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Un Messie à ne pas suivre

Luc 9.18-27 : Un jour que Jésus priait à l’écart, ayant avec lui ses disciples, il leur posa cette question: Qui dit-on que je suis ? Ils répondirent: Jean Baptiste; les autres, Élie; les autres, qu’un des anciens prophètes est ressuscité. Et vous, leur demanda-t-il, qui dites-vous que je suis? Pierre répondit: Le Christ de Dieu. Jésus leur recommanda sévèrement de ne le dire à personne. Il ajouta qu’il fallait que le Fils de l’homme souffrît beaucoup, qu’il fût rejeté par les anciens, par les principaux sacrificateurs et par les scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. Puis il dit à tous: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive.

Après avoir accompli quantité de miracles et de guérisons, après avoir débattu âprement avec les pharisiens et les scribes, après avoir nourri des foules entières avec cinq pains et deux poissons, c’est le temps de se poser pour Jésus. En tout cas, dans la narration biblique de Luc, ce passage intervient comme une halte au milieu d’une profusion d’actions. Jésus prie. Il prend ce temps et avec ses disciples. Au milieu de nos journées bien chargées, de nos occupations diverses et variées, cela reste un exemple à suivre pour nous.

Prier, se mettre à l’écart est souvent l’occasion de faire le point, le bilan, de regarder en arrière et évaluer ce qui a été fait. Et aussi envisager l’avenir. Pour Jésus, c’est aussi le moment de faire le point, loin de la foule et des pharisiens. Faire le bilan de cette première partie de ministère. Et pour faire ce point, il sollicite l’avis de ses plus proches collaborateurs : les disciples.

Nous pourrions penser qu’Il va leur demander ce qu’ils ont pensé de cette première partie de mandat, si ce qu’Il avait fait ou dit était bien ou s’il y avait des choses à améliorer. Mais non, surprise, Jésus leur commande une étude sur sa côte de popularité. Or, il faut savoir que Jésus vit dans une époque très particulière, voire unique. En effet, plusieurs prophéties de l’Ancien Testament faisaient converger l’idée qu’à ce moment là de l’histoire allait surgir le Messie, l’Oint de Dieu. L’attente était tellement forte que les historiens ont recensé plus de cent candidats messies. Le caractère du Messie revêtait diverses formes selon les juifs. Les Judéens voyaient en lui surtout un prophète. Les Esseniens attendaient eux plutôt deux messies : un messie roi et un messie en tant que chef religieux. Plus étonnant encore, il semble qu’il y ait eu aussi une attente unique chez les paiens. Les historiens Tacite et Suétone témoignent à la fin du Ier siècle – début du IIème siècle de l’attente des « dominateurs du monde » venus de Judée. Virgile rapporte l’oracle de la Sybille de Cumes annonçant la venue de la Vierge et de son enfant merveilleux qui apportera l’âge d’or. Et enfin, il semble scientifiquement prouvé maintenant que les astrologues babyloniens avaient aussi calculé avec une précision étonnante la venue de l’étoile du Messie, le dominateur du monde.

C’est donc tout le Proche Orient qui est en effervescence à l’époque de Jésus et dans l’attente du dominateur du monde, Or, il s’avère que la côte de popularité de Jésus est assez bonne puisque selon ses collaborateurs, le peuple pense qu’Il est soit Elie, soit Jean Baptiste, soit un des anciens prophètes ressussités. Au travers des réponses de la foule, on comprend que les gens ne se trompent pas sur Jésus et qu’ils ressentent qu’il n’est pas comme les autres. Petit à petit est en train de se créer dans la conscience collective cette idée que peut-être Il est enfin ce fameux libérateur, ce sauveur tant attendu par la nation d’Israël qui va enfin délivrer son peuple de l’oppression romaine en particulier. Mais tout cela est encore confus dans l’esprit des gens qui ne savent pas trop quel statut lui attribuer néanmoins exactement et pour l’instant, Jésus est vu avant tout comme un grand prophète, comparé aux prophètes les plus anciens ou modernes renommés dans le pays.

