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Qui es-tu?

Bonjour à tous. Pour la prédication de ce matin, j’aimerais que nous lisions ensemble un texte qui se trouve en 1 Corinthiens, à cheval sur les chapitres 1 et 2. Et nous commençons notre lecture au verset 26 du chapitre 1. Lecture 1 Corinthiens 1.26-2.2.

J’aime beaucoup la manière dont commence ce passage. « Qui êtes-vous ? ». Qui es-tu ? J’aime cette manière de commencer, parce que ça vient nous replacer au commencement, au centre de tout. Tout dans notre vie doit trouver sa source dans la réponse à cette simple question ! Notre volonté, nos objectifs, nos choix, notre comportement… Tout doit partir de cette simple question : qui es-tu ?

Pourquoi est-ce que c’est si important ? Parce que c’est la base de tout mécanisme de décision. Si je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas non plus ce que je veux vraiment, profondément, tout au fond de moi. Et si je ne sais pas ce que je veux, qu’est-ce qui va diriger ma vie ? Si ce n’est pas la volonté, ce sera simplement l’envie, le désir.

Si je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas ce que je veux. Si je ne sais pas ce que je veux, et bien je me laisse entraîner par mes désirs. Et comme nous le savons tous, les désirs sont passagers, ils changent, ils ne sont pas forcément tous bons non plus. Ca n’a rien à voir avec une assurance, une ferme conviction de ce que nous voulons.

Suivre le désir, c’est être ce que l’apôtre Paul décrit en Éphésiens 4 verset 14, « de petits enfants ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur. »

Vivre sans savoir qui je suis, sans volonté propre, en se laissant balloter par le va et vient des désirs, c’est tout le contraire de la maturité. C’est être comme le dit l’apôtre Paul pareil à « de petits enfants ».

Atteindre la maturité commence forcément par une connaissance de soi. D’où cette période pas facile à vivre qu’est l’adolescence. A l’adolescence, on se voit changer, on n’est plus un enfant mais pas un adulte non plus. Le corps évolue, l’intelligence aussi. On est un peu paumé parce qu’il n’y a plus de repères ! Et surtout il n’y a plus ce repère essentiel : qui je suis ?

Pour un enfant la réponse est plus simple : je suis l’enfant de mes parents. Mais un adolescent ne veut plus prendre ses parents pour seule référence. Il observe ses parents, il s’observe lui-même, et il commence à se demander si ce qu’il est n’est pas juste le fruit de l’éducation qu’il a reçu. Et ça, ça lui fait peur ! Ça le révolte ! Parce que personne n’a envie de n’être que le résultat de l’influence des autres. On veut pouvoir se déterminer nous-mêmes ! On veut avoir la liberté de s’examiner, et d’arriver à notre propre conclusion au sujet de cette question : « Qui je suis ? ».

L’adolescence, ce n’est pas une crise du comportement. Ca c’est que la partie visible. Mais l’adolescence, c’est avant tout une crise d’identité. Et comme l’adolescent ne sait plus qui il est, il n’a plus de volonté profonde, alors il suit ses désirs, et ça entraîne un comportement parfois… étrange.

Qui es-tu ? L’apôtre Paul pose ouvertement la question à l’Église de Corinthe, tout comme la Bible nous la pose à nous encore aujourd’hui. Qui sommes-nous ? Alors l’apôtre développe un peu plus sa question : « On ne trouve parmi vous que peu de sages selon les critères humains, peu de personnalités influentes, peu de membres de la haute société ! ».

Tiens, ce qui va nous aider à trouver ce que nous sommes, ce ne sont pas des valeurs humaines quelles qu’elles soient. Ce ne sont pas les valeurs de sagesse, de réussite, d’autorité, de richesse, de reconnaissance sociale, d’influence. Non, toutes ces valeurs ne font pas mon identité. Ce n’est pas ce qui est visible qui va définir ce que je suis au fond de moi. C’est ce que je suis au fond de moi qui doit rejaillir sur ce qui est visible. Sur mes objectifs. Sur mes choix. Sur mon comportement. Le centre, c’est mon identité.

Cet après-midi et demain nous aurons un weekend d’Église au centre des Courmettes. Pour une bonne partie d’entre nous, nous allons passer 2 jours et une nuit au même endroit, ensemble. Et il est prévu que demain matin nous ayons un temps d’échange, de réflexion, de travail en commun sur le sujet de nos relations, notre comportement les uns avec les autres. En fait il y aura un moment en petits groupes pour discuter quelques affirmations qui seront proposées. A nous de voir si ces affirmations correspondent ou pas à ce que nous voulons. Et j’ai bien dit « vouloir », pas « désirer », pas « avoir envie », mais ce que nous voulons profondément vivre dans nos relations. Et de toute cette réflexion pourra déboucher une charte de relation fraternelle, qui présente, qui exhorte, qui rappelle les points importants de ce que Dieu nous appelle à vivre les uns envers les autres.

Mais ça, ça parle de ce que nous faisons, voyons, décidons, voulons. Ca parle de notre comportement. Et je le rappelle avant de penser à ce que je veux faire il faut que je réfléchisse à ce que je suis. Qui es-tu ? Parce que mes valeurs doivent découler de ce que je suis. Pas l’inverse. Sinon mes valeurs deviennent une loi pour moi, une loi bête et méchante qui me définit, qui me dicte qui je dois être.

Et la volonté de Dieu pour nous c’est pas ça ! Le but des discussions que nous aurons c’est pas ça ! Le but de cette charte relationnelle c’est pas ça ! C’est pas être une loi bête et méchante qui va nous dicter qui nous devons être !

Mais c’est en sachant qui nous sommes que nous pourrons alors choisir comment nous voulons nous comporter.

