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Qu’est-ce qui fait la différence chez Paul de Tarse? — Colossiens 1:24-2:3

Ce matin j’aimerais vous parler un peu de Paul. Celui des écritures, l’autre est intéressant mais l’apôtre Paul est qui est quelqu’un absolument phénoménal. « Qui a fondé le Christianisme Paul ou Jésus » On est en droit de se poser la question puisqu’il est un incontournable de la Bible et du christianisme, il est vraiment il est vraiment phénoménal

Paul a marqué son époque d’une empreinte extraordinaire. Une étude a montré qu’à la fin des missions de Paul il y avait 40 000 chrétiens. En 110 après JC 320 000 dans l’empire. Dieu a béni de manière exceptionnelle son travail d’implantation d’Eglises. Et on peut dire que Paul a été un élément essentiel dans l’expansion du Christianisme. Il n’y en a pas deux comme lui. » Il est vraiment phénoménal »

On lit les écrits de Paul depuis 2000 ans et ils ne cessent de transformer des vies. La réforme est née de la lecture par Le moine Luther de l’Epitre aux romains de Paul. Il a écrit près de la moitié des livres du NT et du point de vue des pages il est le plus grand auteur du NT. Oui Paul est un phénomène, il fait la différence ! Mais on pourrait se poser la question de savoir ce qui chez lui a fait la différence. Qu’est ce qui fait de lui un phénomène ? Comment fait-il la différence ?

Serait-ce grâce à un physique hors du commun ? Avait-il une présence physique exceptionnelle ? Nous n’avons pas de photo de lui mais un écrit qui date de 160 après Jésus-Christ, « Les actes de Paul » livre apocryphe qui ne présente aucun intérêt, mais ce texte nous donne quelques éléments intéressant pour le physique de Paul « Onésiphore vit arriver Paul, un homme de petite taille, les cheveux rares, aux jambes arquées, bien portant, les sourcils joints, le nez plutôt crochu »

Voilà Paul ! Et je vous sens un peu déçus. Ce n’est pas l’image habituelle du leader (grand gourou !) qui normalement est grand élancé 1,90 blond et qui en impose. Ce n’est pas le cas de Paul qui ressemble plutôt à monsieur tout le monde et qui ne paye pas vraiment de mine. Il n’est pas vraiment impressionnant. D’ailleurs les Corinthiens n’étaient pas impressionnés quand il leurs rendait visite. II Cor 10:10 « Ses lettres sont sévères mais présent en personne il est faible et sa parole est méprisable » Les Corinthiens n’étaient pas du tout impressionnés par la présence de Paul chez eux. Pas une personnalité charismatique. Il ne dégageait rien de spécial.

On pourrait avancer l’hypothèse d’un quotient intellectuel au dessus de la moyenne. Paul aurait une intelligence supérieure. Ce serait une « tronche » comme on dit à Orléans. Certes il n’était pas imbécile, il a reçu une bonne éducation mais pas plus que d’autres. Luc le médecin avait aussi un bon bagage. Paul ne sort pas du lot en ce qui concerne l’intelligence. Alors la question demeure: Qu’y a-t-il de si exceptionnel chez Paul, qu’est ce qui fait la différence chez lui? Et on pourrait se poser la même question pour différents groupes de personnes.

Dans écoles bibliques ou les facultés de théologie

On y voit des jeunes qui ont toutes les facultés requises pour le service, bonne personnalité, bien compris la théologie, bonne tête, bons communicateurs A côté d’eux on en voit qui rament avec l’hébreu ou le grec, confondent les doctrines, qui n’ont pas tout ce qu’il faudrait pour être de bons serviteurs et pour lesquels on se demande parfois ce qu’ils font dans cette école biblique tant ils paraissent galérer.

Et puis on reprend ces deux groupes 10 ans après et on s’aperçoit avec surprise que certains du 1° groupe (pas tous) mais certains ne sont plus là, ont abandonné le ministère et que beaucoup du 2° groupe qui n’avaient pas tout ce qu’il fallait sont encore là dans le circuit….au service du Seigneur…ce qui est déjà une victoire croyez moi, mais qui en plus ont un impact a différent degrés, des hommes ou des femmes qui rayonnent d’une manière ou d’une autre.

Qu’est ce qui fait la différence entre ces deux groupes?