C’est très flatteur pour un fils de charpentier d’un petit village. Mais cela n’impressionne pas Jésus semble t-il. Maintenant, il va plus loin et s’adresse directement à ses disciples pour leur demander qui Il est selon eux. C’est Pierre, leur porte parole qui lui répond : le Christ de Dieu. Il ajoutera dans l’évangile de Mathieu : le Fils du Dieu vivant. Pour ceux qui ont côtoyé Jésus depuis des mois, ce n’est pas la même chose. Eux aussi pensent que Jésus n’est pas quelqu’un comme les autres, qu’Il est différent. Après l’avoir vu vivre au quotidien, après l’avoir entendu à de nombreuses reprises de façon publique ou privée, après l’avoir vu agir dans des circonstances très variées, ils commencent à se forger la conviction que Jésus est peut-être bien ce Messie tant attendu, le Christ et plus encore le Fils de Dieu Lui-même. Pas juste un prophète comme il en a tant existé mais vraiment le Libérateur d’Israël ou ce dominateur du monde attendu par les païens. Mathieu nous dira que c’est poussé par l’Esprit que Pierre donnera cette réponse à Jésus.

Et pour nous qui est Jésus ? Spontanément, nous répondrons qu’Il est notre Seigneur et notre Sauveur. Mais, cela fait partie de nos acquis, de nos évidences. Mais si nous prenions un peu de recul, si nous faisions une pause justement dans notre vie trépidante, si nous passions cette question au crible de notre quotidien, quelle serait notre réponse ? Serait-elle aussi évidente ? Serions-nous capables de ne répondre à cette question que par des réponses positives ? Il est possible qu’avec le temps, les changements de vie, nous ayons fini par voir aussi Jésus comme le fils d’un Dieu lointain, qui ne s’intéresse pas à nous, qui nous délaisse même et nous laisse livrés à nous-mêmes et à nos soucis, nos souffrances, nos maladies. Un Dieu pervers, qui prendrait plaisir à nous voir souffrir. Un Dieu incompréhensible face aux circonstances douloureuses que nous traversons et qu’Il semble permette. Nos peurs, nos angoisses, nos colères, nos lassitudes n’ont-elles pas changés la perception et l’identité que nous nous faisions de Jésus ? Oui, qui est Jésus pour moi aujourd’hui ?

En tous cas, pour Pierre, en ce moment là, il n’y a pas de doute : Jésus est le Christ de Dieu, Son Fils. Jésus confirme que ce que déclare Pierre est juste. Mais Il surprend ses disciples en leur interdisant d’en parler autour d’eux. Après tout, cela peut se comprendre. Pour qu’Il arrive à devenir un leader incontestable, il faut préparer son futur règne dans le secret avant qu’il n’en soit empêché. Oui, mais alors, quelle est sa stratégie pour arriver au pouvoir ? Une stratégie bien étrange : souffrir beaucoup, être rejeté par les chefs religieux, mourir et ressussiter trois jours après. Cette stratégie là est incompréhensible pour les disciples : qu’il faille souffrir et essuyer du rejet pour arriver au pouvoir, cela peut encore se comprendre. Mais mourir et ressussiter, voilà bien une fin étrange pour un futur dominateur du monde et une vision déconcertante du futur avec la résurrection à laquelle tous les juifs ne croient pas.

Si Pierre a bien admis que Jésus était le Messie, le fils du Dieu vivant, il ne peut cependant concevoir que Jésus finisse ainsi. Un homme avec un tel potentiel qui finirait ainsi, quel gâchis pour le peuple d’Israël et accessoirement pour les disciples dont Pierre. Aussi, Mathieu et Marc nous rapportent que Pierre prend Jésus à part et lui dit qu’il espère bien que cela ne se passera pas comme Jésus l’a dit mais autrement. L’opposition de Pierre face à ce qui attend Jésus, met en lumière ses véritables intentions et ses véritables convictions sur son identité. Pierre veut se ranger derrière un chef religieux, politique, un futur dominateur du monde, un Maître qui saura le protéger, le garder, le défendre, le guérir et lui assurer aussi un avenir prospère en étant un de ses collaborateurs. Pierre veut un Messie à suivre, derrière qui se planquer pour ne pas avoir à assumer qui il est vraiment ou un Messie sur qui se décharger de ses responsabilités… Mais Jésus lui ne veut pas de quelqu’un qui le suive de cette façon et Il reprend vertement Pierre en l’assimilant à Satan et en lui disant sèchement de se mettre en arrière de lui puisque c’est la seule place qui lui revienne, étant donné qu’il ne pense que comme les autres hommes.

