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Quand il faut renouveler sa garde-robe – Colossiens 3:8-15

En tant qu’hollandais qui comme chacun sait est économe, une de mes plus grandes émotions c’est quand Yvonne mon épouse bien aimée ouvre sa garde robe et dit  « je n’ai rien à me mettre ». C’est le genre de phrase qui plonge tout bon hollandais qui se respecte dans une angoisse incommensurable. On chiffre tout de suite ce genre d’histoire. Mais l’expérience m’a montré qu’il ne fallait pas, Yvonne, fille de missionnaire, n’est pas à courir les magasins, même ceux de la rue d’Antibes (surtout pas !). Et en plus elle a raison. Il faut parfois renouveler sa garde robe.

C’est le titre du message de ce matin, « renouveler sa garde robe ». Parce que, vous ne le savez peut être pas, mais Dieu s’occupe de nos vêtements, Dieu est attentif au fait  que nos vêtements nous aillent bien. Au fait, comment êtes-vous habillés ce matin ? Nous continuons notre série sur l’épître de Paul aux Colossiens.

Lors de la lecture du texte, vous avez certainement saisi au vol les verbes comme « se débarrasser » un peu comme on vous dit dans un restaurant « je peux vous débarrasser » en parlant de votre manteau de fourrure, et un peu plus loin « car vous vous êtes dépouillés » synonyme de se dévêtir, d’enlever ses vêtements, et puis enfin  « se revêtir » prendre un vêtement. Le vocabulaire de ce passage est indéniablement vestimentaire, d’où le titre « renouvelez votre garde robe ». Profitez des ventes privées avant les soldes pour changer de vêtements!  Mais les vêtements dont il est question ici ne sont pas faits de tissus et d’étoffe mais de quelque chose de bien plus essentiel.

Pour ceux qui viennent pour la première fois aujourd’hui, nous suivons depuis le début de l’année, Paul dans sa lettre aux chrétiens de Colosses.

Ceux qui étaient là se souviennent certainement que dans les deux premiers chapitres, Paul veut rappeler aux chrétiens de Colosses qu’en tant que Chrétiens ils sont bien positionnés en lui. Ils ont une nouvelle identité en lui avec en point d’orgue cette parole qui apparait en 2:10  « Vous avez tout pleinement en Jésus-Christ ».

Dimanche dernier nous avons parlé du début du chapitre trois qui fait la transition. Vous êtes bien positionnés en Christ, vous êtres même ressuscités avec lui, alors maintenant regardez les choses à partir de votre nouvelle position: regardez aux choses d’en haut. Une nouvelle position pour une nouvelle vision des choses ! Ensuite Paul va devenir plus précis et va se lancer dans des choses précises avec des impératifs. Vous êtes bien positionnées en Christ, vous êtes dans les starting blocks, vous avez pris vos marques: on va pouvoir s’élancer vers la mise en pratique, vers des impératifs de la vie chrétienne en matière de comportement dans le quotidien de la vie. Et ici dans le domaine des relations.

Avec le « donc » du v. 5 « Faites donc mourir ce qui appartient à la terre » et le « à présent » du verset 8 Mais à présent, débarrassez vous… »

Mais si on oublie les deux premiers chapitres de l’épître, alors les versets qui vont suivre vont paraître extrêmement moralisateurs. Ils vont ressembler à « Fais pas ci fais pas ça, sois gentil, dis bonjour à la dame» et seront donc difficiles à intégrer. Mais quand on considère cette position en Christ, alors ces exhortations vont pouvoir être prises dans un autre état d’esprit. Et on comprendra mieux pourquoi il nous faut changer la garde robe de notre comportement relationnel!

Parce que dans cette garde robe, il y a des vêtements qui ne correspondent pas à votre nouvelle identité en Christ, ils ne vous vont plus du tout.

Le mensonge par exemple « Ne vous mentez pas les uns aux autres, car vous vous êtes dépouillés de l’homme que vous étiez autrefois avec tous ses agissements »

Débarrassez-vous de ce vieux costume du mensonge car vous vous êtes déjà débarrassé de ce vieux personnage et de tous ces comportements.

C’est qui cet ancien personnage ? L’accent tombe sur le côté passé du personnage, il appartient au passé, le mien, le vôtre un passé sans Dieu, sans son Esprit qui agit puissamment en nous, sans relation avec le Dieu de la vie, sans Jésus et son amour qui nous sauve, un vieil homme sans situation en Christ, un passé ténébreux.