Dans l’Eglise

Qu’est-ce qui fait la différence entre deux chrétiens qui ont le même QI, le même arrière plan, les mêmes problèmes avec leurs enfants, les même difficultés financières, plus ou moins les mêmes vies…

Mais il y en a un qui a du mal à se lever le dimanche matin ou a sortir en semaine pour diverses rencontres, regarde toujours sa montre pendant les messages, attend juste la fin du culte pour causer avec ses amis de toujours, qu’il faut sans cesse tirer pour avoir sa participation, qui ne vient jamais au WE d’Eglise et qui passe son temps à critiquer tout le monde (toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait tout à fait volontaire…)

Et l’autre assis sur le bord de sa chaise, attentif non seulement à la parole de Dieu enseignée, mais aussi aux autres, qui attend lui aussi la fin de la réunion mais pour pouvoir dire un mot d’encouragement à quelqu’un qui semble en avoir besoin. Qui est là non seulement pour recevoir mais aussi pour donner, qui est souvent disponible, qui a de l’impact, qui utilise ses dons pour servir…

Qu’est-ce qui fait la différence entre ces deux chrétiens ?

Je vous pose la question : qu’est ce qui fait la différence pour ces chrétiens, pour ces étudiants et pour Paul ?

Le suspense est maintenant à son comble ce n’est plus tenable, il faut une réponse. Et bien ce qui fait la différence tient en un mot: la passion, la passion pour l’Eglise ou la passion de l’Eglise. Ce qui fait la différence chez Paul ce qui le rend unique dans l’histoire de l’Eglise, ce n’est pas sa personnalité, pas son intelligence, ce ne sont pas ces dons d’organisation ou ses relations c’est sa passion pour l’Eglise. Paul était un passionné. Et le mot passion n’est pas écrit dans le passage que nous avons lu mais il est évident que ces quelques lignes ont été écrites sous l’emprise de la passion. Elle transpire pratiquement à chaque ligne.

Lecture : Col 1:24-2:3

De quand date cette passion chez Paul ?

Je crois que pour Paul cette passion remonte au tout premier jour de sa vie chrétienne, quand sur le chemin de Damas (Act 9) alors qu’il était encore Saul le persécuteur des chrétiens, une voix se fait entendre à lui, c’est Jésus qui parle et lui dit « Saul, Saul pourquoi me persécutes-tu » A ce moment, Saul aurait pu répondre, « mais je ne te persécute pas je persécute juste chrétiens !?». Mais il comprend là sur le chemin de Damas et de manière très intense que toucher à L’Eglise c’est toucher au Christ lui-même, il comprend qu’il y a un lien étroit entre X et son Eglise et qu’aimer Christ c’est aussi aimer son Eglise. Depuis cette rencontre Paul aime passionnément Christ et son Eglise et c’est cela qui fait la différence.

Alors attention quand je parle de passion de l’Eglise ce n’est pas pour l’institution de l’Eglise, ni pour son organisation, ni pour son bâtiment ou son architecture. Quand on parle de Passion de l’Eglise c’est une passion pour les gens, pour les personnes. Une passion brûlante pour le peuple de Dieu, pour les pierres vivantes de l’Eglise. Et Paul aime les gens de l’Eglise de Jésus Christ qui sont réparties dans l’Empire Romain en petits groupes de personnes. Que ce soient les Chrétiens de Colosses qu’il ne connait pas ou ceux de Corinthe qui lui donnent pas mal de fil à retordre, ils les aiment passionnément ces Eglises et il dira à la fin de sa lettre aux Corinthiens « mon amour est avec vous tous » (I Cor 16:24). Voilà où se situe sa passion de Paul, pour l’Eglise et c’est cela qui fait la différence.

Alors j’aimerais vous poser une question ce matin : une question simple, une question qu’il vaut la peine de se poser de temps en temps, pas tous les jours mais de temps en temps:

Pourquoi êtes vous ici ce dans l’Eglise… 

Est-ce que je suis dans l’Eglise par devoir, un devoir moral, social, culturel, familial, le devoir de l’Eglise?

Par habitude, parce que c’est comme cela depuis 10 ans, l’habitude de l’Eglise ; j’ai pris le pli ?

Ou même par besoin, est-ce que je participe à cette communauté parce que j’en ai besoin?

J’ai besoin de mon petit moment spirituel ? De recharger mes batteries…oui.

Ou par passion, je suis ici ce matin dans l’Eglise parce que je suis un passionné, parce que j’aime Christ et son Eglise, j’aime ce corps qui est l’Eglise.

Je suis persuadé que si on aime le Seigneur, si on grandit dans son amour, on finit un jour ou l’autre par aimer ce qu’il aime…Et il aime l’Eglise. Il me parait inéluctable que l’amour pour le corps de Christ prenne une part de plus en plus grande dans le système de valeurs de celui qui aime Dieu. Autrement dit la maturité chrétienne passe par une vie d’Eglise dense et passionnée. Et c’est cela qui fait la différence et qui fera la différence dans nos Eglises.

