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Pierre, une restauration en cours – Jean 21:1-22 (culte complet)

Le culte est aussi disponible en vidéo:

Cannes 19 Avril 2020

Dieu de lumière 

Refrain:
Dieu de lumière, nous voulons te louer, Et de tout notre cœur te chanter,
Tu as créé les cieux et la terre, Dieu de lumière nous voulons t’élever,
Et de nos vies entières t’honorer, Tu es celui dont l’amour dure à toujours.

1. Lève-toi mon âme pour le rencontrer,
Et avec les anges viens le célébrer. Oh ! (Refrain)

2. Amour insondable, patience infinie,
Grâce incomparable qui nous rend la vie, Oh ! (Refrain)

David Durham, JEM 529

Je chanterai gloire

1. Je viens t’offrir, Seigneur, ce que j’ai de meilleur.
Je viens t’offrir ma vie, oui, à toi, Jésus-Christ.
Et même si je suis fragile, et même si c’est difficile,

Refrain:
Je chanterai gloire à l’Éternel, je chanterai louange à son nom.
Je chanterai Dieu, mon essentiel, je chanterai en l’honneur de son nom.

2. Je viens te dire, Seigneur, que tu es mon bonheur.
Non, rien ne peut détruire notre bel avenir.
Et même si je suis fragile, et même si c’est difficile, (Refrain)

Pont:
Toute ma vie je redirai que tu as donné ta vie,
Toute ma vie je redirai que tu as payé le prix,
Toute ma vie je redirai que je ne vis que pour lui. (Refrain)

Matthieu Marvane, JEM 910

Lecture: Jean 21:1-22

Dieu, ta fidélité

1. Dieu, ta fidélité va jusqu’aux nues,
Plus vaste est ton amour que l’horizon.
Ta tendre main est toujours étendue,
Inépuisable est ta compassion.

Refrain:
Dieu, ta fidélité, ton immense bonté
Se renouvellent envers moi jour par jour.
Tous mes besoins, c’est ta main qui les comble,
Dieu, ta fidélité dure à toujours.

2. Romance du printemps ou de l’automne,
Neige hivernale ou saveurs de l’été,
Tout l’univers à ta louange entonne
L’hymne à ta grâce, à ta fidélité. (Refrain)

3. Ta joie et ton pardon en abondance,
Ta présence en mon cœur, ta chaude voix,
Ta force à chaque pas, ton espérance,
Par ta fidélité, tout est à moi ! (Refrain)

T. Crisholm, W.M. Runyan, JEM 400

Pierre, une restauration en cours

Jean 21 : 1-22

Introduction

Quelques jours après Pâques, il me semble qu’on peut dire que la résurrection n’est peut-être pas une bonne nouvelle pour tout le monde ! Pour les gardes du tombeau, c’est évidemment une très mauvaise nouvelle qui aura des conséquences désastreuses sur leur plan de carrière. Mais elle est aussi une nouvelle un peu étrange pour un homme proche du ressuscité. J’ai nommé Pierre.

Bien sûr il est heureux de cette résurrection. Quand il voit Jésus sur la plage, il se jette à l’eau pour aller le rejoindre. Peut-être s’agit-il juste d’une habitude prise : dès que Jésus apparait Pierre se met à l’eau, c’est comme ça ! Il a l’air quand même très heureux de le voir.

Mais en même temps, il y a comme un malaise. Nous savons et Pierre le sait aussi qu’il a nié connaître Jésus, et cela par trois fois alors que le risque n’était pas bien grand. Et puis, selon l’Evangile de Luc, il y eut cet échange de regard entre lui et Jésus suivi par des pleurs. Pas des larmes de crocodiles, non des vrais pleurs, les pleurs d’un homme déçu de lui-même. Pierre se rend compte que malgré ses affirmations péremptoires, il n’a pas su résister à la toute première vague de danger.

Lui, l’homme de tous les combats héroïques, toujours prêt à se jeter à l’eau pour son maitre, à sortir l’épée en cas de coup durs, a fait marche arrière. On peut parler de la chute de Pierre !Mais personne ne l’a vu, il n’en a parlé à personne. Quelques jours sont passés et peut-être qu’avec le temps tout peut s’oublier, comme le chantait Jacques Brel. Mais quand il rencontre Jésus sur la plage, on imagine le malaise, il y aurait comme une ombre au tableau, une ombre sur leur relation, une ombre sur la confiance ! Peut-il me faire encore confiance ? Et pire peut-être, puis-je encore me faire confiance ?

