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Une foi qui coûte

Bonjour à tous. Aujourd’hui pour la prédication on va lire un texte de l’Évangile de Matthieu. C’est un texte qu’on a étudié vendredi en étude biblique. Donc ceux qui étaient présents vendredi savent déjà en partie de quoi on va parler. Mais au final, tout ce qu’on a pu partager ce jour-là sur ce texte, j’ai vraiment eu à cœur de pouvoir l’apporter à toute notre assemblée.

Et nous lisons donc ce texte de Matthieu chapitre 19, et on va en lire tout d’abord les versets 13 à 15.

Lecture Matthieu 19.13-16.

  • Entrer dans le Royaume de Dieu.

Ce passage pose dès le départ ce qui va être la question principale de cette prédication. Comment fait-on pour entrer dans le Royaume de Dieu ?

C’est vrai, Jésus prend des enfants pour exemple en disant que le Royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent. Mais ça, ça veut rien dire. Ressembler à un enfant pour entrer dans le Royaume des cieux ?

Est-ce que ça voudrait dire qu’il faut redevenir ignorant ? Parce qu’un enfant ça a pas énormément de connaissances. Dans ce cas-là, ça pourrait vouloir dire qu’avoir une foi trop réfléchie, trop basée sur la connaissance ou l’intelligence, c’est mauvais. Mais pourtant, la Bible passe son temps à nous appeler à étudier la Parole de Dieu. A chercher à toujours mieux connaître et comprendre notre créateur, pour pouvoir mieux croire en Lui. La connaissance, dans la foi, c’est pas mauvais, bien au contraire ! Donc ça doit pas être ça.

Ou alors ça voudrait dire qu’il faut redevenir égocentrique ? Se préoccuper avant tout de nous-mêmes et de notre salut ? Bon heureusement tous les enfants ne sont pas égocentriques, mais dans le développement de l’enfance il y a une période d’apprentissage de ce qu’est l’autre. L’enfant commence par se penser lui-même dans le monde qui l’entoure avant de pouvoir penser à l’autre. Donc il y a une période d’égocentrisme. Mais bon, la Bible nous appelle justement constamment à l’amour du prochain, à regarder à l’autre. Donc ça doit pas être ça.

J’ai souvent entendu des personnes dire qu’être comme des petits enfants, c’est parler de retrouver une certaine innocence. Personnellement je n’ai pas d’enfants. Mais j’ai 11 neveux et nièces et je me suis beaucoup occupé de chacun d’entre eux à tous les âges. Et si il y a bien un qualificatif que je n’ai jamais pensé leur attribuer, c’est le bien l’innocence.

Un enfant c’est pas innocent. Ça désobéit, ça ment… Ça se rend pas forcément compte de la gravité des choses, mais en ce sens l’enfant n’est pas innocent, il est ignorant, c’est pour ça qu’il a besoin d’éducation, d’apprendre ce qui est bien et ce qui est mal. Mais innocent ? Surement pas.

Alors qu’est-ce que Jésus veut dire dans cette phrase « Le Royaume des cieux appartient à ceux qui ressemblent à des petits enfants ? ».

Quand Jésus dit ça, ça intrigue énormément toutes les personnes présentes. Ca intrigue avant tout ses disciples, qui justement pensaient que les enfants c’était bien les dernières personnes à pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. C’est pour ça qu’ils se sont opposés à ce que les enfants s’approchent de Jésus. Donc les disciples sont intrigués par ce que dit le Christ.

Mais il y a aussi ce jeune homme. Ce jeune homme qui devait se trouver dans l’assistance, et qui se posait justement cette question depuis un bon moment. Comment être sûr de rentrer dans le Royaume de Dieu ? Comment être sûr d’avoir la vie éternelle auprès de Dieu même après notre mort ? C’est une question qui l’obsédait, une angoisse qui marquait sa vie entière !

Nous avons ce jeune homme qui se pose cette question. Et il entend Jésus dire qu’entrer dans le Royaume de Dieu, avoir la vie éternelle, c’est être comme un petit enfant ! Et il est comme nous, il n’y comprend rien ! Alors il interroge Jésus : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? ».

Et là, avant même de lire la suite, on a envie de donner la réponse. Parce qu’on la répète, dimanche après dimanche. La Bible nous dit « crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé ». Parce qu’il n’y a que Jésus qui puisse donner cette vie éternelle. Et c’est d’ailleurs écrit ici, sur ce mur, avec ce verset de Jean 3.16 : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. ».

Nous connaissons déjà la réponse. La réponse c’est la foi. La foi en Jésus. Mais bon, lisons quand même la réponse du Christ. Et on continue notre texte.

Lecture Matthieu 19.17.

  • Le salut par la foi ou par les œuvres ?