Et la bonne nouvelle de l’Evangile de jésus Christ c’est que ce vieux personnage est mort, il a été crucifié avec Christ à la croix. Il  appartient à un passé révolu et le comportement qu’il nous inspirait aussi.  Si ce vieux personnage est mort,  je ne vais pas reprendre les vêtements qu’il portait. Ce serait mortellement démodé.

Je peux maintenant m’habiller de neuf, changer ma garde robe, de manière radicale !

Alors tout cela est bien clair, mais cela ne veut pas dire que c’est simple, que cela va de soi et qu’il suffit de le dire pour que cette garde robe soit renouvelée de fond en comble. Si ça l’était Paul ne passerait pas son temps à encourager les Chrétiens de la bonne ville de Colosses, d’Ephèse ou d’ailleurs à se débarrasser tout le temps de leurs vieux vêtements.

Ces vieux habits, quoique tout à fait démodés, exercent toujours sur nous une certaine attraction. Il y a de vieux réflexes, d’anciens schémas de pensée qui persistent, ce vieux personnage a laissé des traces, comme des sillons tracés dans notre esprit et dans nos mémoires.

Parfois on prend une chemise alors qu’on est encore à moitié endormi, sans réfléchir, on sait qu’elle est à gauche dans la penderie. On la prend par habitude, et c’est au bureau qu’on s’aperçoit qu’elle est orange avec des pois verts, qu’elle date des années 70  et ne nous va plus du tout, elle appartient au passé. Oui il y a des habits démodés que l’on prend par habitude.

Il faut lutter éveillé contre ces habitudes vestimentaires. Le Saint Esprit qui vient habiter le croyant lors de sa conversion nous indique quand il y a un problème dans le choix des habits. Il renouvelle notre intelligence en matière d’habillage. Mais nous avons notre part de responsabilité dans l’écoute de son témoignage et dans le choix de nos habits. Chaque jour, nous nous trouvons devant un choix d’habits, les vieux et les nouveaux, les démodés ou ceux qui vous vont si bien. C’est à nous de nous habiller avec goût !

Et c’est pour cela que Paul insiste au prix même d’une formule paradoxale : v.10  « et vous avez revêtu le nouveau, qui se renouvelle ». Il est nouveau, mais chaque jour il cherche à se renouveler pour être de plus en plus, de mieux en mieux à l’image de son Dieu créateur, pour être tout à fait bien dans sa peau, dans sa nouvelle peau.

Et dans Romains 13 :12, Paul lance un appel fantastique « la nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons nous donc des œuvres des ténèbres et revêtons les armes de lumière. »  Ceux qui ont accueilli le Seigneur dans leur vie, sont des enfants de lumière et ils doivent s’habiller en fonction de cela, c’est-à-dire lumineusement.

Alors regardons-nous de temps en temps à la glace pour voir comment nous sommes habillés.

Est-ce que mes habits correspondent à ma situation… en Christ, à ma position en Christ ?

Est-ce que je suis cohérent  ou  complètement décalé dans mon choix d’habits?

Est-ce que je m’habille bien dans l’Eglise, dans mes relations au travail, avec mes copains de l’école, avec mes amis, dans mon foyer, avec mes parents, avec celui ou celle qui partage ma vie dans une relation exclusive et durable.

Est-ce que je suis dans le ton ?

Vous l’avez compris, je ne parle pas de la couleur de votre pantalon, mais des qualités relationnelles. Sommes-nous bien habillés à ce niveau-là ?

Mais une question se pose maintenant : celle de savoir ce qui nous va. C’est une question extrêmement délicate. Car les goûts et les couleurs cela ne se discute pas parait-il.

Avez-vous déjà essayé de dire à une connaissance que l’habit qu’elle porte ne lui va pas du tout ? On peut être sûr qu’elle vous répondra un cinglant: de quoi je me mêle ! Ce en quoi elle aurait sans doute raison. Mais il est possible que cette personne mal habillées vous réponde qu’elle a toujours mis cela, qu’elle en a l’habitude, que cela fait des années qu’elle met du vert pas beau et que cela n’a gêné personne, cela fait partie de sa personnalité. Ce n’est pas facile de parler vêtements… Et comme je suis ne suis pas très courageux,  je vais laisser l’apôtre Paul, inspiré par le Saint Esprit  nous dire ce qui ne nous va pas, mais alors pas du tout.