Certains ont pensé que le chapitre 21 était un ajout inutile, que l’Evangile de Jean aurait très bien pu s’arrêter au dernier verset du chapitre 20. Mais ils ne se rendent pas compte que si le chapitre 21 n’avait pas été écrit, Pierre aurait été à jamais l’homme qui avait renié Jésus, le lâche, le fuyard. Mais ce n’est ni dans les habitudes ni dans la volonté de Dieu de laisser les choses en l’état. Le chapitre 21 est là et bien là et il nous parle de la restauration de Pierre, de la restauration en cours. Il me semble très intéressant pour nous de voir comment Jésus va s’y prendre pour remettre ce pêcheur qui a trop souvent coulé à pic, comment il va le restaurer, lui cet homme brisé, déçu de lui même et en perte de confiance.

On constate aussi que Jésus ne cherche pas la confrontation ou en tous cas le choc frontal. Il n’agresse pas, il ne lui fait pas la morale, il ne tient pas de discours paternaliste. Mais il va restaurer avec énormément de délicatesse, de tendresse tout en restant dans la vérité.

1. Une mise en situation

Jésus va d’abord permettre une sorte de mise en situation. Par de multiples rappels, il va faire revenir les souvenirs à la surface mais avec beaucoup de sobriété voire même de discrétion.

Il va d’abord poser une question : « Simon, fils de Jonas m’aimes–tu plus que (ne le font) ceux–ci ? » Ceux-ci sont les autres disciples que Pierre a un peu chambré quand il a dit quelques jours avant la mort de Jésus : « Même si tous les autres sont ébranlés à cause de ce qui t’arrivera moi je ne le serai pas » Matthieu 26 :33. Il faut s’appeler Pierre pour faire des déclarations comme celle-là ! En lui rappelant cette parole d’avant reniement, Jésus lui demande en quelque sorte s’il veut et peut encore faire ce genre de déclaration. Es-tu encore dans cet état d’esprit ? Et j’imagine que Pierre est touché par le souvenir de cette déclaration et son décalage par rapport à la réalité de la cour du grand prêtre. Et d’ailleurs quand Pierre répond à la question, il ne reprend pas la comparaison. Il sait que c’est inutile. Il sait que ses vantardises sont tombées à plat quand un coq a chanté trois fois !

Jésus va lui poser trois fois la même question. Le dialogue rapporté par Jean le montre clairement, les trois questions rappellent les trois reniements de Pierre si bien qu’à la troisième question Pierre est attristé. Pourquoi l’est-il ? Non pas parce que Jésus mettrait en doute son amour pour lui mais parce que cela fait trois fois qu’il pose la question et que Jésus fait manifestement référence au reniement. « Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes–tu ? » Le brasier aussi lui rappelle son reniement. Il y en avait un aussi dans la cour du souverain sacrificateur.

Jésus d’une manière très subtile et je crois douce en même temps fait ressortir les souvenirs même douloureux. Ce n’est pas de la psychanalyse avant la lettre, c’est le fruit de la connaissance de l’âme humaine que Jésus possédait parfaitement. Pierre comme tous les hommes et les femmes de son temps et du nôtre a plutôt tendance à enfouir ses souvenirs surtout douloureux et d’essayer d’oublier là où on les a enterré. On pense que le malaise se dissipera comme cela en le couvrant par autre chose ; mais le malaise ne ne dissipe pas dans l’enfouissement des fautes ou des faiblesses mais dans leur mise en lumière. Et Jésus fait venir à la lumière de son amour le reniement de Pierre. Il faut que Pierre ait le courage de saisir cette perche tendue par Jésus. Se saisir de cette perche c’est être honnête sur lui-même, reconnaître les décalages de sa vie et ses insuffisances.

Mais Jésus veut aussi qu’il prenne conscience d’autre chose. Il l’appelle « Simon fils de Jonas », qui rappelle le jour où Jésus l’a appelé, il y a longtemps (trois ans) en Galilée. Ce jour-là, André a conduit Pierre devant Jésus qui le regarde attentivement et lui dit : « Tu es Simon fils de Jonas. Eh bien on t’appellera Céphas qui veut dire Pierre » Jean 1 :41. En l’appelant par le même nom, Jésus l’invite à faire un retour à son premier appel, à leur première rencontre. Jésus dit à Pierre : te souviens-tu de notre première rencontre ? Arrête de ruminer ton reniement ! Reviens à la base, à ton appel. Reviens à la maison Pierre, tu m’as renié mais mon appel demeure, retourne aussi vers ce souvenir-là, là où tout a commencé entre toi et moi, en tous cas pour moi dit Jésus, rien n’a changé. » Ici, Jésus offre à Pierre un nouveau point de départ. Et si cette mise en situation, réveille des souvenirs pénibles, elle le fait dans un cadre sécurisant ou sécurisé de l’amour fidèle que Jésus porte à Simon fils de Jonas alias Pierre le roc.

