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Recevoir la grâce de Dieu…

La semaine dernière, nous avons parlé de la difficulté que nous pouvons avoir à rechercher le Seigneur constamment. Notre foi et notre volonté peuvent être très solides, elles n’en demeurent pas moins faillibles. Et beaucoup de choses autour de nous peuvent nous détourner de la paix du Seigneur pour nous faire tomber dans la crainte. Beaucoup de choses peuvent détourner notre regard de Dieu pour le garder fixé sur les difficultés de cette vie.

L’apôtre Pierre en avait fait l’expérience de manière troublante. Son obéissance au Christ lui avait permis de vivre un miracle incroyable, il a marché sur l’eau en plein tempête pour rejoindre son Seigneur. Mais sa faiblesse et sa peur a détourné son regard de Jésus. Il a douté. Il s’est enfermé dans la crainte. Et il a dû appelé son Seigneur à l’aide.

Une expérience troublante où Pierre a vécu à la fois toute la profondeur de la paix de Dieu. Mais également une terrible leçon d’humilité par ces quelques mots du Christ : « Homme de peu de foi. Pourquoi as-tu douté ? ».

Notre vie nous détourne régulièrement de ce qui doit être le centre de notre vie : notre Dieu, sa volonté et notre relation à Lui. Heureusement pour nous, Dieu reste fidèle, il ne nous condamne pas, il nous appelle à chaque fois à revenir vers Lui, à recevoir tout à nouveau son pardon et sa paix.

Dieu nous pardonne, Dieu nous rétabli dans sa justice, Dieu ne nous tient pas rigueur. Il ne passe pas son temps à nous rappeler nos échecs, nos faiblesses, nos désobéissances… Toutes ces fois où nous l’avons déçu, blessé, trahi… Mais nous, nous savons. Nous nous souvenons. Ca reste là. On se sait coupable. On ne sait faible. Et ça fait mal.

La semaine dernière, nous avions parlé des chutes, des moments d’égarement. Aujourd’hui nous allons parler de la difficulté que nous pouvons ressentir à vivre le pardon et la grâce de Dieu dans le souvenir de ce que nous avons fait.

La grâce, ce mot étrange qui signifie simplement « un cadeau gratuit et immérité ». Lorsqu’on parlera de « la grâce de Dieu » durant cette prédication, c’est bien sûr de son pardon gratuit que nous serons en train de parler.

Et pour cela, nous allons regarder ensemble l’exemple d’un très grand serviteur de Dieu, un des plus grands personnages de la Bible, mais qui, à un moment de sa vie, a blessé le Seigneur cruellement.

Dieu lui a pardonné, il a expérimenté avec une puissance incroyable la grâce de Dieu. Mais pourtant jamais ce personnage n’a pu totalement se pardonner à lui-même. Et toute sa vie il s’en est voulu. Toute sa vie il a porté, en partie, ce sentiment de culpabilité.

Ce personnage, c’est l’apôtre Paul. Nous allons lire quelques passages de sa vie pour nous en rendre compte.

Et nous lisons tout d’abord en Actes chapitre 8 les versets 1 à 3.

Lectures Actes 8.1-3.

Puis au chapitre 9 les versets 1 et 2.

Lecture Actes 9.1-2.

Paul, que l’on appelait Saul à l’époque, s’est lancé dans une lutte acharnée contre les disciples du Christ. Jusqu’ici, il avait dédié sa vie à Dieu. Il avait mis tous ses efforts à rechercher sa volonté et à lui obéir. Mais, aveuglé par la colère et la haine, il ne reconnait pas en Christ ce Dieu qu’il désire tant servir.

Dans le récit de la semaine dernière, Pierre détournait son regard du Seigneur à cause de la peur. Ici Paul a son cœur enfermé par la colère, et il se détourne également de son Dieu.

Mais tout comme le Christ n’avait pas abandonné Pierre à son égarement, il ne va pas non plus abandonner Paul. Et nous continuons notre lecture en Actes 9 au verset 3.

Lecture Actes 9.3-9.

Puis plus loin au verset 17.

Lecture Actes 9.17-20.

Paul prend conscience d’une manière terrible qu’il était en train de persécuter son Dieu. Et il passe 3 jours dans le noir, aveugle, sans manger, sans boire. Trois jours à ruminer, 3 jours à culpabiliser.

C’est pas facile de se retrouver face à face avec nous-mêmes. De prendre pleinement conscience de notre condition de pécheur. De recevoir brutalement la conviction de notre culpabilité devant Dieu. Lorsque cela arrive, il y a beaucoup de choses qui se brisent. Beaucoup de certitudes sur nous-mêmes qui s’effondrent. On a mal, on s’en veut et on est déçu à la fois. Déçu de nous-mêmes.

On comprend alors pourquoi le mot « humilité » est un cousin du mot « humiliation ».

Paul en passe par là à cet instant précis de son histoire. Tout comme nous avons très certainement pu le vivre également dans nos vies respectives.

