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Justice, paix et bonté

Bonjour à tous. Il y a deux semaines, j’ai prêché sur le début du chapitre 5 de l’Évangile de Matthieu, c’est-à-dire les fameuses béatitudes. Ces courtes maximes que le Christ adresse à ses disciples et qui nous décrivent l’espérance des chrétiens jusque dans l’éternité, mais également la manière dont ça rejaillit dans notre vie présente.

Ces béatitudes, le Christ nous les donne dans un contexte de douleur, de souffrance et de persécution, parce qu’il sait que si le monde a rejeté notre maître, il rejettera également ses disciples. Et effectivement nous avons encore une fois cette semaine été témoins de la violence de ceux qui luttent contre Dieu et contre ceux qui croient en lui.

Et ce matin, j’ai eu à cœur tout particulièrement de pouvoir explorer un peu plus ce fameux sermon sur la montagne qui développe ce qui est introduit par les béatitudes. Alors le sermon sur la montagne couvre 3 chapitres, on va pas tout explorer ce matin, mais nous allons regarder quelques passages qui décrivent un peu plus 3 des béatitudes : heureux ceux qui ont faim et soif de justice, heureux ceux qui témoignent de la bonté, et heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix.

Pour cela nous allons donc lire plusieurs passages au cours de cette prédication, et nous commençons par les versets 21 à 26, toujours dans le chapitre 5 de l’Évangile de Matthieu.

Lecture Matthieu 5.21-26

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice. Mais n’oublions pas que dans le cadre des béatitudes le Christ parle à ses disciples avant tout de rechercher notre propre justice devant Dieu, pas de regarder à celle des autres, pas de juger les autres, pas de condamner les autres, mais de se regarder soi-même en premier.

Avoir faim et soif de justice c’est en premier lieu vouloir être en paix vis-à-vis de la justice divine. C’est désirer de tout son cœur recevoir le pardon pour nos fautes. Ce pardon nous est accordé en Jésus-Christ si nous sommes sincères, ça nous le savons. Mais il ne doit pas devenir une excuse pour se sentir détaché de cette notion de justice.

La violence même verbale, les insultes, blesser l’autre même par des mots qui ne semblent pas grossiers, comme « imbécile », c’est déjà faire du mal à l’autre. Alors je ne parle pas de la franche camaraderie un peu bourrue qui peut nous faire gentiment nous traiter entre amis de « boulet », ou autres sobriquets qui n’ont rien de méchant dans le cadre d’une amitié bien comprise de part et d’autre. Mais je parle de mots, même simples, mais qui font mal.

C’est déjà se montrer coupable envers l’autre. Mais si nous sommes coupables envers notre frère ou notre sœur, cela veut dire que c’est avant tout devant Dieu que nous nous sommes rendus coupables.

Rechercher la justice pour soi-même, cela revient alors à rechercher le pardon. Et comme nous sommes coupables à la fois envers Dieu et envers notre frère, et bien c’est auprès de ces deux personnes qu’il nous faut rechercher le pardon.

Dans notre texte, nous avons une personne qui s’est rendue coupable envers son frère, et donc aussi envers Dieu. Et elle se présente devant Dieu pour faire une offrande au Seigneur. Une offrande très probablement en signe de repentance, un sacrifice à cause du péché, pour chercher le pardon et la réconciliation avec l’Éternel.

Mais Jésus nous dit que sa démarche est faite à l’envers. Qu’est-ce que tu fabriques ? Pourquoi chercher le pardon de Dieu alors que tu n’as pas eu l’honnêteté et l’humilité de te réconcilier avec ton frère que tu as blessé ?

Laisse là ton offrande, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis tu reviendras présenter ton offrande.

De nos jours, on a du mal à se rendre compte des conséquences de ce que demande le Christ. Parce qu’à l’époque, les sacrifices ne pouvaient être offerts qu’au Temple de Jérusalem. Tous les juifs qui voulaient faire une offrande devaient faire le voyage depuis chez eux jusqu’à Jérusalem, bien souvent à pied, et ça pouvait prendre des jours de voyage ! Alors devoir repartir dans son village, pour se réconcilier, puis revenir à Jérusalem pour faire une offrande, c’est pas quelque chose de banal ! C’est un geste qui coûte ! Imaginez-vous perdre une semaine entière de vacances uniquement pour vous réconcilier avec une personne ! C’est de ça dont Jésus est en train de parler !

Le Christ ici est en train de dire que peu importe ce que ça te coutera de retourner vers ton frère avant de rechercher le pardon de Dieu. Peu importe le temps que ça prendra, les jours de voyages qui seront nécessaires, l’humilité ou les efforts que ça te demandera. Il te FAUT chercher avant tout la réconciliation avec l’autre, avant même de penser à ta réconciliation avec Dieu.