Et Jésus en profite alors pour s’adresser aux autres et leur lance un appel inattendu : si quelqu’un veut suivre Jésus, qu’il renonce à lui-même qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il le suive. Ces paroles ont rarement laissé insensibles ceux qui les ont entendues. Cet appel est entendu en général de la façon suivante pour caricaturer : si on veut suivre le Christ, il faut s’apprêter à renoncer à soi-même, accepter de ne plus avoir de vie propre, Il ne faut plus vivre que pour Jésus et plus pour nous. Quelque part, nous ne devons plus nous autoriser à vivre pour nous-mêmes mais seulement pour Jésus. Il nous faut nous préparer à une vie mortifère et de souffrance évoquée par le fait de prendre sa croix de chaque jour et suivre Jésus. En résumé, le christianisme présenté ainsi serait une vie de sacrifice et de souffrance, uns sorte d’hymne au martyr. Dépeint ainsi, cet appel a suscité deux réponses en général :

  • Soit, cet appel est insoutenable pour celui qui l’entend car vivre une vie où on ne s’autorise plus à vivre librement, vivre une vie de sacrifice et de souffrance, s’aliéner à quelqu’un et souffrir toute une vie lui parait impossible. Il préfère rejeter l’appel du Christ pour vivre sa vie comme il l’entend et la vivre ave le maximum de plaisirs tant qu’à faire. Carpe Diem ! Cet appel fait ainsi souvent partie de ces versets clés qui ont fait buter des personnes dans leur recherche spirituelle et les ont empêché de venir à Dieu car la vie ave Dieu qui leur est proposé n’a rien de réjouissant.
  • Ou bien cet appel est entendu et reçu par des hommes et des femmes préparés à ce genre d’appel : ce sont des personnes qui se déprécient, qui ont une mauvaise image d’elles-mêmes, qui pensent que de toute façon, elles ne méritent que de souffrir dans la vie. A cause des circonstances de vie qu’elles ont traversé, elles n’ont pas le droit de vivre, elles ne s’autorisent pas à vivre, à profiter de la vie car elles sont certainement coupables de quelque chose qu’elles ont fait dans le passé et qui fait que c’est en quelque sorte leur punition que de vivre une vie de souffrance et de sacrifice. Cet appel peut donc être entendu comme un hymne au martyr qui sublimerait la vie chrétienne pour lui donner un sens particulier et une dimension hors norme. Et bon nombres d’hommes d’Eglise et de prédicateurs appuient sur la détente de la culpabilité pour pousser des croyants sincères mais englués dans un tel état d’esprit à envisager la vie chrétienne ainsi.

Or, de ces deus réponses à l’appel de Jésus, aucune ne me satisfait. Je me suis ainsi penché avec attention sur le texte biblique original pour essayer de voir si je ne trouverais pas une autre façon d’envisager l’appel de Jésus. Et au fil des mes lectures et de mes vérifications, j’en suis arrivé à trouver une autre réponse à cet appel. Pour cela, il faut reprendre l’étymologie des mots grecs utilisés et la définition qu’on leur donne habituellement dans les traductions et les interprétations de ce passage, notamment en français :

