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Vivre pour plus de justice

Bonjour à tous. Pour continuer ce culte consacré aux préoccupations de l’œuvre chrétienne « défi Michée », nous allons étudier ensemble 2 textes qui se trouvent dans le livre de Job. Le premier se trouve en Job chapitre 29 les versets 11 à 17.

Lecture Job 29.11-17

Le deuxième se trouve cette fois au chapitre 31, les versets 13 à 23.

Lecture Job 31.13-23

Quelle place faisons-nous aux plus pauvres dans nos pensées, dans notre vie, ou dans notre société ? Quand nous établissons nos priorités personnelles, familiales, ecclésiales ou même quand nous votons, ceux qui sont démunis ont-ils une place dans notre réflexion ? En tant que disciples du Christ nous ne pouvons pas éviter ces questions et les paroles de Job peuvent constituer un point de départ pour nous aider à ne pas oublier les plus pauvres. Le livre de Job peut nous y aider peut-être même plus que le reste de la Bible, parce que contrairement à la plus grande partie de la Parole de Dieu, le livre de Job ne se situe pas dans le contexte du peuple d’Israël. Du coup, il se rapproche énormément de notre contexte, parce que nous aussi nous vivons au sein d’une société qui n’est pas le peuple de Dieu.

Le discours de Job

Dans les chapitres 29 à 31 du livre qui porte son nom, Job médite sur sa vie passée et sur ses souffrances du présent. Job était un personnage riche, important, mais aussi profondément bon. Malheureusement, du jour au lendemain, il a tout perdu : sa famille, ses richesses, sa santé…

Des amis de Job viennent alors le voir, au début pour le consoler. Mais un de ses amis a violemment accusé Job d’avoir négligé et même opprimé les pauvres du temps de sa richesse. Et ce même ami affirme que si Job a tout perdu, ça doit être une punition pour ses fautes passées.

Mais Job affirme le contraire. Il n’a pas oublié les plus pauvres lorsqu’il était en position d’agir en leur faveur. Et dans les textes que nous avons lus il raconte, il énumère tous ceux auxquels il est venu en aide, toutes les catégories les plus défavorisés de la société : le malheureux qui implorait de l’aide ; l’orphelin que personne ne secourait ; celui qui allait périr et qui n’avait donc plus d’espoir d’avenir ; la veuve ; l’aveugle ; le boiteux ; les pauvres ; l’inconnu, c’est-à-dire celui auquel tout le monde est indifférent parce que personne ne le connait ; la victime d’une injustice ; le serviteur et la servante ; le vagabond.

Nous pouvons nous aussi faire la liste de ceux qui, aujourd’hui, sont en situation de pauvreté, ceux qui sont vulnérables, ou victimes d’injustices. À qui penserions-nous en premier ? Qui sont les pauvres aujourd’hui en France et dans les pays Occidentaux ? Et dans les pays en développement ou émergents ? Rien de nouveau sous le soleil, nous affirme l’ecclésiaste. Et bien je pense que notre liste ressemblerait alors très fortement à celle de Job. Parce que rien n’a profondément changé à ce niveau.

Pour chacune des catégories de personnes dont il parle, Job proclame qu’il a agi de façon appropriée. Il a délivré, réjoui, secouru, guidé, examiné la cause, défendu, protégé, respecté, partagé… Et même si Job a vécu bien longtemps avant Jésus, on voit dans sa vie beaucoup de choses qui nous font penser à ce que le Christ lui-même a pu faire durant son ministère. Et en tant que disciples du Christ, nous pouvons donc être interpellés parce ce témoignage qui remonte pourtant à des milliers d’années.

Que notre style de vie reflète notre désir de voir plus de justice dans le monde

Aujourd’hui, notre culte est guidé par le message et l’œuvre de l’organisation Michée France. Cette mission chrétienne cherche à amener les chrétiens à agir avec cohérence, pour que notre style de
vie reflète notre désir de voir plus de justice dans le monde, pour que les croyants se mobilisent notamment dans la prière pour nos autorités, pour que les Églises se mobilisent dans l’accueil et le soutien des plus faibles, des fragiles, des démunis.