NBS : « Mais maintenant, vous aussi, rejetez tout cela : colère, animosité (irritation), malfaisance (méchanceté) calomnie (insultes), paroles choquantes (propos grossiers)  sortant de votre bouche. »

Et nous avons encore une liste de cinq mauvaises habitudes que nous n’allons pas détailler, mais qu’on pourrait  résumer en parlant de communication agressive ou violente.

C’est de la communication puisque selon la grammaire grecque le mot « de votre bouche » peut s’appliquer à chacun des cinq mots de la liste. Colère de votre bouche, irritation de votre bouche… Et on sent toute l’agressivité ou violence contenue dans ces cinq mots. Colère, animosité, méchanceté, insulte, parole choquante.

Une communication agressive, c’est le genre d’habit à oublier. Nous avons parlé  de communication non violente avec Frédéric Baumann lors de notre atelier. Il y a fait 15 personnes à l’atelier mais je suis sur que nous nous sentons tous concernés par ce genre de communication.

A moins que vous soyez toujours serein avec vos enfants, toujours encourageant avec votre épouse ou époux si vous en avez. Toujours fidèle et disponible pour vos amis, jamais sur la défensive avec les gens de l’Eglise, un conducteur toujours calme au volant même quand quelqu’un vous brûle la priorité et vous fait un geste amical pour vous remercier, vous êtes toujours un modèle de paix et d’amour. Le problème c’est que je ne le suis pas ! 

Ce n’était pas marqué dans mon CV, mais il m’est arrivé de sortir plusieurs fois de ma voiture à Bruxelles pour me faire justice moi-même et avoir avec des conducteurs belges des conversations très amicales. Je me souviens que l’un d’eux quand je suis sorti de ma voiture a tout de suite appuyé sur les boutons de serrure…et je n’ai pas pu lui parler. Mais j’ai eu honte de moi. Je me suis dit : Ce n’est pas moi ! Je suis tout à fait en décalage avec moi-même. Cela m’a fait réfléchir aux habits que je portais ce jour-là.

Et on pourrait tous donner des exemples de notre communication agressive qui selon notre personnalité peut tout à fait se faire dans le calme et la froideur. On peut trouver des exemples dans nos vies n’est-ce pas et trouver en mêmes temps des raisons pour cette agressivité, une situation de vie ingérable, une souffrance intérieure diffuse, des déceptions. Il y a des tas de raisons qui expliquent mon agressivité et dont il faut tenir compte pour s’attaquer à la racine, mais il faut savoir qu’elles ne sont jamais de bonnes raisons. Elles ne sont jamais bonnes pour justifier un comportement tout à fait décalé par rapport à ce que je crois, à ce que je suis en Jésus-Christ. Un homme nouveau, une femme nouvelle. Il faut renouveler notre garde robe.

Nous avons vécu deux ans dans les Yvelines, dans une cité HLM qui portait le doux nom de Meulan Paradis. Cette cité n’avait de paradis que le nom, ce n’était pas la pire des cités mais il y a avait quand même une ambiance d’agressivité qui était audible. Les mères de famille en particulier étaient tellement agressives avec leurs petits. Elles leur criaient dessus et leur mettaient des gifles dans la figure et tout cela dans la rue. On ne se retournait même plus. Et puis un jour nous étions à deux pour aller au petit supermarché de la cité, et on a entendu : « Maxime tu peux venir ici s’il te plait? » Et Yvonne et moi, nous nous somme retournés d’un seul homme. Tellement surpris tellement touchés par la douceur de cette femme.

Et je me suis posé la question, ce jour-là, est-ce que ma douceur relationnelle fait se retourner les gens de mon entourage ? Est-ce que ma douceur est connue de tous les hommes ? Même des mauvais conducteurs ?

C’est Paul qui dit cela autre part: « Que votre douceur soit connue de tous les hommes » et le même terme apparaît dans notre texte au v. 12:

« Ainsi, puisque Dieu vous a choisis pour lui appartenir et qu’il vous aime, revêtez–vous d’ardente bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience. « 

Et là encore une série de cinq mots, avec me semble-t-il, la douceur qui prédomine. Pour l’ardente bonté, la NBS a traduit « tendresse ». On se souvient tous de ce film « Et la tendresse… bon sang ». Où est-elle dans ce monde de brutes et de mégères non apprivoisées où les rapports humains se caractérisent par la dureté, brutalité, la violence, l’agressivité ? Dans un monde où les rapports hommes/femmes, enfants/parents, enseignants/élèves, commerçants/clients, employeurs/employés sont souvent des rapport de force, de dureté où la loi du plus fort est toujours la meilleure, un monde de loups. Où est la tendresse ?