Pardon ? A tiens, Jésus ne parle pas de croire, il parle d’obéir. Non mais ça doit être pour commencer, normalement si on continue, il va très certainement parler de la foi. Il suffit de poursuivre. Alors on continue la lecture. On va voir.

Lecture Matthieu 19.18-19.

Pardon ? Non seulement Jésus ne parle de pas de la foi en Dieu, à la place il parle d’obéissance, et en plus il se met à faire une liste de bonne conduite pour être sauvé ?

Non, doit y avoir un souci. Si on continue encore il va forcément parler de la foi, parce que c’est CA et rien que CA qui sauve ! Alors on continue notre lecture.

Lecture Matthieu 19.20.

Voila, on y arrive, après l’obéissance il manque encore quelque chose, et ce quelque chose c’est quoi ? Nous on attend que Jésus parle de la foi. Et on lit le verset suivant.

Lecture Matthieu 19.21.

Quoi ? Le jeune homme demande quoi faire pour avoir la vie éternelle, Jésus commence par répondre qu’il faut obéir aux commandements, puis il fait une liste de bonne conduite, et enfin il demande de vendre et distribuer tous nos biens ? C’est quoi cette réponse ? Si jamais c’était ça avoir la vie éternelle, on n’aurait pas besoin du Christ pour l’avoir ! On peut le faire nous-mêmes ! Tout seul ! Il n’avait pas besoin de mourir pour nous dans ce cas !

Et c’est d’ailleurs le discours de la plupart des religions. Tu veux être sauvé ? Alors voila tout ce qu’il faut faire, voila aussi tout ce qui est interdit, et si tu respectes tout ça, c’est bon.

Mais jamais Jésus n’a enseigné quelque chose du genre. Au contraire, il appelle à se tourner vers Dieu par la foi, croire pour être sauvé !

Alors je vous rassure, Jésus n’a pas eu un coup de fatigue ce jour-là. Il n’a pas dit de bêtises. Il savait très exactement ce qu’il disait.

Il a devant lui un jeune homme qui vient avec une question : « Que dois-je FAIRE DE BON pour avoir la vie éternelle ? ».

Ce jeune homme veut être sauvé, mais il cherche à se sauver lui-même, en faisant ce qui est bien. Et c’est ce qu’il demande à Jésus, quels sont les choses bonnes qu’il faut faire pour être sauvé ?

Nous savons que sa démarche est inutile. On ne peut pas être parfait. Nous faisons tous le mal à un moment ou un autre de notre vie. C’est pour ça qu’on a besoin du Christ pour être sauvé. Mais lui pense qu’il peut y arriver par lui-même.

Alors Jésus décide de pousser le raisonnement du jeune homme jusqu’à lui montrer que ça peut pas marcher, que c’est humainement impossible !

Alors il lui dit : « Tu veux faire quelque chose de bon ? Et bien voici les commandements ». Et le jeune homme répond « mais tout ça, je l’ai appliqué. Ce que je veux savoir c’est ce qu’il me manque encore ! ». Alors Jésus le pousse encore plus loin dans cette logique de rechercher la perfection humaine pour obtenir le salut. Il lui dit « Si tu veux être parfait, va vendre tes biens, distribue le produit de la vente aux pauvres, et tu auras un capital dans le ciel ».

Jésus lui montre que s’il cherche une perfection humaine, alors il cherche ce qui nous est impossible. Parce qu’on peut toujours aller plus loin ! Ca ne suffira jamais !

Et le jeune homme s’en rend compte, parce que voici ce qui est dit au verset suivant.

Lecture Matthieu 19.22.

Jésus n’est pas en train de prêcher un salut par les œuvres. Au contraire. Il est en train de montrer tout l’impossible de cette démarche humaine. Et on le voit clairement un peu plus loin dans notre texte où les disciples demandent à Jésus : « Mais alors, qui donc peut être sauvé ? ». Et Jésus leur répond : « Cela est impossible aux hommes ; mais à Dieu, tout est possible. »

La démarche du jeune homme ne mène à rien. Jésus veut lui en faire prendre conscience. Et il termine d’ailleurs par donner au jeune homme la vraie solution, la seule vraie réponse à sa recherche de vie éternelle : « viens et suis-moi ».

On se posait la question de ce que signifie « être comme un petit enfant pour entrer dans le Royaume de Dieu ». Et bien voici la réponse : un enfant, ça ne possède rien, mais ça reçoit tout de la part de ses parents. Et bien de la même manière, le salut, la vie éternelle, le Royaume de Dieu, il ne nous appartient pas de l’obtenir par nous-mêmes. Mais comme de petits enfants, c’est de notre Père que nous devons le recevoir. Tout simplement en répondant à cet appel du Christ : « Viens, et suis-moi ».

