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Notre attitude envers les outsiders — Colossiens 4:5-6

A Pau, j’ai eu l’occasion d’aller dans le village du tour de France. Je m’étais dit que j’allais pouvoir parler aux coureurs ou les approcher. Et j’ai eu la surprise de voir que tout était fermé au public par des barrières de sécurité. Fermé, à ceux du dehors qui n’ont pas leur accréditation. Personne du dedans pour me dire à moi qui étais dehors de venir les rejoindre, pourtant je connaissais le nom de Thomas Voekler, des frères Slek, de Cadel Evans… même ceux autour au camion de la Rabobank, équipe hollandaise ne m’ont pas fait signe de les rejoindre. C’était un village complètement fermé.

Et l’Eglise serait-elle comme le village du tour de France, fermée sur ceux du dehors ?

Lisons Col 4 : 5-6 : « Conduisez-vous avec sagesse dans vos relations avec ceux du dehors, en mettant à profit toutes les occasions qui se présentent à vous. Que votre parole soit toujours empreinte de la grâce de Dieu et assaisonnée de sel pour savoir comment répondre avec à-propos à chacun. »

Lors des cultes précédents, nous avons abordé le thème de notre identité en Christ, puis les conséquences de cette nouvelle identité dans notre vie quotidienne et relationnelle. Dans un troisième temps, nous avons fait un rappel de choses importantes et en particulier la prière et les états d’urgence dans lesquels la prière intervient.

Un autre état d’urgence se présente : l’attitude à avoir envers ceux du dehors… Une expression qui a certainement attiré votre attention. Ceux du dehors « tous EXO » en grec. Exo comme le groupe de musique de louange bien connu en Europe, ceux de l’extérieur. Ce qui suppose qu’il y en a qui sont dedans.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Vous avez certainement déjà vu dans un film de gangsters, une bande qui se prépare à faire un casse. Le meneur, genre Brad Pitt ou autre demande aux autres : « Are you in ? » Et les autres, l’un après l’autre de répondre d’un ton grave : « I’m in ! Oui, j’en suis ! » Grand moment de cinéma ! Mais être dedans pour Paul, cela ne veut pas dire que l’on fait partie d’une bande ou d’être dans le coup, ou dans une ambiance dans laquelle on se sent bien ou pas. Être dehors ou dedans fait référence aux deux premiers chapitres de l’épître, la question de l’identité ou du positionnement en Christ. Être dedans, c’est être chrétien, recevoir de Dieu cette nouvelle identité en lui, trouver en Jésus Christ ce nouveau positionnement qui permet de vivre différemment, c’est avoir saisi cette main tendue de Dieu et avoir accepté son amour et son pardon, de se reconnaître comme son enfant et de faire partie de sa famille…

Être dedans : cela ne veut pas dire qu’on a tout compris de la foi et qu’on marche dans la sainteté absolue mais ça veut dire qu’on désire faire route avec Dieu, dans l’amour du Père, la Grâce de Jésus et l’énergie du Saint Esprit.

Être dehors c’est évidemment ne pas être dedans, de ne pas avoir fait ce pas, ce pas de la foi ou du moins pas encore. Et tout est dans le pas encore, pas encore dedans. Un petit mot mais très important ! Et c’est vrai qu’avec ces expressions dehors/dedans on est tenté d’en rester là… Je suis dedans, t’es dehors, tant pis… Moi je suis bien dans mon village avec accréditation tant pis pour toi.

Mais ce n’est pas du tout dans cet esprit que Paul utilise cette expression « ceux du dehors ». Pas du tout dans un esprit de suffisance, de protectionnisme. Quand il parle de ceux du dehors c’est avec un intérêt tout particulier pour eux, avec même un fardeau pour tous ceux qui ne connaissent pas encore Jésus-Christ. Ils sont dehors mais le souci c’est qu’ils puissent venir dedans. S’il passe sa vie à voyager, s’il est maintenant en prison c’est parce qu’il se sent concerné par ceux du dehors et qu’il n’a de cesse de leur annoncer la Bonne nouvelle de la libération en Jésus-Christ.

C’est le fardeau de Paul, c’est le fardeau de Jésus qui est pris par un sentiment de profonde compassion pour ces foules du dehors qui semblent lasses comme des brebis sans berger comme nous le voyons dans Matt 9 :36. Et ce berger est prêt à aller chercher la 100° brebis perdue, en dehors du troupeau pour qu’elle revienne dedans, il la porte dans ses bras (Luc 15). C’est ce berger qui dit avoir d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie, mais qui sont dans le champ de son amour. Jean 10 En dehors de sa bergerie mais pas en dehors de son amour!

