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Témoin dans sa famille

Bonjour à tous. Aujourd’hui, j’aimerais commencer cette prédication par vous rappeler certaines choses. Alors je suis persuadé que pour beaucoup d’entre nous, ces choses sont très connues, parce que ce n’est au final que la base de la foi chrétienne. Mais ce que je souhaite partager avec vous dans un 2ème temps provient directement de cette base de notre foi en Christ. C’est indissociable. Ca en découle naturellement. Je vais donc prendre un temps pour vous rappeler, vous raconter brièvement cette grande histoire qu’est le plan de salut de Dieu pour l’humanité.

Et on va commencer comme toutes les histoires. Il était une fois Dieu. Un Dieu éternel, tout-puissant, parfaitement bon, parfaitement juste. Un Dieu qui vivait depuis toujours dans une relation parfaite avec lui-même. Un Dieu qui n’avait besoin de rien, un Dieu qui ne manquait de rien.

Mais ce Dieu d’amour décida par amour de donner la vie à des milliers, des millions, des milliards de créatures vivantes qui au fond ne le méritaient pas. Ces créatures n’avaient rien fait pour obtenir la vie. Cette vie n’était qu’un cadeau, une preuve gratuite et imméritée de l’amour de Dieu.

Ces créatures, nous les appellerons « humains », Dieu les plaça dans un écrin de perfection, une planète que Dieu façonna pour qu’ils y vivent dans une relation permanente avec leur Dieu créateur.

Mais, hélas, l’humain rejeta son Dieu. Il se coupa de cette relation parfaite, source de vie éternelle. Il fit sa vie comme il l’entendait, sans plus s’occuper de la volonté de son créateur. Et, entre autres drames, cela conduisit l’humain petit à petit vers la mort. Ce monde si merveilleux devint perdu.

Mais Dieu resta plein d’amour pour l’humain. Il aimait toujours ces êtres, mais ce Dieu pleinement juste ne pouvait pas non plus faire comme si de rien n’était. Comme si l’humain ne l’avait pas abandonné. Comme si l’humain ne s’était pas montré coupable envers son créateur.

A chaque choix, il y a des conséquences. Et le choix de l’humain avait pour conséquence la mort. Alors comment lui rendre la vie ? Comment lui redonner accès à la vie ?

C’est alors qu’en toute justice, Dieu mis à nouveau son amour en action. Il vint sur terre en devenant un homme, Jésus le Christ. Il parla aux humains de ce Dieu qu’ils avaient rejeté. Il leur parla de cette relation, source de vie, à laquelle ils n’avaient plus accès. Et il fit alors ce qui semblait pure folie aux yeux du monde : Lui, le Dieu, le maître, l’innocent, donna sa vie et reçu la mort à la place des coupables que nous étions.

Mais même dans la mort, il resta tout-puissant. Même en ayant payé pour les coupables, il resta innocent. Il revint alors à la vie. Et aujourd’hui, pour toujours il vit encore et appelle les humains à le rejoindre dans la vie, à le suivre dans la vie, et à vivre dès maintenant tel qu’il l’a toujours désiré pour nous : dans sa présence, et selon sa volonté.

C’est une belle histoire, et c’est une histoire vraie. D’ailleurs pour beaucoup d’entre nous, si nous sommes ici ce matin, c’est parce que nous avons fait le choix d’accepter ce cadeau de Dieu pour nous-mêmes. Nous avons accepté de suivre le Christ dans la vie. Nous lui avons donné notre vie. Et ces personnes qui suivent le Christ sont appelées ses « disciples », ou ses « témoins », ou encore « chrétiens ».

C’est une belle histoire, une histoire de vie. Une histoire pour maintenant, que nous devons vivre dès aujourd’hui. Mais justement, une question se pose, et c’est à ça que je voulais en venir. Comment le vivre ? Qu’est-ce que signifie « être témoin » du Christ ? Qu’est-ce que c’est qu’être « disciple » de Jésus ? Qu’est-ce que Dieu attend de nous ?

Et bien nous allons lire ensemble quelques passages de l’épître aux Éphésiens qui vont nous éclairer sur ce sujet.

Et nous commençons par lire en Éphésiens chapitre 5, les versets 1 et 2.

« Puisque vous êtes les enfants bien-aimés de Dieu », ha, nous sommes bien dans le thème. L’auteur de l’épître s’adresse ici à ceux qui sont appelés « enfants de Dieu ». C’est une autre manière de parler des « disciples du Christ ». C’est pour ça qu’il nous a fallu prendre le temps de se souvenir de toute cette histoire. On ne parle pas à tous les humains dans ce texte, mais à ceux qui ont accepté le cadeau de Dieu en Jésus-Christ.

« Puisque vous êtes les enfants bien-aimés de Dieu, suivez l’exemple de votre Père ». C’est bien ce que nous cherchons, à suivre son exemple, à être ses témoins, mais comment faire ?