Peut-être que dans votre vie vous êtes dans cette quête de la perfection. Toujours plus, toujours mieux, toujours plus beau, toujours plus performant, toujours plus rentable. Et ces choses ne sont pas mauvaises en soi ! La Bible même nous encourage à travailler à développer les dons que Dieu nous accorde, à progresser dans notre vie, à travailler sur nous-mêmes.

Mais ce qui fait toute la différence, c’est la base. Pourquoi est-ce qu’on court après ces choses ? Pour nous ? Pour chercher une reconnaissance de la part des autres ? Pour chercher un but à notre vie ? Pour devenir quelqu’un de bien ? Pour être aimé ?

Vous ne serez pas réellement aimés des autres simplement en étant gentil. Vous ne serez pas quelqu’un de bien simplement en cherchant à devenir parfait. La reconnaissance de ce que vous êtes par les autres ne dépend pas que de vos résultats. Tout simplement parce que cette perfection nous est impossible.

Mais Jésus nous apporte la vrai, la seule, l’unique réponse à chacune de ces quêtes. Tu veux être réellement aimé pour ce que tu es ? Viens, et suis-moi. Tu veux être lavé de tout le mal qui est en toi pour devenir quelqu’un de bien ? Viens, et suis-moi. Tu veux être reconnu à ta juste valeur au-delà des apparences et des performances ? Viens, et suis-moi. Tu veux avoir la vie éternelle auprès de ton créateur ? Viens, et suis-moi.

Et ensuite, sur la base de cette certitude en Jésus-Christ, dans ta vie, travaille à pratiquer le bien. Donne de l’amour autour de toi. Distingue-toi par ta gentillesse et ta bonté envers tous. Pas pour toi-même, parce que le Christ t’as déjà tout donné. Mais pour les autres, qui n’ont pas encore accepté ce cadeau.

  • Un choix qui coûte.

« Viens, et suis-moi ». C’est que 4 mots. C’est un choix qui semble simple. Et pourtant c’est un choix qui peut coûter beaucoup pour certains. Parce qu’il faut accepter de reconnaître que tout ce qui faisait le centre de notre vie ne doit plus l’être. Parce que c’est Dieu qui doit prendre cette première place.

Le jeune homme de notre texte, ce qui était le centre de sa vie et de sa joie, c’était sa richesse. Mais il ne pouvait pas se résoudre à laisser à Dieu la place qu’occupait l’argent dans sa vie. Pour certains d’entre nous, le centre de notre vie et de notre joie, ça peut-être notre travail. Pour d’autres, notre famille. Pour d’autres, nos loisirs.

Ces choses remplissent notre temps, remplissent nos pensées, remplissent notre vie ! Nous vivons pour elles, tout ce que nous faisons, nous le faisons dans ce but, nous le faisons pour ça. Mais est-ce que nous sommes prêts à placer ces choses à la seconde place, pour accorde toute la primauté à notre Seigneur ?

J’en parlais à l’étude biblique de vendredi, mais j’ai parfois l’impression ma foi ne m’a pas coûté grand-chose. Personne ne s’est jamais moqué de moi à cause de ma foi. J’ai grandi dans une famille chrétienne donc quand je suis parti en faculté de théologie pour être pasteur ma famille s’est réjoui. On m’a encouragé, félicité, on a prié pour moi. Même mes amis non-croyants ne m’ont jamais rejeté pour ma foi en Christ. Ils trouvaient ça bizarre, mais pas plus que plein d’autres choses chez moi alors, ça les a pas gênés plus que ça. Ca les a intrigués, ils m’ont posé beaucoup de questions, mais ils m’ont pas rejeté.

Mais j’ai rencontré justement en faculté de théologie une personne, qui est devenu un ami, et qui est maintenant pasteur dans notre Union d’Église. Cette personne avait dans les 40 ans quand on s’est rencontré. Et avant de venir en faculté de théologie, il était trader. Son travail, c’était faire de l’argent. L’argent, c’était son travail, et son travail c’était sa vie. Y a des personnes dont l’argent est le centre de la vie, d’autres dont c’est le travail, lui c’était les deux, parce que l’argent, c’était son travail.

Mais au travers de son épouse, qui était croyante, il a commencé à entendre parler de Dieu. Par curiosité il est même allé quelques fois à l’église. Et puis petit à petit, Dieu l’a touché au plus profond de lui-même. Et il n’a plus pu supporter ce qu’il avait jusque là placé au centre de sa vie. Il a voulu donner la première place à Dieu. Mais il se sentait incapable d’y arriver en continuant à travailler dans ce monde qui était le sien. Alors il a quitté son job. Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé ensemble en faculté de théologie. Et aujourd’hui, il est pasteur. Sa foi, placer Dieu au centre de sa vie, ça lui a coûté.