La vie de Job reflète clairement sa recherche de la justice : « Je me revêtais de la justice ; elle me revêtait. J’avais mon droit pour manteau et pour turban. ». Job nous parle d’une conscience sociale qui imprégnait toute sa vie  aussi complètement que ses vêtements couvraient son corps.

Et Job n’en parle pas comme d’un acquis. Non, c’est une recherche permanente dans sa vie. Il dit qu’il se revêt de la justice, c’est une action continue, il est toujours à la recherche de moyens pour l’accomplir.

« Se revêtir » de la justice n’était pas une simple idée pour Job, mais ça se traduisait dans toute une série d’actes concrets. Et la liste est assez impressionnante. Nous pouvons même nous sentir écrasés par ce débordement d’activité de Job en faveur des pauvres. Ca parait trop ! Ca devient inhumain ! Où se situe l’équilibre ? Job est-il un modèle « imitable » ou bien un idéal utopique ?

C’est vrai que le discours de Job semble parfois un peu exagéré. Il utilise ce qu’on appelle des hyperboles, c’est-à-dire des images qui grossissent un peu la réalité pour vraiment frapper l’auditoire et bien faire passer son message. Tenez, un exemple d’hyperbole, dans notre texte il nous dit « qu’à peine sorti du ventre de ma mère je fus le guide de la veuve ». On comprend bien ici que c’est une façon de parler. Mais justement, cette façon de parler nous montre de manière frappante que Job n’oubliait pas les plus pauvres.

Pour lui, notre responsabilité face à la pauvreté était un sujet très sérieux. Il nous parle d’ailleurs de la colère de Dieu et du châtiment mérité face à la négligence dans ce domaine.

Mais quand Job parle de son action en faveur des pauvres, il évoque une période de sa vie où il était extraordinairement privilégié par Dieu. Il était privilégié au niveau matériel, parce qu’il était très riche. Il était privilégié au niveau social également, très certainement avec des responsabilités de type « politique ». En effet Job nous parle de son rôle à la « porte de la ville » (29.7), qui est le lieu où se rendait la justice. Job était privilégié. Et du temps où il vivait dans ces privilèges, il avait la possibilité d’agir en faveur de ceux qui étaient plus défavorisés.

Notre manière d’agir pour les démunis dépendra beaucoup de notre propre situation personnelle. Ca peut prendre des formes différentes selon que l’on est riche ou que l’on vit dans des conditions plus modestes ; selon qu’on est un enfant ou un adulte ; selon l’influence sociale que l’on a ou dont on manque, etc.

La situation de Job était très particulière, très privilégiée. Et la question ici n’est pas de faire tout ce que Job faisait. Mais dans notre situation présente, il faut rechercher des moyens pour nous revêtir de la justice dans les occasions concrètes, rechercher des moyens de faire le bien, rechercher des moyens  de refléter la personne du Christ. Ce sera différent pour chacun d’entre nous. Mais à tous, Dieu met des occasions et des moyens sur notre chemin. A nous de les rechercher, et de les saisir. Et en cela, la vie de Job peut nous inspirer.

Alors que puis-je faire aujourd’hui ? Qu’est-ce que je peux changer maintenant ?

Prions pour nos autorités

Se souvenir des plus pauvres, ça commence par le style de vie de chacun, par nos décisions individuelles et familiales. Ca c’est quelque chose qui dépend de nous. A chacun de s’examiner sur ce sujet. Mais ce matin je ne vais pas parler de ces occasions individuelles. En revanche, nous allons regarder ce que Job nous dit  de ce qui nous est commun à tous. Parce que se souvenir des plus pauvres, c’est aussi une question plus grande que nous, c’est une question de structure de société.

Le prophète Ézéchiel disait : « Voici quelle a été la faute de
Sodome […] : elle avait de l’orgueil, du pain à satiété, une insouciante tranquillité, et elle ne fortifiait pas la main du malheureux et du pauvre. » Pour Dieu, la façon dont une société traite ses composantes les plus fragiles est très importante. C’est pourquoi, dans nos prières pour notre pays et pour ceux qui le dirigent, nous devrions aussi demander que Dieu nous conduise à nous souvenir des plus pauvres en tant que société.