2. Recentrage sur l’amour

Et justement le deuxième aspect de la restauration de Pierre concerne l’amour. Jésus par ses trois questions va opérer un recentrage sur ce qui semble être le plus important en la matière : l’amour. Jésus pose 3 fois la question « Et toi m’aimes-tu ». Certainement pour rappeler le reniement mais aussi pour laisser le temps à Pierre de cheminer avec la question de l’amour, et peut-être le laisser guérir. On a beaucoup parlé de la différence de verbes que Jean utilise dans ce dialogue, ce n’est pas le même verbe « aimer ». Il y en aurait un moins fort que l’autre que Pierre utiliserait pour répondre à Jésus qui lui utilise le verbe aimer dans son sens fort pour les deux premières questions. Mais dans sa troisième question va revenir au verbe utilisé par Pierre. On a l’impression que Jésus se met au niveau de Pierre ! Comme s’il se mettait à son niveau, qu’il venait le chercher là où il était pour le mener plus loin que là où il est. C’est tout à fait dans l’Esprit de l’incarnation ce genre de cheminement. Nous aracher là où nous sommes pour nous mener plus loin… Mais ce qui est important c’est ce recentrage sur l’amour de Pierre pour Jésus et cela par trois fois.

Il est probable que Pierre s’attendait à d’autres questions du genre : « Et au fait Pierre, pourquoi m’as-tu renié ? » Pourquoi tu as fait ci pourquoi tu as fait ça ? C’est plutôt mon genre diraient mes enfants et mon épouse, mais ces questions n’aboutissent pas à grand chose. Pourquoi ? Mais, je ne sais pas moi ! Jésus ne lui pose pas ce genre de question.

Peut-être que Pierre se posait lui-même une autre question : celle de savoir si Jésus l’aimait encore après ce qu’il avait fait mais pour Jésus cela semble hors propos: il lui pose la question de son amour pour lui. La question clef, la question de la relation que Pierre veut avoir avec son Seigneur, s’il est prêt lui à repartir, dans une relation vivante et authentique avec Jésus jusque pour la vie… éternelle même.

Et Pierre répond qu’il l’aime trois fois aussi. Mais pour le prouver il ne fait pas appel à toutes ses actions passées, ses déclarations lancées à la cantonade, ce glaive dégainé devant les gardes qui venaient arrêter Jésus. Il n’en appelle plus à la comparaison avec les autres, moi je ferai mieux que les autres. On note que Pierre a des problèmes avec la comparaison, comme beaucoup d’autres il vit dans la comparaison voire même la compétition et Jésus va le travailler à ce niveau là aussi… Non, Pierre ne s’appuie pas sur tout cela, mais il en appelle à la connaissance que Jésus a de toutes choses. « Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. »

Et je ne sais pas si on peut parler d’un cœur brisé pour Pierre comme dans le Psaume 34 :19 « Le Seigneur est proche de ceux qui ont le cœur brisé » mais on en est pas loin. Ce qui faisait sa fierté d’homme, son impulsivité et ses coups d’éclats est tout à coup brisé comme un vase en mille morceaux et jonchent le sol ou plutôt la plage. Pierre fait appel à Jésus pour qu’il sonde son cœur et qu’il voit son amour, son engagement de disciple débarrassé de ses fioritures ou de son décorum. Un amour vrai, un engagement humble. Je ne sais pas si on peut le dire comme cela mais j’ai l’impression que Pierre a mûri d’un coup. Jésus lui a permis d’aller à l’essentiel ou de revenir à l’essentiel. L’amour au cœur de sa vie. Avec ce retour à l’essentiel de l’amour, Pierre va pouvoir être de nouveau tellement utile pour Jésus et son royaume. Beaucoup plus utile que Pierre « ancienne version » en tous cas. Le Pierre nouveau est arrivé  voici toutes choses sont devenues nouvelles !