Mais tout comme ça a été le cas pour nous, Paul ne reçoit pas de Dieu un châtiment à la hauteur de ses fautes. A la place, il reçoit ce que le Seigneur accorde à tout pécheur qui se repend avec sincérité. Son pardon gratuit, immérité, c’est-à-dire sa grâce.

Dieu sort Paul de son obscurité, de son auto-apitoiement. Il lui redonne la vue, le ramène vers sa lumière, sa vérité, sa volonté, son salut en Jésus-Christ. Paul reçoit pleinement ce pardon et cette vie nouvelle. Et il se met alors, nous dit le texte, à proclamer que Jésus est bel et bien le Fils de Dieu venu pour sauver les humains.

Et voici comment Paul nous explique ce qu’est « la grâce de Dieu » en Romains 3 verset 21.

Lecture Romains 3.21-24.

Paul nous explique que la grâce de Dieu, c’est ce cadeau gratuit du pardon que Dieu accorde à tous ceux qui croient en Jésus-Christ.

Et ce pardon, cette grâce nous dit-il, nous rend « justes ». Nous ne sommes plus coupables, nous sommes « justes ». Dieu nous déclare « justes ».

Et c’est là que se trouve à la fois tout l’incroyable de l’amour de Dieu, mais également toute la difficulté que nous pouvons avoir à le vivre.

En effet Dieu nous déclare « justes », il nous pardonne, totalement, complètement. Colossiens 1 versets 21 va même jusqu’à dire « Or vous, autrefois, vous étiez exclus de la présence de Dieu, vous étiez ses ennemis à cause de vos pensées qui vous amenaient à faire des œuvres mauvaises ; mais maintenant, Dieu vous a réconciliés avec lui par le sacrifice de son Fils qui a livré à la mort son corps humain, pour vous faire paraître saints, irréprochables et sans faute devant lui. »

Dieu nous déclare gratuitement justes, saints, irréprochables et sans faute devant lui ! Voila jusqu’où va la grâce de Dieu ! Voila à quel point elle est incroyable !

Et pourtant, moi, je sais. Je sais ce que j’ai fait. Je me souviens. Et ce moment de honte, de culpabilité profonde que j’ai ressentie et qui m’a amenée à me tourner vers Dieu pour y chercher son pardon. Ce moment n’a pas disparu. Il n’a pas été effacé de ma mémoire.

Toutes mes fautes passées ont été effacées devant Dieu, il me l’assure, il me l’affirme, il me le promet ! Il me déclare juste, saint, irréprochable et sans faute devant lui ! Mais ça n’a rien effacé de ma mémoire. Et ça n’efface pas non plus les conséquences de mes actes passés. Conséquences sur les autres, mais aussi sur moi-même.

Voila à la fois tout l’incroyable de l’amour de Dieu pour nous, mais également toute la difficulté que nous pouvons avoir à le vivre.

Et l’apôtre Paul ne fait pas exception. En effet il vit ce profond moment de prise de conscience de sa culpabilité devant Dieu, puis il reçoit tout aussi fortement la grâce que Dieu lui accorde ! Elle transforme sa vie ! Elle le change à tout jamais ! Elle lui apporte la paix, la joie, la douceur d’une vie avec Dieu !

Et pourtant, jamais Paul ne va oublier ce qu’il a fait. Il s’en voudra toute sa vie. Et toute sa vie, de manière régulière, il va se rappeler les actes mauvais qu’il a pu commettre. Et comme Paul est l’auteur de nombreuses lettres présentes dans la Bible, on trouve dans ses épîtres des rappels réguliers de ses actes passés.

Par exemple dans la toute première épître que l’apôtre va écrire, la lettre aux Galates, au chapitre 1 verset 13 : « Vous avez entendu parler de ma conduite passée à l’époque où je militais dans le judaïsme. Vous savez avec quel fanatisme je persécutais l’Église de Dieu, dans le but de la détruire. »

De l’eau a coulée sur les ponts, Paul a même déjà participé à implanter des Églises dans plusieurs villes différentes. Mais il se rappelle toujours ses actes passés. Et il commence même sa première épître par nous le rappeler également.

Un autre exemple, lorsque Paul désire annoncer la Bonne Nouvelle du pardon de Dieu à une foule à Jérusalem en Actes 22 verset 3 : « Je suis Juif. Je suis né à Tarse en Cilicie, mais j’ai été élevé ici à Jérusalem. C’est Gamaliel qui fut mon maître ; il m’a enseigné avec une grande exactitude la Loi de nos ancêtres, et j’étais un partisan farouche de la cause de Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui. J’ai combattu à mort ce qu’on appelle la Voie, en faisant enchaîner et jeter en prison des hommes et des femmes. 5Le grand-prêtre et tout le Conseil des responsables du peuple peuvent témoigner que je dis vrai. Car c’est d’eux, précisément, que j’avais reçu des lettres de recommandation pour nos frères. Je suis alors parti pour Damas, bien résolu à faire enchaîner et à ramener à Jérusalem, afin de faire punir tous les adhérents de cette Voie que je trouverais là-bas. »

Paul aurait pu simplement annoncer le salut en Jésus-Christ. Mais ce qui est le point de départ de son témoignage, ceux sont les actes mauvais qu’il a pu faire avant de rencontrer son Sauveur. Alors il se rappelle ses actes terribles, et il en parle avec des mots très durs.