« Que toute votre vie soit dirigée par l’amour, comme cela a été le cas pour le Christ : il nous a aimés et a livré lui-même sa vie à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice dont le parfum plaît à Dieu ».

C’est ce que nous avons rappelé, l’œuvre d’amour de Dieu en Jésus-Christ. Et de même nous sommes appelés à témoigner de l’amour de Dieu en se laissant diriger par son amour dans notre vie. On se rapproche, mais cela ne nous dit pas concrètement « comment » être un témoin du Christ. Allons un peu plus loin, au verset 15, pour voir si l’auteur précise sa pensée.

« Veillez donc avec soin à votre manière de vivre. Ne vous comportez pas comme des insensés, mais comme des gens sensés. Mettez à profit les occasions qui se présentent à vous, car nous vivons des jours mauvais ». On se rapproche encore, on commence à évoquer les occasions qui peuvent se présenter d’être des témoins du Christ. Ca chauffe, ça chauffe ! Regardons le verset suivant !

« C’est pourquoi ne soyez pas déraisonnables, mais comprenez ce que le Seigneur attend de vous. » Ca y est, il va nous le dire, il va nous dire ce que Dieu attend concrètement de ses enfants, de ses disciples, de ses témoins ! Et pour un Dieu si extraordinaire, un Dieu qui est allé jusqu’à donner la vie de son fils, ça va forcément être quelque chose d’énorme qu’il va attendre de nous ! Quelque chose d’incroyable ! De miraculeux ! D’inhumain ! De spectaculaire ! Moi j’en peux plus ! Je veux savoir ! Alors regardons vite aux versets 33 et suivants pour découvrir les attentes fabuleuses de Dieu envers ses disciples !

« Que chaque mari aime sa femme comme lui-même, et que chaque femme respecte son mari.

Vous, enfants, obéissez à vos parents à cause du Seigneur, car c’est là ce qui est juste. Honore ton père et ta mère : c’est le premier commandement auquel une promesse est rattachée : pour que tu sois heureux et que tu jouisses d’une longue vie sur la terre.

Vous, pères, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les éduquant et en les conseillant d’une manière conforme à la volonté du Seigneur. »

Ho. Sérieux. C’est tout ? On s’attendait peut-être pas à ça. Quand la Bible nous parle de tout l’incroyable de l’amour de Dieu pour nous en Jésus-Christ, quand la Bible nous demande de vivre en prenant exemple sur Dieu qui a donné la vie de son fils, quand la Bible nous demande de vivre en disciple du Christ, en témoin du Seigneur, elle commence par nous dire de le faire chez nous. Dans notre famille. Avec notre mari, notre femme, nos parents, nos enfants…

On peut être un peu déçu. Ca semble banal, normal, pas très grandiose. C’est vrai, c’est quelque chose qu’on fait tous assez naturellement, pas vrai ?

Naturellement ? C’est vraiment sûr ? Et bien moi j’aimerais vous parler un peu de ce que j’observe un peu partout à ce sujet. Vous parler également de comment je me suis souvent comporté moi-même, notamment durant mon adolescence. Et je pense ne pas être le seul.

Mais avant de vous en parler, et pour détendre cette réflexion, on va commencer par le regarder. Regardez ce qui va suivre, on en rediscute après.

Vidéo « Pass the salt ».

Qu’est-ce qui se passe dans cette vidéo ? Bien sûr, on pourrait parler de l’omniprésence de la technologie qui nous coupe des relations humaines. On pourrait parler de l’adolescent rebelle qui ne montre pas de respect pour ses parents. Mais personnellement, c’est pas ce que je vois.

Ce que je vois dans cette vidéo, c’est 2 adolescents qui donnent toute leur attention à des relations extérieures à leur famille. Si leur téléphone sonne, c’est qu’ils reçoivent probablement un message d’un ami. C’est de la relation humaine, même si elle se fait à distance.

C’est pas des ados qui se coupent des autres, ils sont en relation. C’est pas des ados qui cherchent forcément à être rebelles, irrespectueux. Mais c’est des ados qui font passer les relations familiales après les autres relations.

Ils sont avec leurs parents, en famille. Mais c’est le grand silence. Au lieu de parler ensemble, au lieu de se montrer de l’intérêt, de l’affection, de l’amour, toute leur attention est focalisée sur leurs relations extérieures. La famille passe après.

Et c’est pas quelque chose réservé aux ados, ça c’est qu’un exemple. Mais je pense que c’est une manière d’être beaucoup plus répandue.

Pour beaucoup d’entre nous, nos journées sont très remplies de beaucoup de relations et d’activités. Au travail. Dans les études. Avec les amis. Toutes ces relations et ces activités nous demandent un grand investissement personnel. Investissement au niveau du temps, c’est des heures et des jours entiers qu’on consacre au travail, aux études ou aux amis. Investissement au niveau intellectuel ou physique, c’est parfois fatiguant de travailler, d’étudier, ou d’être en relation avec nos amis. Mais également investissement relationnel, ou émotionnel, on donne de notre patience, de notre écoute, de notre compassion dans toutes ces relations extérieures à la famille.