  • Si quelqu’un veut venir après moi : Le mot grec utilisé ici est ὀπίσω : aller derrière. Autrement dit, si quelqu’un veut aller derrière Jésus, si quelqu’un choisirait de laisser Jésus imprimer le mouvement, le laisser aller devant, s’en remettre à lui entièrement comme un chef, un guide qui prendrait en charge sa vie, qui prendrait les décisions pour lui un peu comme le font les parents avec les jeunes enfants d’une certaine façon ou plus encore comme le fait le maître avec l’esclave ou l’ingénieur avec le robot, si quelqu’un veut vivre sa vie en donnant procuration à Jésus…
  • qu’il ἀρνέομαι : dise non à lui même, qu’il se refuse une relation de ce type : une suivance d’esclave qui obéit et qui souffre sans broncher. Le mot grec utilisé par Jésus ici a plusieurs sens. Il est souvent traduit par renoncer à soi-même, c’est-à-dire s’oublier, ne plus s’autoriser à vivre. Ainsi, traditionnellement, on entend cette phrase comme le fait de littéralement s’écraser soi-même pour ne plus vivre que pour celui que l’on suit comme le fait le disciple avec un gourou d’une secte. Mais une autre définition de ce mot grec a été souvent oubliée dans nos traductions françaises. Ici, on pourrait entendre l’appel de Jésus à dire : si pour toi, moi Jésus, je suis un futur dominateur du monde à la manière d’un Napoléon ou un fuhrer devant lequel tu désires t’effacer pour ne faire que lui obéir et le servir, refuse cette pensée, cette vision, cette conception là que tu as de moi et de notre relation. Dis non à toi-même et refuse ces pensées et ces représentations.
  • Prend ta croix chaque jour : cette expression est devenue tellement forte dans nos consciences collectives à travers le temps que nous en avons fait une expression populaire qui évoque un quotidien lourd à porter, rempli de souffrances et de douleurs. Faisant suite immédiatement à l’évocation par Jésus de Sa future Passion à Ses disciples, cela pourrait se comprendre. Mais le terme grec αἴρω signifie en fait lever, soulever, s’emparer, d’où l’idée d’ôter, supprimer. La croix est un instrument qui fait de nous des êtres passifs, paralysés, subissant une souffrance atroce et attendant lentement que la mort nous envahisse. Elle fait de nous en quelque sorte des morts-vivants. Mais en jetant un regard neuf à la lumière de l’étymologie du verbe employé par Jésus, les choses prennent un autre visage. Cet instrument de supplice qui fait de nous des être passifs, paralysés, morts-vivants, nous sommes appelés à le lever, à le soulever. Quand on soulève quelque chose, on en acquiert le maniement et on le maitrise. En l’occurrence, soulever notre croix chaque jour fait référence à ce fait que chaque jour, nous désirons renverser la situation pour ne plus être des êtres passifs et morts mais des êtres bien vivants et libres. Sur le chemin où se trouve Jésus, nous sommes appelés à être les porteurs souverains, triomphants de notre destin de créature destinées à mourir non seulement physiquement mais aussi spirituellement. Jésus a triomphé de la mort une fois pour toutes en ressussitant. Nous devions mourir sur la croix car nous étions pêcheurs et le salaire du pêché c’est la mort. Mais Jésus est mort pour nous, à notre place sur cette croix et Il a pris nos pêchés sur Lui. Il nous a introduits dans une vie nouvelle, une vie d’éternité en ressussitant le troisième jour. Désormais, c’est chaque jour que nous sommes appelés à soulever cette croix qui voudrait à nouveau nous paralyser, nous empêcher de vivre pour nous voir comme des créatures libres et vivantes et vivre de cette façon.
  • Et qu’il me suive. En principe, nos versions françaises traduisent le mot grec utilisé ici de la même manière qu’elles traduisent le premier verbe utilisé par Jésus : si quelqu’un veut me suivre. Or, le mot grec ἀκολουθέω utilisé ici signifie bien plutôt accompagner. Quand quelqu’un a refusé de suivre Jésus en le considérant comme un chef auquel il faut se soumettre sans broncher ou quand quelqu’un a refusé de suivre Jésus comme un maître ou un gourou derrière qui on peut fuir et se planquer par peur ou angoisse de vivre, quand il a réalisé ce qui s’est passé à la croix et qu’il a choisi de vivre sa vie de façon nouvelle et triomphante, il peut rejoindre Jésus sur le chemin et l’accompagner. Nous ne sommes pas des êtres planqués derrière un leader qui nous protègerait de la mort et d’une vie trop dure. Mais en entendant, en recevant cet appel de Jésus, nous pouvons au contraire être restaurés dans notre dignité d’être vivant, d’être humain car nous avons la grâce d’accompagner Jésus. Jésus, Emmanuel : Dieu avec nous. Jésus nous considère comme un vis-à-vis. Il nous rappelle que nous sommes à l’image de Dieu et que le projet de Dieu au départ en créant l’homme était de pouvoir avoir cette relation de vis-à-vis que le pêché s’est évertué à détruire toujours plus. Nous nous construisons selon notre lieu de naissance, notre culture, notre éducation, notre vie familiale et souvent, l’image que nous nous bâtissons de nous-mêmes est une image faite d’une mauvaise estime de nous, d’un sentiment d’infériorité qui engendrent plein d’attitudes, de pensées, de motivations négatives. Dieu nous invite en Jésus à aller avec Lui sur le chemin de la vie. Et Jésus nous promet qu’il sera avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Cette présence est d’autant plus effective que l’Esprit Saint a été répandu en nous et que Celui-ci scelle cet accompagnement divin quotidien. Nous ne sommes plus seuls sur la route. Nous n’avons plus à avoir peur ou honte d’être nous-mêmes : Jésus est là, nous témoignant chaque jour Son amour et Sa bonté qui nous donnent la force d’être enfin nous-mêmes.