Parce que les béatitudes nous disent que ceux qui ont faim et soif de justice pour eux-mêmes sont également ceux qui répandent autour d’eux la paix. Comment pourrions-nous nous dire enfants de Dieu, recherchant la justice pour nous-mêmes devant le Seigneur, si nous ne répandons pas la paix autour de nous ?

La relation du disciple avec Dieu ne PEUT PAS être conçue indépendamment de notre relation avec notre prochain.

(pause)

Avoir soif de justice en étant un ouvrier de paix. C’est déjà pas facile lorsque nous sommes l’offenseur. Mais qu’en est-il lorsque que nous sommes l’offensé, le maltraité, le persécuté ?

Et bien le Christ nous en parle toujours dans ce même sermon sur la montagne, toujours au chapitre 5 de l’Évangile de Matthieu, les versets 38 à 42.

Lecture Matthieu 5.38-42.

La loi du Talion. Œil pour œil, dent pour dent. Ce proverbe nous décrit en fait ce qu’est la logique humaine de l’injure et de l’honneur. Une gifle est un geste plus insultant que dangereux. C’est l’honneur qui est bafoué plus que l’intégrité physique. Et pas seulement la gifle, mais toutes les situations que le Christ évoque ici sont des situations de la vie quotidienne : une gifle reçue, un procès de quelqu’un qui veut obtenir quelque chose, un fardeau qui nous est imposé de façon arbitraire, ou plus simplement la demande au sens général. Ici c’est l’honneur qui est en jeu plus qu’autre chose.

Et la logique humaine de l’injure et de l’honneur c’est de répondre à cette injure par une injure au moins équivalente pour rétablir son honneur. Pour maintenir sa dignité.

Mais le Christ rappelle à ses disciples que ce qui fait leur dignité, ce qui fait leur honneur, ce qui fait leur gloire, c’est Dieu, ce n’est pas l’opinion de celui qui insulte. Paul dans son épître aux Philippiens au chapitre 3 dit la même chose avec des mots différents lorsqu’il écrit « tout ce en quoi je pourrais me confier, je le considère comme une perte à cause de ce bien suprême : la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. À cause de lui, j’ai accepté de perdre tout cela, oui, je le considère comme bon à être mis au rebut, afin de gagner le Christ. Mon désir est d’être trouvé en lui, non pas avec une justice que j’aurais moi-même acquise en obéissant à la Loi mais avec la justice qui vient de la foi en Christ et que Dieu accorde à ceux qui croient. ».

Ceux qui ont faim et soif de justice pour eux-mêmes sont rassasiés par Dieu. C’est de Lui que vient la vraie justice. C’est ce qui fait notre dignité, notre honneur. Ce n’est pas une justice que l’on peut acquérir nous-mêmes en suivant la loi du Talion, cette logique humaine de l’injure, de l’honneur et de la vengeance. Mais notre justice nous vient de la foi en Christ, et c’est Dieu qui l’accorde à ceux qui croient.

Pour les humains, la réaction logique à l’insulte est l’insulte, la réaction logique à la violence est la violence. Et c’est parfois même le but recherché par l’offenseur : provoquer l’autre.

La demande de Jésus a pour effet de briser la logique violente, elle prive l’offenseur de la réaction qu’il attend, elle l’interroge et elle le place devant un choix délicat : va-t-il insulter à nouveau alors que rien ne se passe ?

Pour l’offensé, Jésus demande quelque chose de difficile. Cela implique la maîtrise de notre propre violence, ce qui n’est déjà pas simple. Mais ça demande aussi du courage : le courage de choisir de répondre en dehors du cycle de la violence.

Ceux qui ont faim et soif de justice doivent également être des ouvriers de paix, et pour cela les béatitudes nous disent qu’ils doivent témoigner de la bonté.

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice. Heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix. Heureux ceux qui témoignent de la bonté. Cela revient donc à aimer, même celui qui nous fait du mal.

Et c’est ce que le Christ nous dit dans ce passage qui sera le dernier pour ce matin, toujours en Matthieu chapitre 5, les versets 43 à 48.

Lecture Matthieu 5.43-48.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Aimer nos ennemis ? Prier pour eux ? Ca veut dire quoi ? Est-ce que ça veut dire qu’il faut fermer les yeux sur le mal qu’ils font ? Est-ce que ça veut dire faire comme si rien ne s’était passé ?

Non. C’est tout le contraire. Celui qui nous fait du mal est coupable envers nous, et il est donc également coupable envers Dieu. Sa culpabilité envers nous c’est déjà quelque chose de grave, c’est surtout grave pour celui qui subit la violence, la haine, la maltraitance. Mais la culpabilité devant Dieu est quelque chose de plus grave encore pour celui qui nous a fait du mal, parce qu’elle le rend ennemi de Dieu et qu’elle le condamne jusque dans l’éternité.

