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Passons de l’autre bord

Aujourd’hui, tout le monde se plaint que les gens ne s’engagent plus ! Les associations ont de moins en moins de bénévoles, les partis politiques n’ont plus de membres, même les Eglises se plaignent du phénomène. Certains sont nostalgiques du temps jadis où, paraît-il les gens s’engageaient. La fleur au fusil comme en 14 !

Mais en même temps, il semble qu’à l’époque de Jésus il y avait déjà des problèmes au niveau de l’engagement. Il semblerait que Jésus lui-même ait eu quelques difficultés à ce que les gens s’engagent à sa suite. A un moment de son ministère sur cette terre, il s’adresse à la foule de sympathisants vers l’an 30 du premier siècle et il leur demande de passer de l’autre bord…

Matthieu 8 :18-23 « Lorsque Jésus se vit entouré d’une foule nombreuse, il donna ordre à ses disciples de passer de l’autre côté du lac.

19 Un spécialiste de la Loi s’approcha et lui dit: Maître, je te suivrai partout où tu iras.Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête. Seigneur, lui dit un autre qui était de ses disciples, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. Mais Jésus lui répondit: Suis-moi et laisse à ceux qui sont morts le soin d’enterrer leurs morts.

 Il monta dans une barque et ses disciples le suivirent.

On le voit dans le texte, il y a un certain nombre de raisons pour ne pas s’engager. Au moins deux :

L’engagement impliquerait un certain renoncement. On le voit avec l’intellectuel enthousiaste à qui Jésus demande s’il est prêt à quitter son confort de scribe pour entrer dans la barque.

Jésus lui parle en fait de l’inconfort de l’engagement. Le fils de l’homme n’a pas un endroit où reposer sa tête lui dit-il . L’engagement n’est pas de tout repos ! il faut renoncer à un certain confort intérieur, renoncer à une certaine sécurité de la vie centrée sur soi et passer vers l’aventure de l’ouverture à Dieu et aux autres. L’inconfort du décentrement de soi. Renoncer à un certain confort du rivage pour se laisser embarquer par Jésus dans un voyage avec peut-être quelques risques. On note d’ailleurs que dès les disciples entrent dans la barque, la tempête se lève ! On sait que sur le Lac de Tibériade tout peut changer en 20 minutes, on part sur un lac calme et un quart d’heure après la tempête se lève. Imprévisible. On sait aussi que le fonctionnaire n’a pas l’habitude des tempêtes du lac de Tibériade, alors pourquoi prendre le risque de monter dans la barque avec un inconnu qui n’est même pas marin ?

Et deuxième raison pour ne pas s’engager, c’est il y a d’autres choses à faire dans la vie que de s’engager dans une aventure sans réelle garantie. C’est la réponse de celui qui veut d’abord enterrer sa famille et éventuellement s’engager ensuite. On ne peut pas lui jeter la pierre, c’est important les relations. Tout est une question de priorités, et même de hiérarchie dans les priorités. Il faut savoir qu’à l’époque l’expression enterrer sa famille ne veut pas dire qu’elle soit déjà morts. Enterrer sa famille signifie : rester auprès de ses parents jusqu’à leur mort…et cela peut prendre du temps. C’est comme les ventes viagères, les gens ne meurent pas tout de suite 😉 Et donc cet aspirant disciple propose un délai pour son engagement, pas un délai de quelques semaines le temps des funérailles mais un énorme délai, de plusieurs années…une façon de noyer le poisson, de botter en touche, de prendre la tangente, et finalement de ne pas s’engager.

Alors on pourrait en trouver d’autres. Pourquoi l’engagement pose problème :

par principe ou d’éducation parce que dans la famille on ne s’engage pas, c’est une question de principe j’ai été éduqué dans la méfiance à l’égard de tout ce qui pourrait m’engager.

– parce qu’on a été déçu et trompé lors de précédents engagements. Et l’engagement suivant est perçu comme un piège.

Comme le légionnaire romain posté à Babaorum qui reçoit des coups de menhirs des irréductibles gaulois et qui dit cette phrase devenue célèbre « engagez vous qu’ils disaient » Il l’a dans le baba. Le piège de l’engagement !

Dans un tout autre domaine je parlai un jour dans une Eglise de la fragilité de l’homme à tenir ses engagements. Après le culte, un homme est venu me dire « j’ai fait la promesse de ne plus jamais m’engager. »

A cause d’un vécu particulier l’engagement ne faisait plus partie de sa vie.

– on pourrait continuer la liste de ces raisons qui empêche l’engagement, il y aurait le manque d’envie tout simplement, ou la fausse humilité qui consiste à dire que mon engagement ne changera rien dans le monde alors autant ne pas s’engager. Il y aurait aussi l’inflation des demandes d’engagements. Quand il y a trop de demandes d’engagements on se décourage de s’engager. A force de parler d’engagement, on dévalue l’engagement.

Et puis il y aurait une dernière raison, qui serait celle-ci : je ne m’engage pas parce que je vois plus de raisons pour ne pas m’engager que de raisons pour m’engager.

Mais justement dans un deuxième temps j’aimerais donner quelques bonnes raisons pour monter dans la barque. Elles sont très simples et tournent autour de la questions de la montée dans cette barque.