Qui es-tu ? J’aime cette question, qui efface tout le superflu, tout ce que le monde peut apporter de troublant ou de destructeur. Qui es-tu ? La réponse à cette question de l’apôtre Paul peut tout résumer pour notre vie.

On arrête le suspens. Et on regarde ce que nous en dit l’apôtre Paul : « je n’ai pas estimé devoir vous apporter autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. »

Voila l’essentiel. Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Tout le reste est secondaire. Tout le reste doit en découler. Parce que cette simple affirmation me permet enfin de comprendre qui je suis, qui je deviens par la foi en Jésus-Christ : Je suis un pécheur pardonné, libéré et sauvé en Jésus-Christ.

Par la foi en Jésus-Christ, voila qui vous devenez. Voila qui nous sommes. Nous sommes des pécheurs pardonnés, libérés et sauvés en Jésus-Christ.

Nous ne sommes plus des citoyens, ouvriers, chercheurs, adultes, adolescents, enfants de nos parents, plus ou moins riches, plus ou moins influents. Rien de tout ça ne nous définit plus désormais. Mais nous sommes des pécheurs pardonnés, libérés et sauvés en Jésus-Christ.

Et l’apôtre Paul enfonce le clou au cas où on n’aurait pas bien compris : « en Christ, en effet, se trouvent pour nous l’acquittement, la purification et la libération du péché. » C’est en Christ et en Christ crucifié pour nous que nous recevons cette identité que Dieu a toujours désiré pour chacun d’entre nous : le pardon, la liberté, le salut. Nous sommes des pécheurs pardonnés, libérés et sauvés en Jésus-Christ.

Et si je prends pleinement conscience de ça, tout le reste s’éclaire ! Si je me sais pécheur, et bien je dois rester humble, ne pas juger l’autre, ne pas être trop dur avec lui, lui montrer de la compréhension et de la bienveillance parce qu’au fond je sais que je ne vaux pas mieux.

Si je suis pardonné, je suis alors reconnaissant envers Dieu, de tout mon cœur, pour ce geste immense d’amour qu’il a pour moi. Et forcément, me sachant pardonné, je ne désire plus revivre comme avant, dans le péché, mais travailler avec Dieu à une vie qui cherche et qui met en pratique sa volonté à Lui. Faire sa volonté dans mes choix, mes priorités, mes valeurs, mes objectifs, mais aussi mes relations. Et c’est ce dont nous parlerons demain.

Si je sais enfin qui je suis en Jésus-Christ, je suis également libéré de mes doutes, de mes craintes, je ne cherche plus à être, je peux être ! Fini les valeurs qui deviennent des lois ! Les valeurs ne me dictent plus mon comportement. Les valeurs ne sont plus que des conséquences de qui je suis. Et suivre ces valeurs, alors ce n’est pas obéir, c’est juste rester cohérent avec moi-même.

Si je suis sauvé, je comprends qu’avant je ne l’étais pas, et que je n’étais pas le seul. Beaucoup d’autres encore ont besoin d’être sauvés. Alors je vais avoir à cœur de me tourner vers eux, de leur partager ce message de pardon, de libération et de salut.

Savoir qui je suis me garde dans l’humilité. Savoir qui je suis me garde dans la reconnaissance et l’obéissance à Dieu. Savoir qui je suis me libère de l’esclavage des valeurs de ce monde. Savoir qui je suis me pousse à me tourner vers l’autre pour l’aider à recevoir ce que moi j’ai reçu.

Cette question, « qui es-tu ? », c’est la question préférée d’une amie et collègue pasteur, Jemma Taboyan. Elle est pasteur à Valence, dans une Église de notre Union. Et comme dans toute communauté même chrétienne, parfois on en vient à perdre l’humilité, on se met à juger. Parfois on perd la reconnaissance ou l’obéissance à Dieu. Parfois on retombe dans l’esclavage des valeurs qui deviennent une loi pour nous et qu’on veut imposer aux autres. Parfois on se renferme sur nous-mêmes, en délaissant l’autre. Et à chaque fois que Jemma voit une personne qui tombe dans ces travers-là, elle va voir la personne, elle se plante devant, et elle lui demande cash : « Qui tu es ? ».

Et elle ne repart pas tant que la réponse ne lui convient pas. Alors les gens tâtonnent, ils comprennent pas, et elle ne fait que répondre : « Non, dis moi qui tu es ! ».

Et elle fait ça jusqu’à ce que les gens enfin prennent du recul, qu’ils sortent enfin le nez de leur situation présente. Qu’ils s’extirpent du travers dans lequel ils sont retombés. Qu’ils se tournent à nouveau vers ce qui est le centre, le Christ et le Christ crucifié. En qu’enfin ces personnes reconnaissent : « Je suis un pécheur pardonné, libéré et sauvé en Jésus-Christ ».

Faisons pareil. Lorsque la vie, les difficultés, les soucis, les différences, les disputes, ou même simplement les mauvais réflexes du péché en nous nous font retomber dans nos travers d’avant. Lorsque nous perdons l’humilité, la reconnaissance, l’obéissance à Dieu, la liberté, ou l’amour de l’autre que nous recevons en Jésus-Christ. Posons-nous cette question : « Qui es-tu ? ».

Que cette question puisse nous ramener vers le centre de toute chose, le Christ et le Christ crucifié pour nous. Qu’elle puisse nous ramener vers qui nous sommes : « des pécheurs pardonnés, libérés et sauvés en Jésus-Christ ». Et alors nous saurons. Nous saurons que nous sommes sur le chemin qui mène à l’état d’adulte dans la foi. A une maturité spirituelle qui porte des fruits visibles. A une maturité spirituelle qui doit être le but des disciples et de l’Église du Christ. Amen.