On en vient parfois à être accaparé tout entier. On donne beaucoup, parfois tout de nous-mêmes dans ces domaines. Ca occupe une grande place dans nos vies, dans notre énergie et dans nos réflexions.

Puis vient le soir. On rentre chez soi. On retrouve notre famille. Et qu’est-ce qu’il nous reste de force physique, de force intellectuelle, de force émotionnelle ? Qu’est-ce qu’il nous reste comme attention que nous pouvons donner à notre famille ? Parfois, plus grand-chose.

On n’a plus la force de demander comment s’est passée la journée. On n’a plus le courage d’écouter. On n’a plus la volonté de donner, de partager, de prendre soin. On considère que les membres de notre famille savent qu’on les aime. Ca va de soi. Pas besoin de le dire ou de le démontrer tous les jours. On a la tête ailleurs. On n’a plus de patience à donner. On s’agace facilement. On se vexe, on râle, on s’énerve.

On n’a plus d’amour et d’attention à donner parce qu’on a déjà tout donné auparavant, à l’extérieur de la famille, au travail, au bahut, avec nos amis.

Parfois même ça peut aller jusqu’à ne plus avoir le temps d’être présent pour notre famille. Un travail qui bouffe toute notre semaine, qui nous prend chacun de nos instants. On ne voit plus son conjoint, on ne voit plus ses enfants.

Mais vous allez me dire : Le Seigneur veut que je donne de l’amour dans ma vie, autour de moi ! Il veut que je fasse sa volonté dans tous les aspects de mon existence ! Donc ça inclus aussi le travail, les études ou les amis !

C’est vrai. Mais dans les textes que nous venons de lire, lorsque le Seigneur nous explique ce qu’il attend de ses disciples, la chose PREMIERE dont il nous parle, c’est d’agir en disciple du Christ à l’intérieur de notre famille. Il ne dit pas que le reste n’est pas bon. Bien au contraire. Mais il nous dit que ce qui vient en premier, c’est de vivre et de transmettre l’amour et la justice de Dieu dans notre foyer. Parce que ce rôle au sein de notre famille, personne ne peut l’occuper à notre place. Au travail quelqu’un peut suppléer. Avec nos amis on peut toujours reporter. Mais dans la famille, si nous délaissons notre place, elle reste vide, un vide que personne ne peut combler, personne à part nous-mêmes.

Tout ce qui devait être fait d’extraordinaire, Dieu l’accompli lui-même. Parce qu’il est extraordinaire. Et finalement, ce qu’il nous demande à nous ses disciples, ses témoins, ses enfants, ce n’est pas si inhumain que ça. Et pourtant, soyons honnêtes, est-ce qu’on n’a pas bien souvent du mal à le vivre ?

« Puisque vous êtes les enfants bien-aimés de Dieu », c’est ce que nous sommes si nous acceptons le cadeau de pardon, de relation et de vie éternelle que le Seigneur nous fait en Jésus-Christ.

« suivez l’exemple de votre Père. Que toute votre vie soit dirigée par l’amour, comme cela a été le cas pour le Christ », mais si celui que nous appelons « notre Père » donne effectivement de son amour à tous les hommes à chaque instant, le cadeau suprême qu’il fait en Jésus-Christ l’est uniquement pour ceux qu’il appelle « ses enfants ». Le plus grand amour, Dieu le donne à sa famille, et il désire que nous suivions son exemple.

« Ne vous comportez pas comme des insensés, mais comme des gens sensés (…), ne soyez pas déraisonnables, mais comprenez ce que le Seigneur attend de vous. », est-ce que dans ma manière d’équilibrer ma vie, je sais être raisonnable, sensé ? Ou pour dire autrement, est-ce que je place les priorités au bon endroit ? Est-ce que je choisis bien ce qui doit être le centre de mon temps, de mes efforts, de mes préoccupations et de mon attention ? Ou est-ce que je me montre déraisonnable, insensé, déséquilibré ?

Et voici ce qui est juste, voici ce qui est raisonnable, voici ce qui est sensé, voici la priorité que Dieu attend de chacun d’entre nous, c’est « que chaque mari aime sa femme comme lui-même, et que chaque femme respecte son mari. Vous, enfants, obéissez à vos parents à cause du Seigneur, car c’est là ce qui est juste. Vous, pères, n’exaspérez pas vos enfants, mais élevez-les en les éduquant et en les conseillant d’une manière conforme à la volonté du Seigneur. ».

Que le Seigneur nous guide et nous éclaire dans notre manière de vivre, pour que ce qui est premier à ses yeux puisse également l’être dans notre vie présente. Amen.

 

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