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Accompagner nos aînés

Depuis 1979, Année Internationale de l’Enfant, plus rien, à l’échelle mondiale n’a été programmé pour promouvoir les droits des enfants. Si l’avenir de la planète passe par une prise de conscience des enjeux écologiques, il est aussi dépendant de la bonne santé physique et psychologique de la nouvelle génération. Selon le psychologue Urie Bronfenbrenner, « l’un des critères pour prédire la qualité de survivance d’une nation est le souci d’une génération pour une suivante. » En 1990, le directeur général du Fond des Nations Unies pour l’Enfance disait : « Accorder aux enfants la priorité absolue devrait être à la base des nombreuses décisions et des nombreuses activités qui façonneront la décennie à venir. » 17 ans ont passé depuis et l’on peut s’interroger sur la dimension et l’impact réels qu’ont eues ces mesures. »
Aujourd’hui, tout est fait pour éveiller les enfants dès leur plus jeune âge au berceau. Ils n’ont même plus le temps d’être enfants qu’on leur demande déjà des comportements d’adulte, exigeant d’eux des choses bien trop grandes pour eux. Ils sont adorés comme des petits dieux à qui on laisse tout passer. L’enfant est devenu un enfant roi. Il est vrai qu’il y a eu des abus car il fut il y a peu encore un enfant objet auquel on prêtait peu d’attention. Aujourd’hui, l’enfant est devenu important. On reconnait qu’il a des droits. Et l’importance qu’il a été poussé à l’extrême par des parents d’une génération en quête de projection sur leurs enfants. Leurs enfants sont l’occasion pour eux de réaliser leurs désirs et leurs rêves inassouvis et refoulés. Du coup, si un enfant fait un caprice, ils voient en lui leur désir à eux de se rebeller contre la société qui les environne mais qu’ils ne peuvent pas faire à cause de leur statut d’adulte bien élevé et cadré. Ainsi, aujourd’hui, les magasines sur la façon d’êtres des parents au top ou avoir des enfants épanouis fleurissent. Sans compter les sites web, les blogs et autres moyens de partager entre parents sur tous les sujets qui concernent ces petits bouts de chou.
Mais, à force de faire de l’important l’enfant, la société en oublie peut-être d’autres choses tout aussi importantes. Il s’agit en fait des personnes âgées qui sont à l’autre bout de la chaine générationnelle mais qui sont peut-être trop souvent délaissées par une société où le désir de vouloir rester jeune, épanoui, en vie le plus longtemps possible sont fondamentaux. Alors que l’église tente dans toutes ses dénominations d’attirer à la foi les jeunes générations et concentre ses efforts d’évangélisation et d’action sociale en leur direction, elle en oublie parfois un peu trop le défi qui se profile de plus en plus dans ses portes pour les années à venir. Défi de taille lié au vieillissement de la population française qui n’épargne point l’église.
En France en un siècle, l’espérance de vie a pratiquement doublé. Elle est passée de 40 à 78 ans. Elle continue de progresser de 3 mois tous les ans. Cela est dû en grande partie aux progrès de la médecine. En septembre 2009, on évaluait l’espérance de vie en bonne santé à 63,1 ans en France pour les hommes et 64,2 ans pour les femmes. Si on enlève le critère de bonne santé, elle monte selon les derniers chiffres de 2015 à 85 ans pour les femmes et 78.9 ans pour les hommes. Actuellement, les personnes âgées de plus de 75 ans représentent un sixième de la population française. Cependant, on estime que les personnes de plus de 80 ans seront plus de 5 millions en 2050 et une personne sur trois aurait ainsi plus de 60 ans, ce qui parait énorme.
