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Dire « merci » peut demander des sacrifices

Bonjour à tous et à toutes. Dimanche prochain, nous célèbrerons l’évènement des Rameaux, l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, et la semaine suivante, ce sera Pâques. Déjà.

Les dimanches à venir, nous allons donc parler essentiellement de l’œuvre du Christ, notamment du don de sa vie, de son sacrifice pour que nous puissions recevoir le pardon de Dieu et la vie éternelle. Mais avant ça il serait peut-être bon de parler un peu de ce que représente un sacrifice dans la Parole de Dieu. Et c’est donc ce que nous allons regarder ensemble durant cette prédication.

Le sacrifice peut avoir plusieurs sens. Notamment celui de l’expiation, du pardon des fautes. Mais de cela nous parlerons beaucoup durant la période de Pâques. Alors aujourd’hui nous allons regarder une autre facette du sacrifice, un autre sens qu’il peut revêtir : je veux parler de la reconnaissance, la gratitude envers Dieu. Et pour cela je vous invite à lire ensemble un texte qui se trouve dans le livre du Lévitique au chapitre 1, les versets 1 à 9.

Lecture Lévitiques 1.1-9.

C’est un texte qui peut nous sembler extrêmement étrange. C’est en fait une Loi que Dieu donne à son peuple pour encadrer une pratique cultuelle, ici un sacrifice animal. Et on y trouve tout un tas de détails, qui peuvent sembler folkloriques, mais qui ont en fait tous du sens. Le sens de chaque détail nous aide à comprendre les divers buts de ce sacrifice. Et notamment ce but d’exprimer de la reconnaissance à Dieu.

Premier détail au verset 3 « on apportera un mâle sans défaut ».

Cette ordonnance de Dieu a pour but de rappeler à son peuple qu’adorer Dieu doit passer au premier plan dans notre vie. Ca doit représenter ce que nous avons de meilleur. Parce que tout ce que nous avons, nous le recevons de notre Seigneur.

Le sacrifice apporté à l’Éternel doit ici être sans défaut. La plus belle bête du troupeau. Pas l’animal un peu chétif, boiteux, faible ou malade. Pas l’animal dont on ne veut pas. Non, celui qui a le plus de prix, la bête de concours on pourrait dire. L’animal sans défaut.

Lorsque nous sommes profondément reconnaissants envers une personne. Lorsque nous voulons manifester notre amour, notre affection, d’une manière sincère. Nous le faisons en donnant une partie de nous-mêmes. Quelque chose qui a un grand prix à nos yeux. Quelque chose qui nous coûte.

Qui nous coûte mais pas forcément financièrement. Ca peut nous coûter émotionnellement, sentimentalement, ou au niveau de notre emploi du temps. Mais dans tous les cas c’est une chose importante à nos yeux. On ne démontre pas de la reconnaissance ou de l’amour par un acte ou un don dont nous n’avons rien à faire. Et cela est d’autant plus vrai avec Dieu.

Vous remarquerez qu’ici le Seigneur ne demande pas un troupeau entier. Il ne demande pas d’offrir tout ce que l’adorateur possède. Il demande seulement que l’adorateur prenne ce geste de gratitude, d’amour et de reconnaissance au sérieux en apportant à Dieu une chose qui a du prix à ses yeux.

Souvenez-vous, dans le Nouveau Testament, de cette veuve qui dépose en offrande 2 petites pièces de cuivre, quelques centimes. Et bien le Christ se réjouit de ce geste plus que des autres, pas à cause de la somme, mais de la démarche. Cette somme a du prix aux yeux de la veuve. Et elle veut montrer sa reconnaissance à Dieu en la lui consacrant.

Mais il n’est pas forcément question d’argent. Quel engagement de vie, quelques actions quotidiennes est-ce que je désire entreprendre pour témoigner à Dieu de mon amour et de ma reconnaissance ? Et pas n’importe quelle action. Mais un acte qui a de l’importance à mes yeux. Un acte qui peut me demander peut-être de sortir de mon confort quotidien. Un acte qui me coûte.

On peut exprimer notre reconnaissance à Dieu pour sa création en faisant des efforts visibles pour la préserver, la protéger. On peut remercier le Seigneur pour nos biens matériels en aidant à notre tour ceux qui sont dans le besoin. On peut remercier Dieu pour notre famille en obéissant à nos parents, ou en élevant nos enfants avec amour, patience et justice. On peut remercier Dieu pour sa présence dans nos vies en donnant de notre présence, en tenant compagnie aux personnes seules. On peut être reconnaissants à Dieu pour sa Parole en la racontant à d’autres, et en témoignant de son message. Quoi que ce soit, ce ne sera pas anodin, ça aura du prix à nos yeux parce que cela part d’une chose que nous avons reçu de Dieu et qui est importante pour nous. Et en retour, par reconnaissance, cette chose nous voulons la mettre au service de Dieu.

Ceux sont peut-être des choses que nous faisons déjà, mais pas forcément spécifiquement pour Dieu. Nous les faisons pour nous, ou pour les autres, ou au nom d’un principe ou d’une valeur. Mais c’est différent de le faire pour soi, ou de le faire pour Dieu.