  • On ira facilement au rassemblement d’Eglise que ce soit le dimanche matin ou en semaine pour les groupes de maison parce qu’on sera passionné par la vie du l’Eglise.
  • On écoutera avec avidité la parole parce qu’on sera passionné par la communication de la parole dans l’Eglise
  • On développera ses aptitudes relationnelles parce qu’on sera passionné par l’équilibre et l’harmonie de ce corps
  • On mettra ses dons spirituels en exercice parce qu’on sera passionné par l’édification de l’Eglise
  • On témoignera de sa foi, partout où l’on pourra, on accueillera comme Christ nous a accueilli parce qu’on sera passionné par la croissance de l’Eglise

La passion de l’Eglise fera la différence, elle fait la différence.

Mais il vaudrait la peine de creuser un peu la notion de passion, de quoi est-elle faite? En revenant au texte de Colossiens, je vous propose de relever deux caractéristiques d’une passion d’Eglise, de la passion de Paul en particulier qui peut nous servir d’exemple.

SE PRÉPARER À LA SOUFFRANCE

La première de ces caractéristiques c’est qu’il est prêt à souffrir pour l’Eglise, non seulement il est prêt mais il souffre déjà pour elle; Lecture v.24

Avec ces deux mots qui font la différence « pour vous ».

La première marque donc d’une passion d’Eglise Paulinienne c’est cette acceptation de la souffrance. D’ailleurs le mot passion dans une autre acception du terme veut dire souffrance. Quand on parle de la passion de Christ c’est de sa souffrance dont il s’agit. Une souffrance/passion de Christ qui est aussi pour son Eglise, Paul le dit dans l’épitre aux Ephésiens « Christ est mort pour l’Eglise, il s’est livré lui-même pour elle, pour son épouse » Par passion pour elle. On peut dire que toute passion a sa passion, toute passion a sa souffrance.

On a même l’impression que Paul va un peu loin quand il parle de « suppléer à ce qui manque aux afflictions de X ». Paul semble suggérer que la mort de Christ ne serait pas vraiment suffisante, qu’il y aurait une petite déficience que Paul par ses propres souffrances viendrait combler. On est un peu gêné, mais il ne faut pas! Paul l’a bien dit au chapitre 1 de la même lettre aux Colossiens : 1:14 « C’est en lui que nous avons la rédemption le pardon des péchés » C’est en lui en pas en moi ! C’est dans les souffrances de Jésus que le pardon a été acquis mais pas dans les miennes. Les souffrances de Jésus sont pleinement suffisantes. Les souffrances de Paul ne servent pas au salut des autres.

Et ce que Paul dit ici dans Colossiens c’est que par ses souffrances il participe aux souffrances de Christ, non pas à la place de Christ mais à son tour. C’est à lui maintenant comme Jésus de souffrir pour l’Eglise. Il était un persécuteur de l’Eglise, il a imposé des souffrances à l’Eglise, il est maintenant un passionné d’Eglise et un persécuté d’Eglise, à cause et avec l’Eglise. Et dans un autre texte dans Phil 3:10 il parle même de cela comme d’un privilège « Mon but est de la connaître lui ainsi que la puissance de la résurrection et la communion de ses souffrances » Texte qui éclaire bien celui de Colossiens. Paul estime être un privilège de participer aux souffrances de Christ pour l’Eglise…

Alors tout cela nous parait magnifique, très beau, mais beau de loin, de très loin. La communion aux souffrances de Christ pour l’Eglise, on en est très loin. Nous qui cherchons par tous les moyens possibles d’éviter les souffrances morales, physiques ou relationnelles, on ne se sent pas trop comme un privilège de participer aux souffrances de Christ. Toute notre vie ou presque se passe à esquiver la souffrance comme un toréro esquive les cornes du taureau et tt la foule crie Olé ! Il a échappé à la souffrance, bien joué ! On vient même parfois à l’Eglise pour trouver de l’apaisement alors quand on nous parle de suppléer dans le sens de communier aux souffrances de Christ pour l’Eglise on ne se sent pas prêt ! Alors on se dit vite que cela concerne Paul et qu’il parle de lui et que son exemple n’est pas normatif. Autrement dit qu’on n’est pas obligé de souffrir parce que lui a souffert! C’est vrai qu’on n’est pas obligé de souffrir, il n’y a pas à être des masochistes de l’Eglise, mais je pense qu’il faut quand même être prêt à subir quelques souffrances pour l’Église. Car je crois que l’Eglise a besoin de gens qui soient suffisamment passionnés pour souffrir avec elle et pour elle.