Dans le même temps, les projections actuelles des scientifiques déclarent « Principale cause de dépendance lourde, la maladie d’Alzheimer et les troubles apparentés affectent chaque année quelque 165.000 nouveaux patients. On dénombrerait aujourd’hui environ 900 000 personnes atteintes de cette maladie et on projette qu’elles seront 1.3 millions en 2020. Cette lente dégénérescence des neurones qui démarre au niveau de l’hippocampe entraine deux sortes de symptômes :
– le handicap : la personne ne sait plus faire et ne fait plus des actes tels que parler, lire, écrire, s’habiller, manger, marche, penser, apprendre, enregistrer
– troubles du comportement : éveil et vie nocturne, cris, agitation ou apathie, opposition pour l’alimentation, les soins d’hygiène, incontinence, fugues, mise en danger, grossièreté, désinhibition…
Autre grande inquiétude de santé publique chez les personnes âgées, la maladie de Parkinsons. La maladie de Parkinson est une maladie neuro-dégénérative atteignant généralement l’homme après 50 ans. Elle se manifeste par un tremblement de repos, des troubles du tonus et une akinésie, diversement associés. Elle affecte également l’élocution et le « langage corporel ». Comme beaucoup d’autres troubles neurologiques, la maladie de Parkinson est chronique, évolutive et pour le moment incurable. Elle est d’étiologie inconnue. Concernant la maladie de Parkinson, les scientifiques déclarent : « On estime à 4 millions le nombre de personnes affectées par la maladie de Parkinson.

– En Europe, la prévalence globale de la maladie est estimée à 1,6 % chez les personnes âgées de plus de 65 ans.
– En France, la maladie de Parkinson touche près de 100 000 personnes avec environ 8 000 nouveaux cas par an. – En raison du vieillissement de la population mondiale, l’importance de la maladie de Parkinson comme problème de santé publique devrait s’accroître. »
Certes, brosser un tel tableau parait étrange quand on voit certaines publicités avec des papis et des mamies qui sont devenus une véritable cible commerciale appelée : les seniors. Les seniors sont ainsi l’image même d’une retraite et d’une vieillesse heureuse et dorée, sans soucis, pouvant profiter à fond de la vie et qui semblent éternels. Certes, la Bible nous dit qu’Abraham ou Gédéon sont morts dans une heureuse vieillesse. Mais aujourd’hui, il faut aussi entendre que les personnes les plus tentées par le suicide avec les jeunes sont les personnes âgées, signe qu’un réel désespoir et une profonde détresse se trouvent en elles. Et en tant qu’église et disciples de Christ, nous ne pouvons pas rester imperméables à toutes ces choses. Aussi, j’aimerais ce matin que nous puissions revoir ensemble quelques exhortations que La Bible nous donne à ce sujet et que nous ferions grand soin de ne pas mettre de côté.
Honorer
« Tu te lèveras devant les cheveux blancs et tu honoreras la personne du vieillard. Tu craindras ton Dieu. Je suis l’Eternel. » (Lv 19.32). L’exhortation de Dieu est très sérieuse. En contraste, si Israël est infidèle à ce commandement, dieu promet de lancer contre lui une nation venue de loin, du bout du monde, au visage dur, qui ne respecte pas le vieillard et n’a pas de pitié pour l’enfant (Dt 28.50). Dans la Bible comme dans beaucoup de représentations de la vie sociale plus ou moins anciennes, nous pouvons voir que la personne âgée est une personne reconnue, respectée, admise. Mais cela a beaucoup changé dans notre société où nous n’osons plus montrer les personnes âgées sauf pour les publicités d’assurance vie ou de couches pour adultes. Le statut de personne âgée a été dévalorisé au fil du temps.
Alphonse Karr disait : « ne pas honorer la vieillesse, c’est démolir la maison où l’on doit coucher le soir ». Le fait d’honorer les plus âgés est quelque chose à ne pas négliger. Dans une société où le respect des aînés par les plus jeunes se perd de plus en plus, cette exhortation résonne d’autant plus comme un réel défi pour nous-même comme pour nos enfants dans l’éducation à leur donner. Il existe plusieurs manières pour exprimer notre déférence : se lever, en effet, pour offrir la meilleure place au culte ou dans une salle d’attente ; reconnaître de manière publique un service fidèlement rendu ; saluer de façon particulièrement chaleureuse ; envoyer une carte pour un anniversaire ou juste comme cela, pour dire que l’on pense à eux.