Et dans les textes de Job que nous avons lus, on trouve 2 principes qui peuvent nous guider dans nos prières et nos actions envers notre société.

Prions et agissons pour que chaque être humain se voie reconnaître la dignité que Dieu lui a donnée.

Le premier de ces principes, c’est de reconnaître chez l’autre la dignité que Dieu accorde à chaque être humain. En effet, Job nous dit: « Celui qui m’a formé dans le ventre de ma mère ne les a-t-il pas formés aussi ? Un seul (Dieu) ne nous a-t-il pas placés dans le sein maternel ? ».

En fait, bien souvent, l’inégalité commence lorsqu’on refuse de voir dans l’autre un égal. Le théologien Tim Chester disait à ce sujet : «les gens s’accommodent des inégalités en se convaincant que leurs richesses et leurs privilèges proviennent d’une forme de supériorité, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de leurs compétences, de leur expérience, de leur dynamisme entrepreneurial ou de leur caractère national. »

Alors je ne suis pas en train de faire un appel à l’égalitarisme social, mais c’est plutôt un rappel que la justice commence avec l’humilité, l’humilité de regarder l’autre comme étant fondamentalement dans la même catégorie que moi : une créature devant Dieu, créée en image de Dieu et appelée par l’Évangile du Christ à la vie éternelle. Prier et agir pour que chaque être humain se voie reconnaître la dignité que Dieu lui a donnée. C’est le 1er principe qui peut guider nos prières et nos actions en société.

Prions et agissons pour que le droit des plus pauvres soit respecté.

Mais Job introduit un 2ème principe lorsqu’il demande : « Si j’ai méprisé le droit de mon serviteur ou de ma servante dans leur contestation avec moi, que ferai-je, quand Dieu se lèvera ? Et quand il interviendra, que répondrai-je ? »

Dans la Bible, l’un des rôles principaux de l’autorité politique est l’exercice de la justice. Dieu rappelle régulièrement aux autorités qu’ils ne doivent pas abuser de leur pouvoir pour leur profit personnel, notamment en abusant des plus faibles. Job fait allusion à cette tentation dans notre texte : « Si j’ai levé la main contre l’orphelin, parce que je me voyais soutenu par les juges, que mon bras se détache de mon épaule, et mon avant-bras du coude, et qu’il se brise ! ». Job nous rappelle de ne pas profiter du système dans notre intérêt au détriment des plus faibles.

Et la loi doit normalement veiller à ce que ça ne se produise pas. C’est pourquoi il nous faut prier également pour que des lois de ce type soient promulguées et appliquées. Mais c’est pas si simple, et Job témoigne de ce que la lutte pour que le droit des plus pauvres soit respecté demande aussi du courage et de l’énergie : « J’examinais la cause de l’inconnu ; je brisais la mâchoire de l’injuste et j’arrachais la proie de ses dents. » Que le droit des plus pauvres soit respecté, c’est le 2ème principe qui peut guider nos actions et nos prières en société. Alors prions. Prions pour que Dieu nous donne des des dirigeants qui ressemblent à Job. Ou alors prions pour que nos dirigeants changent et que Dieu les guide pour ressembler à Job.

En priant pour nos autorités, nous n’attendons pas qu’elles édifient sur terre un règne de paix et de bonheur, on n’est pas si naïfs que ça. Mais en priant pour qu’elles se mettent au service du bien commun, nous demandons à Dieu de guider nos dirigeants, pour qu’ils reflètent, même de très loin, la volonté de notre Dieu, le Roi Serviteur. Beaucoup de nos concitoyens se plaignent des décisions de nos politiques. Mais au lieu de passer autant de temps à nous en plaindre, mettons plutôt ce temps et cette énergie à profit pour agir autour de nous, et pour prier afin que Dieu éclaire les décisions de nos autorités. Amen.

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