On peut prendre encore l’exemple de Rita, cette jeune fille de 17 ans dont je vous ai déjà parlé, que plusieurs d’entre nous ont rencontrée. Elle habite à La Bocca, elle est de culture musulmane, mais sa famille n’est absolument pas pratiquante. Mais depuis des années elle cherchait Dieu. Et elle a commencé à le chercher dans ce qui touche à sa culture, le Coran. Et longtemps elle a cherché Dieu dans tous les commandements, toutes les ordonnances, tous les piliers de cette religion qui doivent donner accès au salut. Mais elle n’était pas satisfaite, elle voyait que ça ne menait à rien.

Alors elle s’est tournée vers la Bible. Elle y a rencontré le Christ. Et ça a changé sa vie. Elle a enfin rencontré son Sauveur, et elle lui a donné la première place dans sa vie. Mais sa famille et ses amis rejettent sa conversion. Alors je ne veux pas alimenter l’image des musulmans qui s’opposent aux chrétiens, parce qu’ici c’est pas le cas, sa famille n’est ni croyante ni pratiquante, c’est culturel pour eux, et à l’époque où elle cherchait des réponses dans le Coran, son père s’opposait déjà à ce qu’elle aille à la mosquée où à ce qu’elle porte le voile. Mais comme ça touchait à leur culture, il ne s’opposait pas à ce qu’elle lise le Coran.

Aujourd’hui en revanche, Rita doit cacher sa Bible, et elle doit se cacher pour la lire.

Pourtant pour Rita, sa famille, elle qui est une jeune fille de 17 ans, c’est le centre de sa vie ! Et elle ne veut pas la perdre. Mais elle m’a dit que sa foi en Christ passe avant tout le reste. Et que si pour ça, elle dit perdre sa famille, alors elle la perdra. Sa foi, placer Dieu au centre de sa vie, ça lui coûte au quotidien.

Si je regarde ma vie personnelle, ce qui peut me coûter le plus se situerait au niveau de mes loisirs. J’ai beaucoup de loisirs qui sont tous très chronophages : les jeux vidéos, lire ou regarder des mangas, le jeu de rôle… J’aime énormément ces choses, elles prennent une place importante dans ma vie, d’autant plus que comme ma femme a exactement les mêmes passions, on a la chance de pouvoir en plus le vivre à deux.

Et vous trouverez ça peut-être puéril, mais ça me coûte souvent de me dire « t’as pris du temps pour ton travail, t’as pris du temps pour ton épouse, tu es sur le point de prendre du temps pour tes loisirs, mais à quel moment tu as pris du temps pour prier ? Pour lire la Bible ? Pour faire grandir ta relation à Dieu ? Et même quand tu as pris ce temps, comment est-ce que ta relation à Dieu vient impacter sur ta manière de vivre tes loisirs ? ».

Quand j’en parle, les gens trouvent souvent ça puéril, parce qu’on parle de jeux vidéos et pour beaucoup de gens c’est un truc de gamins ou d’ado mal dans leur peau. Mais en fait on parle juste d’un loisir. Pour vous peut-être qu’on pourrait dire la même chose au sujet du sport, de la lecture, du cinéma ou du travail manuel.

Mais la question reste la même. Qu’est-ce qui est au centre de ma vie ? Ma quête de perfection ? La richesse ? Le travail ? La famille ? Les loisirs ? Ou bien est-ce que c’est Dieu, et uniquement Dieu.

Et si Dieu est réellement au centre de toute ma vie, comment est-ce que ça rejaillit ensuite sur tout le reste ? Ou bien est-ce que je ne fais qu’affirmer que Dieu est centre pour ensuite continuer tout le reste sans que ma relation à Dieu ne change quoi que ce soit ?

Ce que nous enseigne ce texte, c’est que la vie éternelle, c’est avant tout un cadeau qui vient de Dieu, et qui est rendu possible par le Christ. Ce même Christ qui nous appelle : « Viens, et suis-moi ».

Mais c’est aussi un choix, répondre à cet appel, et ainsi placer Dieu au centre de toute mon existence. Et ce choix peut et DOIT nous coûter. Parce que si ce choix n’a pas d’impact sur le reste de ma vie, est-ce que j’ai réellement fait ce choix ? Ou est-ce les choses qui remplissaient ma vie jusqu’ici m’empêchent toujours de franchir ce pas ?

Que le Seigneur fasse son œuvre dans nos cœurs. Qu’il nous libère de ce qui prend encore la première place dans nos vies. Pour que nous puissions continuer à vivre, mais différemment, et pas uniquement sur cette terre, mais pour l’éternité.

Amen.

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