Aimer notre ennemi, c’est souhaiter qu’il échappe à ce sort désastreux. C’est désirer qu’il puisse ne plus être coupable devant Dieu. C’est lui souhaiter la justice pour lui-même. C’est espérer qu’il puisse rencontrer le Christ, qu’il soit convaincu de son pêché, qu’il s’humilie devant Dieu en demandant son pardon pour être justifié et recevoir le salut ! Et si vous vous souvenez du passage avec l’offrande, ça implique donc prier pour qu’il en vienne également à venir rechercher le pardon et la réconciliation auprès de nous.

Aimer son ennemi et prier pour lui, c’est désirer de tout son cœur et prier pour que notre ennemi puisse trouver la réconciliation avant tout avec Dieu, et donc également avec nous-mêmes.

Vous allez me dire cela parait insensé, incroyable, inhumain comme réaction ! Comment réagir ainsi envers ceux qui nous font du mal injustement ?

Et bien la Bible nous donne 2 exemples de personnes qui, jusqu’au bout, même jusqu’à la mort, ont aimé leurs ennemis. Ces personnes, jusqu’au dernier moment, on prier Dieu pour que leurs bourreaux en viennent à ne plus être coupable devant le Seigneur de leur crime, de leur meurtre.

La première de ces personnes, c’est le Christ lui-même qui sur la croix adressait à Dieu cette prière : « Père, pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Alors vous me direz que c’est de la triche, c’est le Christ, c’est Dieu lui-même, il est capable de choses dont nous sommes incapables !

C’est vrai, mais il nous donne son Esprit pour nous rendre capable de ce qui parait impossible. Et c’est par l’Esprit qu’une deuxième personne rapportée par la Bible a adressé à Dieu une prière similaire à celle du Christ. Cette personne c’est Étienne, le premier martyr. Alors qu’il était mis à mort à coup de pierres, voici ce que nous rapporte le livre des Actes : « Puis il tomba à genoux et, de toutes ses forces, lança un dernier cri : – Seigneur, ne leur demande pas compte de ce péché ! Après avoir dit ces mots, il expira. ».

Ne leur demande pas compte de ce péché. Ces quelques mots montrent qu’Étienne souhaite que ses ennemis en viennent à ne plus être coupables devant Dieu de ce meurtre. Il sait très bien que ce n’est pas sa prière qui les lavera de leur culpabilité. Mais sa prière reflète son désir pour ses ennemis : qu’ils en viennent à rencontrer le Seigneur, qu’ils reconnaissent leur péché, qu’ils s’en humilient devant Dieu, et qu’ils reçoivent son pardon.

Aimer notre ennemi, ce n’est pas faire comme s’il ne nous avait rien fait. Au contraire. C’est avoir une telle conscience de la gravité de leurs actes et de l’ampleur de la condamnation qui les attend que nous en venions à souhaiter pour eux de recevoir le pardon de Dieu.

Et si effectivement nous venons de parler de cas extrêmes, comme les meurtres du Christ et d’Étienne, n’oublions pas le premier passage que nous avons lu aujourd’hui : « Vous avez appris qu’il a été dit à nos ancêtres : « Tu ne commettras pas de meurtre. Si quelqu’un a commis un meurtre, il en répondra devant le tribunal. » Eh bien, moi, je vous dis : Celui qui se met en colère contre son frère sera traduit en justice. Celui qui lui dit « imbécile » passera devant le tribunal, et celui qui le traite de fou est bon pour le feu de l’enfer. ».

Pas besoin de tuer pour se rendre coupable envers notre prochain.

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice. Heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix. Heureux ceux qui témoignent de la bonté. Ou pour dire ça autrement heureux ceux qui aiment Dieu et qui aiment leur prochain comme eux-mêmes.

Ce que nous demande le Christ n’a pas pour but uniquement notre paix, notre justice ou notre joie. Il y a un but plus grand à tout ça. Et le Christ nous le dit au verset 16 de ce chapitre 5 de l’Évangile de Matthieu : « C’est ainsi que votre lumière doit briller devant tous les hommes, pour qu’ils voient le bien que vous faites et qu’ils en attribuent la gloire à votre Père céleste. »

Témoigner dans nos vies de la paix, l’amour et la justice que nous avons reçus de Dieu afin que les hommes voient et connaissent ce Dieu d’amour, de justice et de paix. Voila le but que doivent poursuivre les disciples du Christ. Voila le but de la vie de ceux dont nous parlent les béatitudes, ceux à qui le Royaume des Cieux appartient, ceux que Dieu reconnait pour ses enfants.

Et nous avons reçu une très belle exhortation de la part du CNEF, le Conseil National des Évangéliques de France. Cette lettre sera affichée à la sortie, mais vous pouvez également la retrouver sur le facebook de notre Église. Voici cette exhortation.

Lecture communiqué du CNEF.

Et pour terminer ce temps de prédication, je souhaite vous inviter à répondre à cet appel à la prière. Je vous propose d’avoir maintenant un temps de prière libre, notamment pour les sujets de prière proposés par le CNEF. Prions librement, à haute voix ou dans le silence, librement, et je terminerai ce temps par une prière.

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