La personne âgée a besoin d’être reconnue, a besoin de sentir qu’elle a toujours de la valeur aux yeux de ceux qui l’entourent car ses capacités se dégradent peu à peu et de ce fait, sa compagnie est moins appréciée. Certains entendent moins bien, mettant à l’épreuve la patience de ceux qui lui parlent. D’autres deviennent limités physiquement et ont besoin de soins corporels qui ne sont pas toujours très plaisants à pratiquer. D’autres encore deviennent acariâtres, colériques, négatives et mettent à l’épreuve la fidélité de ceux qui tentent de les accompagner…. Ainsi, en fonction de chaque situation, nous sommes appelés à passer par dessus toutes ces problématiques pour choisir d’aimer nos aînés jusqu’au bout. Ceci passe des fois par de petites choses comme l’appeler par son nom, lui parler directement dans les yeux, être poli avec elle, lui demander son avis, poser une main sur son épaule ou bien encore pleurer avec elle quand elle a du chagrin… « Le signe de la bonté chez les jeunes, c’est d’aimer la vieillesse ; et chez les vieux, c’est d’aimer la jeunesse. » [E. Géruzez].
Il est frappant de voir comment Esaïe décrit la décadence et l’anarchie qui guettaient Juda juste avant la déportation : « Je leur donnerai des jeunes gens pour chefs, et des gamins domineront sur eux …Le jeune homme attaquera le vieillard et le vulgaire celui qui est honoré. » (Es 3.1-7). Selon ce texte, le manque de respect pour la personne âgée est un marqueur qui caractérise une société bouleversée, livrée par Dieu à sa propre folie. Et pour nous-mêmes, quels marqueurs nous caractérisent dans nos relations avec les personnes âgées ?
Nous pouvons traduire le fait d’honorer son père et sa mère comme le fait de leur donner du poids. Et donner du poids à la personne âgée, c’est aussi la laisser avoir sa place. Etre âgée ne signifie pas être devenue incapable de faire des choses. Moïse, Abraham et Sarah ou encore Caleb sont autant d’exemples qui nous montrent que les personnes âgées qui sont fidèles avec Dieu peuvent être des moteurs avec ceux qui les entourent. Les personnes âgées croyantes sont aussi des dépositaires fidèles de la foi et de son histoire. C’est leur grand défi de fin de vie. Combattre le bon combat, achever la course en gardant le dépôt de la foi dira l’apôtre Paul. Il est beau de voir comment Paul vit ses derniers moments. Si seulement beaucoup de personnes âgées pouvaient mourir avec ce sentiment d’avoir achevé la course et d’avoir accompli ce qui devait être. Alors, la mort peut être accueillie dans la liberté. Mr de Hennezel disait : « quand il n’y a plus rien, il n’y a pas la mort et le vide, il n’y a plus que l’amour. On laisse ainsi la mort venir à soi, on ne la subit plus. »
Si les plus jeunes veulent connaître Dieu, qu’ils interrogent les ainés. Que ce soit en matière spirituelle ou en d’autres domaines, les ainés ont beaucoup à apporter aux plus jeunes. Ainsi, les jeunes peuvent apprendre à connaitre Dieu au travers de leurs ainés, en les voyant agir avec fidélité tout au long de leurs longues années passées. On invente pas Dieu car celui que nous rencontrons était déjà celui de nos pères. Pourtant, beaucoup aujourd’hui s’efforcent de réinventer un dieu qui corresponde plus à leurs aspirations et à leurs désirs. Ils ne rentrent pas alors en relation avec Dieu mais avec une idole. Car si nous ne sommes pas appelés à inventer Dieu, nous sommes appelés à créer notre relation avec Lui.
Visiter
« La religion pure et sans tache, devant Dieu le Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions …» (Je 1.27). Ce texte est douloureusement simple. Dieu veut que nous rendions visite aux personnes âgées (et pas seulement à notre grand-mère) !
Jules Marcel NICOLE appelle le Psaume 71, « le Psaume du vieillard ».2 Une des prières du Psaume traduit la peur de l’abandon : « Ne me rejette pas au temps de la vieillesse ; quand mes forces défaillent, ne m’abandonne pas ! » (Ps71.9).
Autrefois, la personne âgée vivait avec la famille étendue. Aujourd’hui plusieurs facteurs font que beaucoup de seniors vivent dans la solitude, même au sein des structures où ils reçoivent des soins compétents.
Mais les visites sont tellement importantes pour la personne âgée qui est seule, notamment de la part de sa famille et de ses enfants. Jean Fiscahrt disait que pour leurs parents, les enfants sont de belles fleurs d’hiver ; ils leur font oublier le chagrin, ils sont les guides, les béquilles, les soutiens de leur père ; par eux la vieillesse refleurit. L’homme est un être de relations, que ce soit à 2, à 20, 60 ou à 90 ans. S’il est privé de ces relations, il ne vit plus. Il se contente de survivre. La vie de Dieu en lui n’est plus activée grâce à la relation à l’autre. Aussi, voici pourquoi il est important de visiter les personnes âgées.