Est-ce aussi un fardeau pour moi et pour toi, et pour nous ensemble dans cette Eglise ?

Est-ce que je me sens concerné par ceux du dehors, mes voisins, ceux de mon travail, ceux de ma classe, ceux de ma famille qui ne sont pas encore chrétiens… Est-ce que je me sens concerné par tous ceux qui m’entourent pour qu’ils puissent venir « dedans » et connaitre Jésus Christ ?

J’ai intitulé ce message « Notre attitude envers les outsiders », j’ai pris le mot outsider, un mot franglais qui traduit bien l’expression biblique et qui souligne aussi tout l’espoir que l’on peut avoir en l’outsider (celui qui est dehors). L’outsider dans les courses de chevaux, c’est celui qui n’est pas dans la liste des trois premiers, mais qui peut y entrer.

« Voici l’outsider, à 50 contre 1 qui arrive en tête dans le ligne droite des tribunes, casaque verte qui prend la corde et sur la dernière ligne droite coiffe tout le monde au poteau, quelle merveilleuse course ici à Longchamp ! Disait Léon Zitrone pour prendre un commentateur d’aujourd’hui! L’outsider peut entrer dans le groupe des vainqueurs.

Oui ceux du dehors peuvent entrer. Est-ce que nous y croyons encore à cela, que votre patron grognon peut devenir chrétien, que votre voisin avec sa haie envahissante peut donner son cœur à Christ, que votre beau-frère peut se convertir ? Je dois confesser que j’oublie cela. J’oublie que ces gens autour de moi sont perdus et quelque part malheureux sans Jésus. Que bien des personnes vivent dans la solitude et dans la culpabilité, que bien des personnes ont soif de quelque chose de différent.

Je lisais un livre du Théologien écossais NT Whright (Chrétien tout simplement) qui parlait de cette soif bien présente. Wright pendant plusieurs pages nous raconte l’histoire d’une société qui a tout bétonné, qui a mis une dalle en béton sur toutes les sources d’eau bouillonnantes parce que cela faisait désordre. Ce dictateur a mis à la place tout un système pour diriger l’eau, pour mieux contrôler, il ajoute même un peu de produit dans l’eau pour calmer les gens, un peu de matérialisme, de consumérisme pour satisfaire la demande. Cela marche pour un temps mais à un moment les sources d’eau bouillonnantes sous la dalle de béton exercent une telle pression qu’elle se fissure à plusieurs endroits, les sources bouillonnantes explosent un peu partout parce qu’aucun béton ne résiste à la soif de spiritualité, à la soif d’un autre sens… Alors ça bouillonne dans tous les sens et parfois pas dans le bon. Mais la soif de quelque chose de plus grand, de plus fort, de plus rafraichissant, de plus authentique est bien là !

Et toutes ces personnes sont dehors et elles ont soif et attendent que quelqu’un leur dise d’entrer et leur donne de bonnes raisons pour entrer. Et parfois, Dieu me remet à l’ordre et me réveille : et toi, qu’est-ce que tu fais pour eux ? 

Billy Graham cet évangéliste du XXème siècle qui a rempli des stades pour parler de l’Evangile disait aussi : « le plus difficile est de parler de Jésus à mon coiffeur. » Moi je l’ai fait ! Mais je le dis en toute humilité parce que je n’ai aucun mérite, mon coiffeur n’attendait que cela. J’y suis allé 5 fois en un an. Les 2 premières fois on a parlé musique et cinéma pendant une demi-heure. Et la 3ème fois j’ai dit que j’étais pasteur et alors là c’est parti. Un peu dans tous les sens, mais il m’a dit avoir lu le livre d’Éric Emmanuel Schmitt « l’évangile selon Pilate » qui parle des arguments en faveur de la résurrection de Christ, et qu’il était d’accord avec ça. Incroyable ! La dernière fois il a pris 50 minutes pour me couper les cheveux et pourtant il n’y en avait pas plus que d’habitude.

Je vois cela comme un clin d’œil de Dieu. Comme s’il me disait : « Tu vois Éric les gens ne sont pas si indifférents que cela à la foi chrétienne, c’est peut-être à toi de retrouver une nouvelle sensibilité pour les outsiders ! » Retrouver une nouvelle attitude à l’égard des outsiders. Et Paul nous parle de cette attitude et il nous parle en premier lieu de sagesse

MARCHER DANS LA SAGESSE

Il met tout particulièrement l’accent sur le mot sagesse. « En sagesse, marchez parmi ceux du dehors. » Conduisez-vous sagement.