3. Réaffirmation de la mission

En parlant d’utilité et de service cela nous mène au troisième aspect de la restauration de Pierre. Après chaque réponse de Pierre et dès la première, Jésus réaffirme la mission de Pierre, celle de s’occuper ou de faire paître ou d’être le berger des brebis. Et Jésus prend soin de le faire en public, il réaffirme sa confiance envers Pierre, il dit « Prend soin de mes brebis, soit le berger des mes agneaux, fais-les paître sans les envoyer paître. »

Et j’imagine combien ces mots ont pu faire du bien à Pierre, comme ils ont pu agir comme un baume sur son cœur. Lui qui se demandait s’il avait encore une place dans le Royaume, si on pouvait encore lui faire confiance, alors qu’il n’avait plus confiance en lui-même. Jésus le réinstalle dans sa mission et dans son service pour le Royaume. Jésus n’utilise pas de formule de pardon. Il ne dit pas à Pierre « je t’absous » ou même « je te pardonne » . Mais il lui donne sa confiance et cela vaut toutes les formules d’absolution.

Et puis Jésus va encore plus loin, il va aussi lui dire : « Suis-moi. » Certains pensent qu’il s’agit d’un ordre tout à fait pratique du genre, on y va ! Mais quand on connaît le sens du mot suivre dans le Nouveau Testament, cet ordre ou plutôt cet appel de Jésus n’est pas anodin, d’autant qu’il est à l’impératif présent qui en grec signale la durée : « Continue de me suivre » dit Jésus.

Il y a là un véritable appel à continuer à être un disciple de Jésus, qui suit le maître, qui marche dans ses traces, qui cherche à l’imiter, qui prend sa croix ! L’image du vieil homme à qui l’on étend les bras et qui est mené là où il ne veut pas aller illustre la crucifixion prochaine de Pierre. Il mourra crucifié et sous Néron en 68 ou 69. Il semble que le nouveau Pierre est prêt à vivre maintenant et pleinement ce que l’ancien Pierre avait déclaré de façon péremptoire « je suis prêt à donner ma vie pour toi » Jean 13 :38.

Il va pouvoir vivre comme un disciple de Christ parce que Jésus lui dit toute sa confiance. Parce que Pierre est restauré, il va pouvoir suivre son Seigneur dans une vie de disciple et de témoin du Christ ressuscité. Alors, il reste Pierre avec son impulsivité et son caractère impétueux mais le poids qu’il trainait derrière lui comme un boulet ou qu’il poussait devant, comme un rocher sur une montagne, ce poids a été, non pas déposé comme on le dit souvent, mais plutôt pris par Jésus. C’est lui qui prend l’initiative de la restauration de Pierre.

C’est lui qui prend l’initiative de notre restauration. Oh, nous ne sommes pas Pierre, nous nous gardons bien de faire des déclarations d’héroïsme pour ne pas être pris en défaut plus tard. Nous ne risquons donc pas d’être pris en flagrant délit de marche arrière ! Mais comme Pierre, nous avons nos fardeaux, nos poids, nos petites lâchetés, nos incohérences, nos décalages, toutes des choses que j’appellerais « des petits trucs qui ne vont pas ». Et toutes ces petites choses mises ensemble peuvent miner notre confiance et notre amour pour Dieu et son service. Mais Dieu veut notre restauration ! Dieu veut nous renouveler sa confiance et renouveler notre confiance en Lui et en nous.

Il y a une place pour chacun dans le royaume. Notre Dieu est celui de la grâce, de la seconde chance et même de la troisième et de la quatrième. Notre Dieu est celui du renouveau, de la réinstallation, du rétablissement, de la restauration. Jésus nous attend autour d’un bon repas fait de poissons grillés et de pain frais, il nous faut juste accepter l’invitation et nous laisser restaurer.

Amen

Abba Père

1. Bien avant le chant qui créa l’univers,
Bien avant l’Esprit qui planait sur la terre,
Bien avant que tu me formes de la poussière,
Tu rêvais du jour où tu pourrais m’aimer.

Bien avant les premiers battements de mon coeur,
Bien avant que je m’éveille à ta douceur,
Bien avant mes doutes, mes joies et mes douleurs,
Tu rêvais du jour où je pourrais t’aimer.
Tu rêvais du jour où je pourrais t’aimer.

Refrain:
Abba Père, je suis à Toi. (4x)

2. Bien avant que Jésus marche sur la terre,
Bien avant le fils qui nous montre le père,
Bien avant que les cieux sur moi soient ouverts,
Tu rêvais du jour ou tu pourrais m’aimer.

Bien avant que mon péché brise ton coeur,
Bien avant que coulent le sang et la sueur,
Bien avant les clous, le froid, et la douleur,
Tu rêvais du jour où je pourrais t’aimer,
Tu rêvais du jour où je pourrais t’aimer.

Refrain

Abba Père, je suis émerveillé
Saisi par l’immensité de ton amour pour moi.
Abba Père, si grande est ta tendresse,
Ton coeur est grand ouvert,
Et je viens plonger dans tes bras.

Refrain

Samuel Olivier, JEM 1054