Les visites peuvent aussi fatiguer en fonction de l’âge et des conditions physiques de la personne âgée. Ainsi, il vaut mieux 4 visite d’un quart d’heure qu’une visite d’une heure. A ces occasions là, il faut saisir les occasions de rechercher la paix. Il ne faut pas fuir les sujets difficiles comme la mort, les obsèques, un conflit lorsqu’ils sont évoqués par la personne âgée. Pour elle, ce sont des choses qui font partie de son futur proche. Si elle en parle, c’est qu’elle ne désire pas les fuir. Mais elle en a peut-être peur et aussi, elle a le besoin que ce qui va se passer après elle se passe de la manière la meilleure possible. C’est encore une manière de l’honorer et de l’aimer que de l’écouter sur ces sujets et d’en parler avec elle. On la prend ainsi au sérieux et elle pourra se sentir rassurée, sécurisée car comprise.
Écouter
« Les justes fleurissent comme le palmier… Ils sont encore féconds dans la vieillesse, ils sont pleins de sève pour annoncer que l’Eternel est droit… » (Ps 92.13-16). Une autre difficulté de certaines personnes âgées est de gérer le sentiment d’avoir été mises à l’écart, alors qu’elles peuvent encore contribuer à diverses choses. Jacques Chardonne disait qu’il ne connait qu’une distraction dans la vieillesse : être utile. C’est sortir de soi. C’est pourquoi la sensation d’inutilité est insupportable aux ainés, à juste titre. Or, la Bible dit qu’elles ont encore un rôle à jouer. « La force est la parure des jeunes gens et les cheveux blancs sont l’ornement des vieillards. » (Pr 20.29). « Les femmes âgées doivent donner de bonnes instructions, afin d’apprendre aux jeunes femmes … » (Tt 2.3-5). Ingmar Bergman disait que la vieillesse est comparable à l’ascension d’une montagne. Plus vous montez, plus vous êtes fatigué et hors d’haleine, mais combien votre vision s’est élargie ! Jean Jacques Rousseau disait quant à lui que la jeunesse est le temps d’étudier la sagesse, la vieillesse est le temps de la pratiquer. Si la force est l’atout des jeunes, l’expérience est la richesse des aînés. Les écouter crée un échange gagnant-gagnant.
Cet échange n’est pas toujours cependant gagnant gagnant car les jeunes méprisent trop souvent les personnes âgées qu’ils estiment amoindries et ramollies. Et les personnes âgées, elles aussi, méprisent trop souvent les jeunes, voyant en eux des personnes fougueuses, sans tête, qui ne savent pas réfléchir. Ainsi, pour que l’échange soit gagnant entre jeunes et vieux, il faut que chacun prenne le temps de vivre avec l’autre, de le comprendre et de l’aimer. Le signe de la bonté chez les jeunes, c’est d’aimer la vieillesse ; et chez les vieux, c’est d’aimer la jeunesse disait un auteur.
Nous profitons de leur sagesse et ils se sentent utiles. Et si l’âge avancé et la maladie font que les idées ne sont plus très claires, l’écoute est encore utile, comme signe de respect.
Au delà de laisser la personne âgée s’exprimer, il convient aussi de ne pas chercher à la mettre de côté en cherchant à faire à sa place. Quand une mamie a 90 ans et qu’elle avance au ralenti, il est plus facile d’éplucher les légumes à sa place pour aller plus vite que de lui laisser faire. Mais, en faisant cela, on infantilise la personne âgée. Et ce n’est pas une bonne chose, ni pour l’entretien physique de la personne augée, ni pour son moral.