Dans ce monde de brutes ou de loups, Dieu invite ses enfants à prendre le vêtement de la douceur dans leurs rapports humains, dans l’Eglise ou dans la famille ou dans la collectivité, dans nos relations en général.  Prenez dans vos relations avec les autres cet habit de lumière qui nous va si bien et qui fera de l’effet autour de vous, qui fera sensation. Les gens se retourneront quand vous passerez « t’as vu comme il est bien habillé, quelle douceur, quelle gentillesse, quelle amabilité».

Oui, la douceur est un bel habit. Et il faudrait peut-être le mettre plus souvent.

Dieu veut nous voir habillés comme cela, dans la vie de tous les jours et en particulier dans l’Eglise, ce grand laboratoire grandeur nature de l’amour de Dieu pour les hommes. Jésus est mort pour que cette Eglise puisse voir le jour et qu’elle soit un nouveau lieu de vie pour tous ceux qui lui font confiance. Et comme il a voulu cette Eglise avec passion, il nous appelle à avoir dans cette nouvelle communauté des relations renouvelées. Il y au verset 15 un mot important qui nous concerne si nous sommes chrétiens, c’est le mot appel. Nous sommes appelés  « à la paix pour former un seul corps ». C’est pour cela que nous avons été choisis et c’est à cela que nous sommes appelés. On ne s’installe pas dans l’Eglise en spectateur en attente de sensations fortes, on est appelé à y renouveler constamment sa garde robe parce que nous avons été choisi, parce que Dieu nous aime (verset 12) et parce que l’Eglise, la prunelle des yeux de Dieu le vaut bien! L’importance de l’appel et de celui qui appelle : Dieu lui-même.

Je me suis demandé ce que venait faire le verset 11 au milieu de tout cela « il n’y a plus ni juif ni grec…. » Et je pense avoir trouvé, toutes ces différences d’origine et de statut social et culturel constitue un défi pour l’unité et la paix, vous mettez tout cela dans une Eglise, vous secouez un peu et vous avez un cocktail pour le moins explosif, un potentiel de division incroyable !

Nous étions dans une chambre d’hôtes dans la vallée de Campan, mais le gérant avec son béret Bigourdan était un étranger dans cette vallée, parce qu’il venait de la Vallée d’à côté, de Gavernie  (Toy). Et entre vallées, on a du mal à vivre en paix. Et il nous a même appris que ceux du haut de la vallée ne s’entendaient pas avec ceux du bas de la même vallée.

On a bien ri, mais tout est là dans l’homme naturel et son esprit de clocher pour que ça explose. Mais l’homme renouvelé en Christ a d’autres bases et un autre esprit pour vivre cette nouvelle communauté. En Christ, nous pouvons vivre en paix même si on vient de différentes vallées, parce qu’il est également présent partout « Il est tout est en tous ». Il est la montagne qui domine les vallées et qui les unit et au pied de cette montagne nous pouvons vivre l’unité d’une manière nouvelle, avec le pardon quand il faut, la douceur toujours et surtout l’amour qui est le lien par excellence.

Cela ne veut pas dire que c’est facile, simplement que c’est possible ! A partir du moment où l’on a compris l’importance des relations, l’importance de l’Eglise, et l’importance de l’appel que Dieu nous lance à renouveler notre garde robe pour devenir des femmes nouvelles, des hommes nouveaux, avec des relations renouvelées. Quand on a compris cela on peut alors commencer à être ce que nous sommes déjà.

Jésus disait « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés (de vieux vêtements qui pèsent des tonnes) et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug (entrez en relation avec moi) car je suis doux et humble de cœur ».

Mon souhait pour nous tous ici en cette fin d’année scolaire,  c’est de nous rapprocher de cet homme et de sa douceur et d’en apprendre de lui. C’est lui en définitive l’homme nouveau, dont je peux me revêtir, c’est Jésus ! Parce que mon vieux personnage a été crucifié à la croix avec jésus, je peux maintenant m’habiller comme lui… et même de lui : Romains 13 :14 « Revêtons nous du Seigneur Jésus ».

Et cet habit nous va parfaitement.

Bénédiction :

Esaïe 61:10  « Je suis plein d’allégresse en Yahvé, mon âme exulte en mon Dieu, car il m’a revêtu de vêtements de salut, il m’a drapé dans un manteau de justice, comme l’époux qui se coiffe d’un diadème, comme la fiancée qui se pare de ses bijoux. »