cet encouragement n’est pas anodin car tout autour de nous semble nous dire que la pratique du bien ne paie pas , faire le bien ça ne donne rien !

Mon épouse Yvonne dans les premières semaines de notre séjour là-bas se trouvait à l’Intermarché d’Orléans. Arrivée à la caisse elle veut aider une dame âgée à mettre ses bouteilles d’eau dans son charriot. A sa grande surprise, la vieille dame lui tape sur les doigts et lui dit :  « Vous voulez me voler ! » Il est évident qu’Yvonne avait l’intention de lui voler toute sa flotte ! Un peu plus loin les membres du personnel d’Intermarché ont fait cette réflexion: « Et voilà, tu fais un BA et on te tape dur les doigts. »

Celui qui veut faire le bien ne reçoit rien en retour et à l’inverse on voit des gens qui pratique le mal et qui semble réussir. C’est la réflexion d’Asaph dans le Psaume 73 : « Pourtant, il s’en fallut de peu que mes pieds ne trébuchent, un rien de plus, et je tombais. J’étais jaloux des arrogants en voyant la tranquillité des gens méchants.
Car ils sont exempts de tourments; jusqu’à leur mort et ont de l’embonpoint. Ils passent à côté des peines qui sont le lot commun des hommes. Ils ne subissent pas les maux qui frappent les humains. »

Le doute est permis sur l’utilité de faire le bien et Il s’en est  fallu que son pied trébuche Mais Asaph s’est ressaisi et à la fin du Psaume, il voit que le véritable bonheur se trouve autre part: v28

Et Pierre balaye aussi nos réticences naturelles à l’égard de la pratique du bien qui ne paie pas en disant le contraire : faire le bien, c’est justement aimer la vie (v10) et voir des jours heureux. Autrement dit : celui qui veut toucher au bonheur, et bien qu’il fasse le bien. La pratique du bien serait-elle la clef du bonheur ? La bible, Parole de Dieu dit oui trois fois oui ! Et il ne s’agit pas trop vite spiritualiser les termes de bonheur et de jours heureux en les renvoyant à la fin des temps ou très loin dans le ciel. Non, pour Pierre et les chrétiens de son temps les promesses sont pour maintenant ! Sans pour autant évacuer le pleine réalisation encore à venir, cette promesse de bonheur dans la pratique du bien est à prendre maintenant !

Et dans le livre des  Proverbes cette vérité biblique est dit de manière la plus claire possible 11 :17-18 « Faire du bien aux autres c’est s’en faire à soi-même. » Une autre version dit : « L’homme bienveillant fait du bien à son âme. » l’homme qui veille sur sa pratique du bien nourrit son âme son jardin intérieur.

Et quand j’ai dit cela à l’Etude biblique mensuelle de l’Eglise de Tarbes, un des médecins qui était là a dit « Mais c’est évident, c’est scientifiquement prouvé : faire le bien c’est se faire du bien »

Je suis allé sur Internet et j’ai lu un Article sur un site de Psychologie qui donnait 7 bonnes raisons pour (se) faire du bien. Le titre de l’article était « Faire preuve de gentillesse, c’est bon pour la santé psychique et physique. Des études et des observations scientifiques le prouvent. » Et voici les raisons pour faire le bien. Faire le bien: 1.Rend heureux. 2. Renforce le système immunitaire 3.soulage la douleur 4. Nous donne du plaisir  5.Améliore les performances des autres. 6 c’est motivant 7. C’est contagieux.

Nous sommes contents de l’apprendre mais la sagesse de Dieu le disait depuis bien longtemps ! Oui, Il y a comme un retour, un feed back à la pratique du bien. Un commentateur écrivait : « C’est celui qui agit qui est le plus affecté par ce qu’il fait. »  Et la gentillesse affecte celui qui en manifeste par des actes concrets.

Illust : Je vous raconte une histoire mais je vous préviens qu’il n’y a aucune vantardise dans ce que je vais dire. En 2001 encore, je me promenais dans mon village à la périphérie de Bruxelles quand deux femmes marocaines que je ne connaissais pas du tout me demandent de l’aide pour un pneu éclaté. J’ai vérifié l’état de leur pneu et de fil en aiguille sans savoir vraiment pourquoi mais j’ai fini par leur prêter ma voiture une belle Peugeot 205 junior.  Elles l’ont prise et… me l’on ramené deux heures après. Et je dois dire que j’étais super content d’avoir eu cette idée qui ne me ressemble pas, moi qui comme la fourmi dans la fable n’est pas prêteuse ! J’ai ressenti comme une espèce de bien être, une sorte de quiétude intérieure. Ce n’était pas l’impression d’avoir accompli quelque chose d’extraordinaire mais d’avoir fait quelque chose de bien et le bien fait du bien. D’autant que deux heures après elle est revenu pour rendre les clefs avec une bouteille de champagne. Mais je n’en avais pas vraiment besoin, j’avais déjà mon retour…des bulles dans mon âme !

Pourquoi ressentons nous ce bien être quand nous faisons le bien ? : Est-ce parce que nous recevons une décharge d’endorphine secrété par notre glande hypophyse située comme chacun sait dans l’hypothalamus ? Peut-être mais ceci n’est qu’un partie de la réponse. Il y a aussi et surtout une explication d’ordre spirituel. Si faire le bien nous fait du bien c’est parce que nous sommes faits à l’image de Dieu qui par nature est bon, qui est le bien personnifié. Et quand nous le pratiquons nous ressentons comme une adéquation avec ce que nous sommes réellement. Des hommes et des femmes à l’image de Dieu, le Dieu du bien, qui pratique le bien jusqu’à donner son propre fils sur une croix pour le bien des autres, jusqu’à souffrir lui-même pour notre bien. Un Dieu qui pratique le bien depuis toujours et qui le fera jusque dans l’éternité.