Exhorter
Vous êtes surpris, peut-être, de trouver ce verbe sur la liste des attitudes à adopter vis-à-vis de nos aînés. N’est-ce pas irrespectueux d’oser reprendre une personne âgée ? Non, car tous peuvent s’égarer. Madame de la Sablière disait que les habitudes de la vieillesse ne sont pas de moindres obstacles pour notre salut que les passions de la jeunesse. Dans le cas où la personne âgée s’égare, ignorer, laisser dans l’erreur sont de pires offenses. La parole nous autorise à l’exhortation, sous certaines conditions. « Ne réprimande pas rudement le vieillard, mais exhorte-le comme un père… les femmes âgées comme des mères … » (1 Tm 5.1-2). « Dis que les vieillards doivent être sobres, respectables, sensés, sains dans la foi, dans l’amour, dans la patience. » (Tt 2.2).Il y a donc de la place pour une exhortation affectueuse et humble. Tel frère devient-il amer ? Rappelons-lui l’importance du pardon et de la reconnaissance. Telle soeur se sent-elle abandonnée du Seigneur ? Exhortons-la à ranimer sa foi dans les promesses divines.
Prendre soin
Cette promesse de Dieu au reste d’Israël est précieuse, et peut s’appliquer aux individus : « … Vous que j’ai pris à ma charge dès le sein maternel, que j’ai portés dès votre naissance ! Jusqu’à votre vieillesse, je serai le même, jusqu’à votre âge avancé, je vous soutiendrai… » (Es 46.3,4). Soutenir les ainés, c’est suivre l’exemple du Seigneur dans sa fidélité à son peuple et c’est obéir au commandement clair exprimé par Paul à Timothée : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, surtout de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un infidèle. » (1 Tm 5.8). Ce soin pourra aller jusqu’à prendre chez soi un parent dépendant. Tout un programme.
Pour les personnes âgées sans famille, c’est l’Église qui doit jouer ce rôle (1 Tm 5.16). Une personne âgée autour de vous a-t-elle besoin d’un bricolage, d’un transport, d’un repas, d’une aide pour remplir des formulaires compliqués ? Merci d’en prendre soin ! C’est au Christ que vous l’aurez fait.
Entourer
« Consolez ceux qui sont abattus, entourez les faibles. » (1 Th 5.14) Si par « prendre soin », j’ai voulu évoquer une aide matérielle, par « entourer » je souhaite attirer notre attention sur les besoins psychologiques et spirituels de la personne âgée. Le contexte du verset ci-dessus mentionne la personne abattue. Chaque phase de la vie comporte des batailles spécifiques à livrer. Les deux citations suivantes témoignent du fait que nos personnes âgées sont plus avancées que nous dans le pèlerinage dont la dernière phase est éprouvante. « Quand vous venez au monde, on vous apprend à vivre, puis à peine avez-vous appris cette leçon qu’il vous faut apprendre à mourir, et c’est beaucoup plus difficile ! »4 « La vieillesse : une succession de frustrations, de pertes, de deuils. Le but visé par Dieu c’est de nous faire passer progressivement de l’état d’homme installé à l’état de voyageur dans ce monde qui passe. »
Marcel Jouhandeau disait que vivre, c’est naître sans cesse. La mort n’est qu’une ultime naissance, le linceul notre dernier lange. Nous sommes ainsi appelés à accompagner aussi nos ainés à naître à la plénitude de la vie en et avec Christ, qu’ils soient croyants ou non. On pourrait croire que pour le croyant, l’approche de la mort est une attente joyeuse. C’est simpliste, dit Samuel Gerber dans son livre, « Mourir s’apprend ». Il nous rappelle avec sagesse que même le Christ a été « saisi d’effroi et d’angoisses » dans le jardin de Gethsémani (Mc 14.33). L’auteur fait état du phénomène bien documenté des étapes de deuil par lesquelles passent ceux qui se savent mourants. Un chrétien les vit différemment, certes, mais il les vit quand même. Il est alors précieux de pouvoir traverser ces étapes accompagné par un frère, une soeur, qui prie avec nous, qui tient notre main, qui veille.
Conclusion
Selon Alain Pinguet, Dieu jugera les sociétés et les individus en partie en fonction de la manière dont ils auront traité les personnes âgées. Il se base sur l’accusation portée contre Babylone par Esaïe : « Tu n’as pas eu compassion d’eux, tu as lourdement appesanti ton joug sur le vieillard. » (Es 47.6). Cela fait penser, par exemple, à l’ancien régime en Roumanie où ceux de plus de 60 ans n’avaient plus droit aux médicaments remboursés ni à certains soins hospitaliers. En tant qu’individus et en tant qu’Églises, saisissons toutes les occasions pour manifester la compassion de Dieu pour un de nos prochains le plus vulnérable, la personne âgée.

Dominique Braesch.

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