J’ai lu, il n’y a pas longtemps quelque chose de très intéressant sur l’Eglise du premier siècle qui éclaire bien l’exhortation de Paul. En Asie mineure (Colosses) et dans tout l’empire romain, malgré la pax romana, il y avait de l’agitation sociale, de la contestation contre l’aristocratie. Et les foyers révolutionnaires ou contestataires se trouvaient au sein d’associations et de corporations en tout genre qui organisaient des fêtes et des banquets. Et très rapidement on a soupçonné les Eglises d’être de ces foyers d’agitateurs. On a fait l’amalgame. C’était faux bien sûr mais le risque d’amalgame était tout à fait réel.

Et Paul dit : « Faites attention, conduisez-vous sagement pour ne pas prêter le flanc aux critiques, aux accusations. Faites attention par rapport à votre conduite, on vous regarde ! »

Si on veut véritablement être un témoin de Jésus-Christ dans ce monde qui nous regarde, il nous faut nous conduire personnellement et communautairement en toute sagesse. Et la sagesse veut que lorsque on est en Christ, il y a deux sortes de choses qui peuvent avoir de l’effet sur les observateurs. Les choses que l’on ne fait pas et ensuite les choses que l’on fait.

  1. Des choses à ne pas faire

Pour que notre attitude ne soit pas un obstacle pour ceux du dehors, il y a des choses à ne pas faire. Jacques dit : « La religion authentique et pure aux yeux de Dieu, le Père, consiste à aider les orphelins et les veuves dans leurs détresses et à ne pas se laisser corrompre par ce monde »

Ne pas se laisser corrompre par le monde, le vocabulaire est un peu dépassé, fait un peu puritain mais l’actualité de l’état de corruption du monde demeure.

On ne va pas faire l’état des lieux de notre société mais quand je regarde les nouvelles, j’ai un mot qui revient : sordide…

La maltraitance des enfants, la traite des personnes, les violences faites aux femmes, les injustices flagrantes, la pollution de la planète, le commerce injuste, l’indifférence face à la pauvreté, la violence à tous les étages, la calomnie sans frein, l’hypocrisie et l’égoïsme galopant, le racisme latent, l’antisémitisme qui revient.

Vous pourriez ajouter certaines choses à cette liste hélas non exhaustive… De tout cela, il faut pouvoir s’en démarquer, en tant que chrétien se préserver du sordide. Et l’Eglise, et chacun de nous dans l’Eglise ne doit pas se laisser tout doucement corrompre ou simplement rester indifférent à ce sordide :

Cela ne veut pas dire de sortir du monde, on y est bel et bien et on veut y rester dans ce monde que Dieu aime, mais on veut veiller à ne pas être absorbé dans ce sordide ou être complice par notre indifférence. Dieu dit dans sa parole La Bible « Vous serez Saint, car je suis Saint ». Il y a un appel à la sanctification très clair, pour que nos vies soient en rapport avec notre identité de chrétien mais aussi pour le témoignage envers ceux du dehors. Quel intérêt en effet y-aurait-il à entrer dedans si c’est la même chose que dehors ? S’ils sont aussi méchants dedans que dehors, s’ils sont aussi indifférents dedans que dehors ?

  1. Des choses à faire

La liste des choses à faire pourrait être très longue et fastidieuse. Il faudrait aimer son conjoint, payer ses impôts, être gentils avec ses amis, donner un peu d’argent, bien travailler. Fastidieux et un peu tristounet, on se demande même si au bout de cette liste notre témoignage aurait vraiment de l’impact. Tout le monde fait cela !

Est-ce que justement la conduite sage envers ceux du dehors n’est pas de regarder au Nota Bene de cette liste qui dit, un NB que Jésus écrit lui-même : « Faites-en un peu plus! »

Faites un kilomètre en plus quand on vous demande d’en faire un, donnez en plus votre chemise quand on s’attend au manteau (Matth 5 :47). C’est le sermon sur la montagne. C’est le message de Jésus, aller au-delà de l’humanitaire, des attentes normales de l’homme normal. Le petit plus tout à fait gratuit, tout à fait désintéressé, c’est ce qui fait la différence. C’est ce Nota Bene qui rend témoignage du plus de Dieu, de la présence de Christ dans nos vies.