Premièrement parce que le voyage dans cette barque en vaut la peine

Je ne sais pas si la barque à l’époque valait le détour, mais la barque d’aujourd’hui celle dans laquelle Jésus lui-même nous invite à monter, vaut certainement le détour même si sa réputation n’est pas toujours au beau fixe, cette barque c’est l’Eglise qui est parfois une galère mais qui est Le projet de Dieu, pour ce monde, un espoir pour le monde, un lieu de grâce un laboratoire d’amour, un lieu de service, c’est la seule œuvre que Jésus laisse derrière lui…

J’ai entendu Emile Nicole nous a parlé de l’Apocalypse et des lettres écrites au 7 Eglises et son premier point était si je me souviens bien « l’Eglise au centre de l’histoire du monde », puisque Jean a avait choisi de s’adresser aux Eglises locales pour révéler les temps de la fin… »

Les Eglises au centre de l’histoire du monde » pas les gouvernements politiques, pas l’ONU, L’Unesco, Union Européenne, Microsoft ou Apple, l’Eglise au centre de l’histoire du monde.

Je me souviens avoir été remué par cette simple parole qui m’a fait un bien fou alors qu’en tant que pasteur on donne de l’énergie pour maintenir le rafiot se bat pour trouver des responsables pour l’une ou l’autre activité et pour que les responsables tiennent le coup dans la durée, il est bon de se souvenir que l’Eglise est au centre de l’histoire du monde, au centre du projet de Dieu pour ce monde. Et le rappel de cette vérité nous permet de renouveler notre engagement pour l’Eglise, la prunelle des yeux de Dieu comme l’écrit Zacharie.

Cette barque est trop belle je veux vraiment monter dedans. Elle vaut vraiment la peine, c’est le seul truc dans ce monde qui ait reçu le tampon d’approbation de Dieu ! Imprematur céleste…Il ne faudrait pas passer à côté, pas attendre un autre bateau un autre Ferry… la barque qu’il faut prendre c’est celle là.

On peut aussi choisir de partir en croisière, ont la côte ces derniers temps. Je ne sais pas vous mais moi les croisières cela ne m’attirent pas ! Je redoute l’ennui ! Et c’est cela qui nous guette si on s’installe dans la vie comme dans une croisière allongé sur une chaise longue ou baillant dans les bulles d’ un jacuzzi tiède.

Si je ne m’engage pas je vais devenir juste un touriste grassouillet qui sirote son soda pendant que le personnel qui est payé pour ça essaye vainement de me divertir …

Quelqu’un qui disait « Dans un bateau seul le passager s’ennuie » On pourrait ajouter « s’ennuie à mourir »

Dans la discussion avec le deuxième personnage, Jésus aura cette phrase étrange « laisse les morts ensevelirent les morts ». v. 22…Cela fait beaucoup de morts, mais ce que Jésus dit ici c’est que si tu ne t’engages pas dans la barque où il se tient pour aller de l’autre bord, t’es mort ! Vivant peut-être mais mort à l’intérieur. Si tu t’intéresses qu’aux choses de cette vie et bien tu auras que ce qui t’intéresses…pas grand-chose en définitive. Tu seras comme un mort vivant.

Mais si tu montes dans la barque, si tu t’engages avec moi alors c’est la vie qui t’attend, l’aventure même et son souffle puissant.

Et les disciples l’on bien compris et d’ailleurs n’ont pas vu beaucoup d’autres alternatives pour mener une vie qui vaille la peine d’être vécue

« Vers qui irions-nous tu as les paroles de la vie éternelle »dit Pierre, Jean 6.

Les disicples étaient des gens raisonnables et ils ont compris que monter dans la barque avec Jésus représentait un plus dans leur vie…et même plus que du plus, Le plus : la vie elle-même. Il n’y avait pas photo…Faire le voyage avec Jésus, cela en vaut trop la peine. Monter dans la barque c’est la vie.

Deuxièmement parce que dans cette barque c’est jésus qui parle

C’est Jésus qui dit « Allons de l’autre bord. » C’est Jésus qui dit à Pierre et André, laissez tomber tes filets de pêche et suivez-moi. Et c’est cela qui fait toute la différence. Ce n’est pas un pasteur qui parle, ni des parents, ni les responsables d’une association qui cherchent des volontaires, ni un sergent recruteur pour l’armée non c’est Jésus qui parle.

Et il faut le remarquer, Jésus ne parle pas d’engagement, il parle de monter dans une barque, de le suivre, de faire le pas et de marcher dans les siens , il ne parle pas de devenir membre d’une association loi 1905, ni de s’engager à être présent à toutes les réunions de l’Eglise… Mais il dit « Passons sur l’autre bord »

Et tous les sympathisants que nous sommes toujours un peu, timides sur le bord de la plage, avec déjà les pieds dans l’eau et le pantalon retroussés sont invités à recevoir cette parole, qui est celle de Jésus, fils de Dieu, victorieux déjà qui veut donner un sens à ce voyage de la vie.

Il me semble que cette parole est tellement forte, presque irrésistible…mais pas tout a fait puisque certains ne monteront pas.

Je ne sais pas pourquoi mais je pensais à cet officier romain qui a un serviteur malade et qui dit à Jésus « Dis une seule parole et mon serviteur sera guéri » Matthieu 8 :8 Une seule parole, parce que quand tu parles Jésus tout devient possible.

Dit une seule parole Jésus et mon engagement devient possible.

Et ce matin Jésus nous adresse à tous cette même parole « Viens et suis moi ! monte dans a barque, elle en vaut la peine, le voyage risque d’être assez intéressant et puis tu verras surtout je suis dans cette barque et c’est cela qui change tout»

Sa parole est une invitation à passer de l’autre bord, à s’engager avec lui, en lui, pour lui, dans la vie, la vraie…celle qu’il nous prépare…

Engagez-vous qu’IL disait, Jésus ! Et le singulier change tout. Et c’est parce que c’est lui qui prononce cette parole que ses disciples le suivirent.

Amen