Car on souffre dans l’Eglise, on prend des coups dans l’Eglise, on vit des déceptions dans l’Eglise, des échecs même, des désastres, drames. On souffre de l’intérieur de l’Eglise. Comme Paul avec l’Eglise de Corinthe, on quand il dit cette phrase peut-être la plus triste de la Bible « Alexandre le forgeron m’a fait beaucoup de mal » (Timothée) Cela veut dire « Il m’a fait souffrir » et cet Alexandre tout porte à croire qu’il s’agit de quelqu’un de l’Eglise.

Il y a des déceptions dans l’Eglise, il y a des choses difficiles à avaler à digérer, on attend parfois des choses qui ne viennent pas, de la gratitude par exemple et cela ne vient pas, on attend quelque chose d’un tel ou d’une telle, on investit, on espère et puis il ou elle nous fait faux bond, s’éclipse, elle déçoit…Tout cela fait mal mais va-t-on cesser d’avancer pour autant ?

Ill/ J’ai un ami qui me racontait qu’un jour il avait organisé un WE d’Eglise quelque part en Belgique, il s’était vraiment donné à fond, décarcassé, lui et sa femme pour que tout le monde soit content et pour que Dieu soit glorifié. A la fin du WE il était complètement exténué et devait retourner au travail le lendemain (il était photographe) mais il était assez content du WE, quelqu’un était venu lui dire avec un grand sourire « C’était bien mais on ne viendra plus!’

C’est le genre de souffrance qu’on peut avoir dans l’Eglise, ca n’a l’air de rien mais tout ceux qui ont déjà organisé quelque chose savent comment cela peut couper les jambes et cela peut faire monter les larmes dans les yeux des plus costauds. Il y a des pleurs dans l’Eglise et je suis sûr qu’il y a ici des personnes qui ont déjà pleuré pour l’Eglise. Qu’on déjà eu mal dans l’Eglise. Et à tous ceux là je voudrais dire qu’on a besoin de gens comme vous, des gens qui sont passionnés, qui pleurent mais qui sont toujours là au service de l’épouse de Christ. Et c’est leur présence qui fera la différence. L’Eglise de France et de Navarre doit pouvoir compter sur des passionnés de l’Eglise des gens, des phénomènes prêts à prendre leur part de souffrance pour l’Eglise.

SE PRÉPARER AU COMBAT

Le deuxième élément de la passion de Paul pour l’Eglise c’est que non seulement il est prêt à souffrir pour elle mais il est aussi prêt à se battre.

Lecture v. 29-2:1 « C’est à cela que je me fatigue et que je peine »

Et deux fois ce terme de combat « agôn » qui a donné agonie en français, mais qui veut dire combat. « Quel grand combat j’accomplis pour vous » Paul n’arrête pas de se battre, et il veut que cela se sache.

Avec ce terme combat on pense souvent que Paul fait référence à la guerre, à l’armée. Mais ici en tout cas le terme est tiré du vocabulaire sportif. Parce que Paul malgré ces jambes arquées semblait avoir un penchant pour la course à pied, c’est une de ces images préférées, le sprinteur sur la piste du stade. Il voit la vie chrétienne et la passion pour l’Eglise comme une course, un combat. Et il est prêt à se battre pour l’Eglise comme un coureur se dépense sur une piste d’athlétisme. Il est prêt à se dépenser pour que les cœurs soient consolés, unis dans l’amour, enrichis d’une pleine assurance dans leur intelligence v.2 Paul est prêt à se dépenser pour l’édification de l’Eglise, il est prêt à se battre, à mettre ses dons au service de l’Eglise.

Aux Corinthiens il dira en II Cor 11 :2 « Car j’ai une passion jalouse pour vous » Je veux me battre pour vous

Alors quand on parle de combat, se pose la question de l’adversaire. Contre qui se bat-on ?

Sauf erreur quand Paul parle de course il ne parle jamais, je crois, des autres couloirs de la piste d’athlétisme. Ce qu’il veut illustrer par cette image de la course c’est surtout le combat contre les forces qui freinent ma course, les forces de résistance:

  • L’air et on se rappelle que Satan l’adversaire est appelé : le prince de la puissance de l’air, Satan l’opposant, l’adversaire, celui qui freine des quatre fers, qui tire vers le bas, qui met les battons dans les roues… qui fait tout ce qu’il peut pour freiner la course.
  • Les forces de frottement: le sol, contre la pesanteur ou l’inertie qui écrase le coureur sur le tartan, qui l’immobilise… contre cela qu’il faut se battre quand on court.