« Si vous saluez vos amis, dit Jésus, que faites-vous d’extraordinaire ? »

Vous savez ce qui a été déterminant pour l’expansion du Christianisme dans les premiers siècles : le témoignage des chrétiens lors des épidémies de peste. Alors que tout le monde quittait les villages pestiférés, les chrétiens restaient pour soigner les malades et quand la population revenait, il voyait des survivants, des membres de leur famille qui avaient été soignés par des chrétiens. Ces chrétiens qui étaient restés, certains étaient morts et d’autres avaient survécu. Et ce témoignage a lancé le christianisme autant peut-être que l’implantation d’Eglises de Paul. C’est le témoignage des chrétiens auprès de ceux du dehors. Un témoignage de l’amour qui en fait plus que la normale.

SAISIR LES OCCASIONS

Se conduire sagement, des choses à ne pas faire, des choses à faire.

Mais on ne peut s’arrêter là. Le témoignage ne peut se limiter à un style de vie, aussi pur et aussi engagé soit-il. Il nous faut « racheter le temps » comme dit Paul au verset 5 littéralement. « Rachetez le temps », verbe vraiment commercial utilisé ici, faites du profit avec le temps, tirer profit du temps : saisissez les occasions de parler, de témoigner verbalement de Christ. Pendant que vous marchez, parlez. Au sein de votre conduite sage, prenez l’occasion de témoigner de Christ. S’il y a des choses à ne pas faire, s’il y a des choses à faire, il y a aussi des choses à dire, des occasions à prendre.

Et Paul est un spécialiste de l’occasion dans des contextes tout à fait hostiles, devant les tribunaux, devant des foules en colère, il trouve l’occasion de parler de Christ… « avant de battre, me mettre en prison voire même de me tuer, je voudrais quand même ajouter un petit quelque chose. Christ est mort et ressuscité et je voudrais vous raconter ce que cela a pu changer dans ma vie, j’étais à cheval sur la route de Damas… »

On ne lui demandait rien mais la parole lui brûlait la bouche.

Et il dira à son jeune collègue Timothée un peu timide : « Prêche la parole en toute occasion, favorable ou non » (II Tim 4 :2). On note que le mot « favorable ou non » concerne surtout Timothée et donc celui qui parle, que tu te sentes bien ou pas, que tu sois à l’aise ou pas, que tu sois confortable en pleine possession de tes moyens ou pas. C’est cela se saisir de l’occasion. Pas attendre que tout soit prêt pour parler de Dieu à ceux qui nous entourent. Et cela nous remue un peu, n’est-ce pas ?

Mais il ne s’agit pas non plus de faire n’importe quoi. Il s’agit de parler en Grâce !

PARLER EN GRÂCE

  1. La grâce

Comme dans le premier point « marchez en sagesse » il y a un lieu pour le témoignage chrétien, un contexte pour la parole qui témoigne de Christ. Ce lieu, ce contexte, c’est la grâce. « Parlez en grâce », « que votre parole soit toujours en grâce », « marchez en sagesse, parlez en grâce » : on retrouve la même expression dans un autre passage de l’épître, où il est question du chant dans l’Eglise. Vous vous souvenez, n’est-ce pas ? Col 3 :16 « En grâce, chantez à Dieu » et les traducteurs ont cru bon d’ajouter entre parenthèses, « sous l’inspiration de la grâce ».

Et on pourrait certainement ajouter cela pour le témoignage verbal : parlez sous l’inspiration de la grâce. Que la grâce de Dieu, c’est-à-dire l’accueil de Dieu en Jésus Christ vous inspire constamment. Parlez en état de grâce, en ayant la mort et la résurrection de Christ en tête et sur le bord des lèvres.

Parler en grâce, c’est témoigner de Christ, c’est tout simplement parler du Christ mort et ressuscité. Il est mort pour toi, il est ressuscité pour toi ! Il t’aime, il prend sur lui tes fautes et ta détresse et il a pour toi un avenir fait d’espérance… On peut parler théologie avec les gens, ou littérature ou philosophie ou de la psychologie et ces matières sont très intéressantes et utiles mais à un moment il nous faut parler de Jésus Christ car c’est lui qui va faire la différence dans la vie des gens. Christ seul selon la formule de la Réforme protestante. Paul parlait sous l’inspiration de la grâce, quand il dit aux Corinthiens qui le contestaient « Je n’ai rien voulu savoir d’autres parmi vous que Jésus Christ crucifié » (I cor 2 :2). Rien d’autre que l’Evangile, l’Evangile de la grâce.