Quand nous faisons le bien, Dieu qui s’y connaît en bien, sourit et se dit «C’est exactement ce que j’espérais que tu fasses. » Et nous sentons se sourire de Dieu sur nous, cette connivence, cette participation à la nature de Dieu. Et nous sourions aussi. C’est comme un Soleil qui se lève dans notre existence. Le passage d’ Esaïe 58 :10,11 « si tu donnes ton pain à celui qui a faim et si tu pourvois aux besoins de l’opprimé, la lumière luira pour toi au milieu des ténèbres, et ton obscurité se changera pour toi en clarté de midi. » Quelle promesse pour ceux qui veulent s’engager dans la pratique du bien !

Le nouveau testament rajoute que nous avons été préparés pour cela ! C’est quelque part inscrit dans nos gènes d’homo sapiens Ephesiens 2 :10 « Dieu nous sa crées pour une vie riche d’oeuvres bonnes qu’il a préparées à l’avance afin que nous les pratiquions. »  

Ainsi quand nous faisons le bien, nous remplissons l’objectif de notre existence. Quand nous faisons le bien nous sommes pil poil là où nous devons être. Nous saisissons notre destinée en tant qu’être humain. Et quand nous parlons d’adéquation par rapport à notre destinée on s’approche de la notion de bonheur. Car le bonheur c’est bien cela, cette impression diffuse mais claire à la fois, cette conviction qu’on se trouve là où on devait être.

Il y a comme un retour à la pratique du bien. Pas toujours une bouteille de champagne à la clef mais certainement du pétillant dans notre intérieur et ce jusque dans la vie éternelle. Et les destinataire de la lettre de Pierre avait besoin d’entendre cela parce que dans leur contexte, la pratique du bien n’allait peut-être pas de soi. Ils sont dans un contexte de souffrance assez extrême et vivent même une situation particulièrement injuste, ils souffrent alors qu’ils pratiquent le bien ! ça c’est le comble. Ne rien recevoir en retour alors qu’on fait le bien ce n’est déjà pas facile mais souffrir parce qu’on a fait le bien c’est particulièrement difficile. Pierre les encourage à ne pas se lasser dans la pratique du bien. Et nous avons aussi de la lassitude, pour une raison ou pour une autre nous ne voyons plus justement de bonne raison pour pratiquer le bien. Nous qui connaissons peut-être ce matin en cette fin d’année pluvieuse, une petite ou grande baisse de régime dans notre motivation à pratiquer le bien, Pierre nous encourage à continuer à être zélé pour lui.

Paul le fait lui aussi :  2 Thess 3 :13 « Ne vous lassez pas de faire le bien… » 

Galates 6 : 9 « Faisons le bien sans nous laisser gagner par le découragement. Car si nous ne relâchons pas nos efforts nous récolterons au bon moment. »

Parce qu’on pourrait perdre courage. Quand les vents semblent contraires, quand la voie la plus facile serait de ne pas le faire, quand l’adversaire du bien, le Satan nous susurre à l’oreille de nous laisser aller; devant l’immensité de la tâche à accomplir pour faire une petite différence dans ce monde ou le mal abonde… Oui nous pourrions nous décourager de pratiquer le bien. Mais Pierre nous rappelle que là ce trouve le bonheur en tant qu’êtres créés à l’image de Dieu, une image ternie par le péché, càd ce désir insensé de vivre indépendamment de lui mais une image qui se trouve renouvelée en Jésus-Christ qui est par sa mort et sa résurrection devenu vainqueur du mal par le bien de sa vie donnée pour nous . On connait le chant « En lui nous sommes transformés de gloire en gloire et notre vie peut dire son histoire, brille sur moi. » Que l’histoire de jésus, cet homme de bien brille sur moi et sur toi pour que nous soyons des hommes et des femmes qui font chaque jour le choix de faire le bien.

Alors la pratique du bien peut prendre différentes formes mais elle se doit d’être très pratique. Il y a aura des pratiques plus élaborés et organisées comme entrer dans une association (j’avais faim, Apprendre ensemble) ou soutenir une mission (SEL parrainage d’enfants Portes Ouvertes Eglise Persécutée), soutenir l’Eglise aussi qui veut être partie prenante dans cette pratique du bien ou au contraire très simples et spontanés. Encourager un enfant, faire un cadeau à quelqu’un, offrir son sourire, offrir ses services, parler à une vieille dame, soigner quelqu’un, prier pour quelqu’un, écouter quelqu’un, éviter une colère, ne pas être raciste, relever les choses positives, ne pas critiquer, inviter quelqu’un chez soi, dire un mot sympa … Peu importe le flacon du bien pourvu qu’il y a ait le bonheur de faire le bien ! Comme dans la pub pour les motos Suzuki, le bien peut devenir un « way of life », la manière de vivre de vivre pour celles et ceux qui ont été faits à l’image de Dieu.

Chers amis, iL nous faut persévérer dans la pratique du bien. Parce qu’il y a de beaux jours qui attendent ceux et celles qui s’engagent résolument dans cette façon de vivre, il y a des jours ensoleillés (Esaïe) sous le soleil de celui qui nous appelés des ténèbres à la lumière de la pratique du bien.

Et nous pourrions dire comme Asaph, vous savez, celui qui a failli trébucher alors qu’il voyait le succès du mal autour de lui. Nous pourrons dire comme lui après avoir médité la Parole : « Pour moi m’approcher de Dieu c’est mon bien. »

Chant: Seigneur par la clarté de ton amour