Encore un dernier exemple, lorsque Paul explique sa foi à un gouverneur romain et au roi d’une région de Palestine, encore et toujours il début son discours en se rappelant tout le mal qu’il a pu commettre. Et nous lisons en Actes 26 verset 9 : « Pour moi donc, j’ai d’abord pensé que je devais m’opposer par tous les moyens au nom de Jésus de Nazareth. C’est ce que j’ai fait à Jérusalem : j’ai jeté en prison, en vertu des pouvoirs que j’avais reçus des chefs des prêtres, un grand nombre de ceux qui appartenaient à Dieu et, lorsqu’il s’agissait de les condamner, j’ai voté leur mise à mort. Je passais d’une synagogue à l’autre pour les faire punir et essayer de les contraindre à renier leur foi ; dans l’excès de ma fureur, j’allais les traquer jusque dans les villes étrangères. ».

Pourtant, entre le moment de sa conversion et ce témoignage devant un gouverneur romain, vous savez combien d’années se sont écoulées ? 25. 25 ans se sont passés et pourtant Paul continue à se rappeler ses fautes. A un point tel que le récit brutal de ses péchés sert toujours de point de départ à son témoignage.

(Clic) Je ne cherche pas à vous déprimer ce matin. Bien au contraire tout ça nous montre à quel point le pardon de Dieu est bien plus profond que le pardon des humains. Lorsque Dieu pardonne, il nous déclare de manière définitive justes, saints, irréprochables et sans faute devant lui.

Mais nous, lorsque nous pardonnons, aux autres ou à nous-mêmes, nous nous souvenons régulièrement. Nous nous rappelons parfois les faits. Nous donnons et nous recevons le pardon, pleinement, mais nous ressentons toujours la culpabilité.

Mais ce n’est pas ce que Dieu désire pour nous. Ce n’est pas ce qu’il souhaite lorsqu’il nous offre son pardon. Dieu n’est pas un sadique qui aime nous voir enfermés dans la culpabilité. Au contraire, il nous sort de notre culpabilité en nous pardonnant, et il nous appelle à sortir de ce sentiment de culpabilité en nous affirmant sa grâce ! Il nous dit « je vous déclare justes, saints, irréprochables et sans faute devant moi, alors pourquoi est-ce que tu n’en prends pas conscience ? Pourquoi est-ce que tu ne le vis pas pleinement ? ».

La manière dont Dieu nous regarde ne dépend absolument pas de la manière dont nous nous regardons nous-mêmes. Même si je continue à m’en vouloir. Même si je continue à vivre la honte, la culpabilité, la tristesse de mes actes passés, Dieu lui me réaffirme « Non ! Tout ça c’est fini ! Par ta foi en Jésus-Christ tu as reçu mon pardon. Et mon pardon n’est pas superficiel. Il efface totalement, en profondeur, toute ta culpabilité. Et dorénavant, tu es juste, saint, irréprochable et sans faute devant moi. Alors réjouis-toi, relève la tête, et change de vie. Place maintenant ta vie dans ma volonté. »

Si vous vivez encore dans la culpabilité de vos actes passés. Arrêtez d’essayer de vous pardonner à vous-mêmes. Tout simplement parce que vous n’avez pas le pouvoir de vous accorder le pardon. Il n’y a que Dieu qui puisse pleinement vous pardonner. Alors tournez-vous vers lui, reconnaissez vos fautes, acceptez le Christ comme votre Sauveur, et recevez, RE-CE-VEZ le pardon, la justification, le salut, la vie que Dieu veut pleinement vous donner. Recevez sa grâce. Et qu’ensuite, tout comme Paul, que cette grâce reçue nous mette en marche dans l’annonce de cette Bonne Nouvelle à ceux qui ne l’ont pas encore reçue.

Lorsque nous cherchons la délivrance par nous-mêmes, on ne se rend pas compte que nous sommes en fait comme Pierre qui marchait sur l’eau, puis qui a pris peur, et qui s’est enfermé dans sa crainte. Il a fallu qu’il en appelle à l’aide du Seigneur, à sa grâce, et c’est Dieu qui l’a secouru.

Lorsque nous nous efforçons d’éloigner de nous la détresse que nous ressentons, nous sommes en fait comme Paul qui a prié trois fois le Seigneur d’éloigner cette épreuve. Il s’est tourné vers Dieu dans la prière, et qu’elle a été la réponse du Seigneur ?

« Ma grâce te suffit ».

Alors acceptez le pardon de Dieu. Entrez dans sa joie. Vivez sa paix. Recevez sa grâce. Dieu vous la donne. Et qu’elle puisse ainsi vous accompagner et vous guider tous les jours de votre vie. Amen.

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