J’entends déjà d’ici, les évangélistes de notre communauté, ceux qui ont le don d’évangéliser, sortir leurs armes et se dire qu’ils vont canarder tous azimuts cette semaine.

  1. Le sel

Mais il faut ranger vos armes, il y a un deuxième point pour la parole à dire envers ceux du dehors, un deuxième ingrédient plutôt : le sel « assaisonnez de sel pour que vous sachiez comment répondre à chacun ». Paul dit bien du sel, pas du poivre, ni du piment ou de l’arsenic !

Il ne s’agit pas d’entrer comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le sel est une image déjà employée par Jésus : « Vous êtes le sel de la terre » dit-il à ceux qui le suivent, c’est vous qui donnez du goût à ce monde à ce monde fade, c’est vous qui donnez de l’espoir, du sens, de la saveur à ce monde qui se perd. Et il rajoute ses mots « Si le sel perd sa saveur il est juste bon à être jeté et foulé aux pieds ». On pourrait dire : Sans goût c’est sans espoir ! Et c’est la même chose pour nos paroles envers ceux du dehors : sans goût elles restent sans espoir. Si elles n’ont pas de saveur, elles n’ont aucun effet, si « elles ne goutent pas » comme on dit en Belgique, elles ne communiquent pas de grâce pour ceux qui cherchent.

C’est quoi une parole qui « goûte bon », ce n’est pas une parole dégoulinante de douceur, c’est une parole qui tient compte de la personne en face, parole adaptée à la situation de chacun (afin que vous sachiez répondre à chacun). Dans les paroles du chrétien, dans les paroles qui communiquent la grâce de Dieu, il y une place pour la sensibilité à l’égard de chacun, de chaque situation, de chaque personnalité. Une parole bien salée, c’est une parole à propos, donnée en toute sensibilité.

Pv 25 : 11 « Des pommes d’or sur un collier d’argent (un véritable bijou) telle est une parole dite à propos. »

Et ce que veut dire Paul quand il parle de se faire tout à tous. « Je me suis fait tout à tous.» Il veut être sensible à la personne avec laquelle il discute, la comprendre, savoir ce qui est important pour elle, ce qui la touche ou au contraire ce qui la met en colère. « J’ai pris le style juif, avec les Juifs, j’ai pris le style grec avec les Grecs. » On lui a reproché de faire dans l’accommodation, d’être une girouette mais il avait du sel Paul ! Et il invitait les Colossiens à en mettre aussi dans leurs témoignages verbaux. Et Paul insiste bien sur la finalité de cette attitude, il ne fait pas cela pour se fondre dans la masse ou pour ne pas faire de vagues, il est sensible à l’autre « afin d’en gagner de toutes manières quelques-uns à Christ ».

Mais plus que le sel, on a peut-être encore plus besoin de zèle pour pouvoir parler de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ autour de nous. Il y a sur la diapo un texte détourné qui le dit bien « Passe-moi l’zèle » Du zèle… c’est vrai qu’on en manque… Où est-il parti ? Pour le retrouver peut-être faudrait-il nous replacer devant cette grâce de Dieu, cet amour de Dieu pour tous les hommes et les femmes de ce monde, pour mon prochain qui a soif de quelque chose. Et d’avoir ce souci pour les autres, et aussi le désir ou même la volonté de sortir de ma zone de confort pour partager ce trésor de l’Evangile.

J’ai parlé de fardeau mais c’est pesant un fardeau, il faudrait parler de joie plutôt à partager d’un trésor inestimable, comme nous le montre la petite parabole de Jésus. « Le royaume des cieux ressemble à un trésor enfoui dans un champ. Un homme le découvre : il le cache de nouveau, s’en va, débordant de joie, vend tout ce qu’il possède et achète ce champ. » Matthieu 13 :44

On fait tout pour un trésor et surtout on est prêts à l’annoncer à qui veut l’entendre et avec le sourire en plus ! Sur la diapo on voit un conseil d’Eglise très sérieux qui s’interroge sur la manière d’annoncer l’évangile aujourd’hui, au bout de la table une petite fille réplique « et si on essayait de l’annoncer avec le sourire ? »

Le sel, la grâce, la sagesse pour que ceux du dehors, les outsiders, puissent venir à la rencontre du Sauveur et goûter combien il vaut la peine d’entrer non pas dans le village du tour de France mais dans le royaume éternel de Dieu !

C’est toute notre mission, celle de l’Eglise et la tienne.

Par sa grâce et pour sa gloire !