Le constat le plus terrible que nous pourrions faire, c’est au final de voir que toute notre vie n’est vécue que pour nous, ou pour les autres. Mais que rien dans ma vie n’est vécu tout spécialement pour Dieu.

Le roi David disait en 1 Chronique 21 « Je n’apporterai pas à l’Éternel des sacrifices qui ne m’auront rien coûté ». Moi ce n’est pas un animal que le Seigneur me demande de lui offrir. Ceux sont, nous dit le Psaumes 50, « des sacrifices d’actes de reconnaissance ». Et tout comme l’animal offert devait être parfait, quelle action parfaite à mes yeux est-ce que je décide d’offrir quotidiennement à l’Éternel ? Comment est-ce que je lui manifeste jour après jour mon amour et ma reconnaissance ?

On pourrait devenir presque légaliste en lisant ce texte, et ce dire qu’il suffit de faire des choses au nom de Dieu pour qu’on soit tranquille. Mais un deuxième détail de ce sacrifice de l’Ancien Testament vient nous montrer le contraire au verset 9 : « C’est un sacrifice consumé par le feu dont l’odeur apaise l’Éternel. »

Ce détail est très important. Ce n’est pas l’apport d’un animal qui est agréable à Dieu ici. D’ailleurs tout l’animal est brûlé. Il n’en reste rien. Non, ce qui plait à Dieu, c’est quelque chose d’immatériel, de non visible, « une odeur ». Ce n’est même pas la fumée, la fumée ça reste matériel et visible. Non, ici on parle d’une odeur.

Bien entendu ce n’est pas l’odeur de la viande grillée ou du barbecue qui plait à Dieu. C’est en quelque sorte l’odeur « spirituelle » du croyant qui vient manifester sa reconnaissance à Dieu par un acte d’amour qui a du prix à ses yeux.

C’est l’ensemble de ces deux détails qui donne un sacrifice agréable aux yeux du Seigneur. Un croyant sincèrement reconnaissant, et un acte de reconnaissance qui vienne du cœur, et donc qui soit important à nos yeux. Et ces deux détails, ces deux dimensions du sacrifice de reconnaissance ont toujours du sens pour nous dans les actes de gratitude que nous faisons à Dieu.

Ca a du sens pour nous également aujourd’hui, c’est pourquoi je vais vous proposer, à ce stade de la prédication, de ne pas faire qu’écouter. De ne pas faire que réfléchir. Mais également de décider. De choisir. De pouvoir prendre un engagement concret. Mais attention, uniquement si vous en êtes convaincus, pas pour me faire plaisir.

Dans votre vie, de quoi êtes-vous particulièrement reconnaissants envers le Seigneur ? Et comment pourriez-vous quotidiennement exprimer votre gratitude à Dieu par un acte de reconnaissance ?

Nous allons prendre tout d’abord un temps de recueillement, pour y réfléchir, chacun dans notre cœur. Et pendant ce temps de recueillement je vais passer vous distribuer  des morceaux de papier et des crayons. Sur ces papiers est écrit ceci : « Seigneur, de tout mon cœur, chaque jour je veux te remercier pour … ». Et vous pouvez écrire en suivant une chose centrale pour vous et pour laquelle vous voulez remercier Dieu chaque jour.

Puis il est écrit : « Seigneur, en retour, je veux t’exprimer ma gratitude dans ma vie en … ». Et vous pouvez écrire en suivant, si vous en avez la conviction, l’engagement concret que vous désirez dédier à notre Dieu. Un acte, dont la grandeur importe peu. Peut-être même une chose que vous faites déjà mais sans penser à Dieu. Mais que ce soit quelque chose de régulier, et qui soit important à vos yeux.

Ensuite, nous prendrons un temps de prière et de louange.

Une dernière précision, très importante. Le sacrifice de reconnaissance est une réponse faite par « un croyant » à son Dieu. Si jamais parmi nous il se trouve des personnes qui n’aient pas encore accepté le Christ comme Sauveur et Seigneur, ne vous sentez pas obligés de participer à ce moment.

Si même vous avez donné votre vie au Seigneur, je ne vous oblige pas à remplir ce papier. Je vous y encourage. Mais ce n’est pas une obligation. Ne vous sentez pas coincés. Le geste doit venir de votre cœur. Car le centre de ce geste, s’il se fait, c’est la gratitude envers Dieu.

Alors je récapitule :
– nous prenons d’abord un temps de recueillement silencieux et de réflexion personnelle.
– pendant ce temps je distribue dans les rangs des papiers et des crayons, les crayons il faudra peut-être les partager.
– vous inscrivez sur ce papier ce pour quoi vous voulez tout particulièrement remercier le Seigneur chaque jour.
– si vous en êtes convaincu, et uniquement dans ce cas, vous inscrivez également l’engagement concret de reconnaissance que vous voulez prendre pour Dieu dans votre vie.
– enfin nous prendrons un temps de prière et de louange.

Prière.

Louange par le chant : « Entends mon cœur ».