Que pouvons-nous retenir en conclusion de tout cela ?

  • A nous hommes et femmes du XXIème siècle retentit cette lointaine question : et vous, qui dites vous que je suis ? Qui est pour nous Jésus aujourd’hui ? Puis, après avoir répondu à cette question, notre texte nous invite à aller plus loin dans notre réflexion : à part, Jésus, qui est important dans ma vie aujourd’hui et quelle place y occupe t-il ? Y tient-il une place d’accompagnant ou une place de « gourou », de dominateur à qui je remets toute parole ou qui me refuse toute parole et toute possibilité d’exister ? Ainsi, ce texte nous invite à repenser nos relations et ce qui les motive.
  • La vie chrétienne n’est donc pas une vie mortifère, constituée de sacrifice et souffrance. Certes, être chrétien ne nous empêche pas de vivre dans un monde corrompu par le pêché et livré à l’entropie et d’en subir les effets et les conséquences en étant exposé à la maladie, à la souffrance, à la peine, à la peur, à l’angoisse… Mais l’appel que Jésus nous adresse ici est un appel à la vie et à la liberté qui nous procurent une joie et une paix sans commune mesure avec ce que le monde dans lequel nous vivons peut nous offrir.
  • L’appel de Jésus est un appel à prendre sa vie en main en lâchant prise à la croix de Golgotha. Il est possible que nous ayons peur de vivre, que nous soyons effrayés par un monde menaçant. Il est possible qu’au fil du temps, nous nous soyons construits une image de nous-mêmes négative faite d’un mélange de culpabilité, de sentiment d’infériorité et de mauvaise estime de soi. Il est possible que nous ne parvenions pas à nous accueillir et à nous accepter nous-mêmes et ce d’autant plus que nous ne cessons de nous comparer aux autres et de chercher dans leur regard leur approbation. Il est possible que nous ne nous autorisions pas à vivre car des circonstances de vie et des personnes nous ont signifié que nous ne méritions pas de vivre ou que nous n’avons pas de place dans ce monde. C’est à nous de trouver cette croix de chaque jour et qui peut prendre des formes, des visages différents dans le temps, C’est à nous de trouver cette croix que nous subissons chaque jour dans notre vie et qui fait de nous des êtres passifs, paralysés, comme morts-vivants. Et quand nous l’avons trouvé, soulevons-la de façon triomphante. A la croix, mon vieil homme est mort avec Jésus et je suis désormais une nouvelle créature. Jésus m’invite à l’accompagner sur un chemin nouveau. A partir de ce jour là, la reconstruction de mon moi profond a commencé et ne s’arrêtera plus. C’est un processus de vie. Mais rien n’est acquis et chaque matin, la construction reprend vie. Chaque matin, il nous faut laisser s’éteindre les cendres du passé, sans attiser les peurs du futur pour construire du nouveau avec du nouveau, par la foi.

Chaque matin, au moment de reprendre la route, Jésus est là. Il nous attend avec patience, avec bonté, avec amour, prêt à nous accompagner pour un nouveau bout de route. Il est notre Bon Berger qui désire prendre soin de nous et être AVEC nous. Cessons de faire dans nos vies du hors piste où rôdent les lions et les loups de notre vie qui veulent nous dévorer et reprenons notre route AVEC Jésus paisiblement.