Et l’image est excellente pour nous: Il nous faut nous battre dans l’Eglise contre cette force qui nous écrase dans notre fauteuil, ou sur notre chaise ou surtout dans notre tête, se battre contre l’inertie qui pèse sur nos pensées; Et je vais vous donner un échantillon de quelques pensées inertes, des pensées qui nous immobilise

  • Pourquoi se battre pour les autres ils ne le méritent pas (1)
  • A quoi ça sert de s’occuper des autres, j’ai tellement à faire avec moi-même. (2)
  • J’ai déjà donné, merci bien (3)
  • Je suis trop déçu (4)
  • C’est fatiguant de sa battre pour les autres (5)
  • Ça sert à rien ce sont tous des brutes (6)
  • Personne ne m’aime et de toutes façons je suis nul (7)
  • De toutes façons je ne sers à rien, je n’ai aucun don, l’Esprit m’a oublié lors de la distribution des prix (on a entendu cela le WE dernier) alors pourquoi se décarcasser (8)

Quelle est votre pensée inerte ? Qu’est ce qui aujourd’hui vous empêche de courir ?

Voilà le genre de pensées inertes qui peuvent nous assaillir et contre lesquelles il faut se battre. Contre cette sorte d’inertie spirituelle, pesanteur de l’âme qu’il nous faut lutter si on veut vivre et alimenter sa passion.

Illust: On rencontre parfois des passionnés d’un type bizarre: j’ai rencontré un jour un gars (justement dans le magasin de mon ami photographe) qui m’a dit : « moi je suis passionné d’aviation » je lui ai dit « c’est super cela, combien d’heure de vol ? » « Aucune, moi je ne vole pas, je prends juste des photos »…Je n’ai rien dit mais je l’ai pensé très fort : cet homme n’était pas un passionné d’aviation mais un passionné d’image d’avion. Un passionné d’aviation il monte dans l’avion et il défie les lois de la pesanteur, il fait de la voltige aérienne, il est prêt à prendre 3g dans la figure.

Cela me fait penser à Nicolas Hulot et l’émission Ushuaia, il y avait une séquence passion, un jour la séquence passion c’était Nicolas Hulot dans un Fuga Magister de la patrouille de France…Il annonce « Et maintenant séquence passion » avec un accent triomphal, l’avion décolle il y a une caméra dans le cockpit, au premier looping on voit Nicolas Hulot qui tombe dans les pommes, séquence passion…après il avouera qu’il a aussi vomit dans son masque à oxygène. Peu ragoutant mais quand on est passionné on est prêt à tous les sacrifices.

Quand on est passionné on ne reste pas les bras croisés sur le plancher des vaches, quand on est passionné on décolle et on se bat contre l’inertie… (Autre finale : histoire Kierkegaard)

Alors chers amis, quel genre de passionnés sommes nous, êtes vous prêts à devenir les Nicolas Hulot de l’Eglise?

Quand on est passionné on est prêt à se battre, on est prêt à souffrir. Mais ce qui est important ce n’est pas la souffrance, ce n’est même pas le combat, ce qui est important c’est la passion, l’amour de l’Eglise. Quand on aime Christ, on aime son Eglise.

On aime passionnément son service. Et c’est cela qui fera la différence à Toulouse et ailleurs !

Pour la gloire de celui qui s’est livré lui-même pour elle tant il l’aimait !

 

Possibilité d’une autre fin : « l’histoire des oies » de Kierkegaard

Parabole de Søren Kierkegaard.63 : Manifestement Søren connaissait au Danemark une Eglise fréquentée par des oies domestiques. Chaque semaine elles allaient à l’Eglise en se dandinant et en caquetant jusqu’à leur banc. Là elle écoutait chaque semaine le prédicateur leur décrire en long et en large les merveilles du vol. « Nous n’avons pas à marcher sur la terre et à rester en ce lieu les exhorte le jars (pardons pour le léger sexisme de l’histoire) Nous pouvons nous élever dans les airs et planer jusque dans les contrées lointaines sous des climats plus cléments. Nous pouvons voler ! »

Et chaque semaine, les oies disaient « amen » en caquetant puis s’en retournaient en se dandinant à la queue leu leu… Elles n’avaient pourtant qu’à battre des ailes !

 

Nous ne ressemblons pas à ces oies n’est ce pas, nous sommes les aigles d’Esaïe 40, alors que les adolescents se fatiguent et se lassent, sont peut-être déçus, ceux qui espèrent en l’Eternel prennent leur envol et renouvelle leur force pour vivre pleinement le projet de Jésus : l’Eglise.