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La Foi

Hébreux 11.1 La foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas. Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi. Grâce à la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, et donc ce qui est visible n’a pas son origine dans ce qui apparaît au regard. Grâce à la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice plus grand que celui de Caïn ; à cause de sa foi, il fut déclaré juste : Dieu lui-même rendait témoignage à son offrande ; à cause de sa foi, bien qu’il soit mort, il parle encore. Grâce à la foi, Hénok fut retiré de ce monde, et il ne connut pas la mort ; personne ne le retrouva parce que Dieu l’avait retiré ; avant cet événement, il avait été agréable à Dieu, l’Écriture en témoigne. Or, sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu ; car, pour s’avancer vers lui, il faut croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent.

Parler de foi aujourd’hui se fait en général selon trois approches différentes qui peuvent parfois se compléter. Ces trois approches ont comme socle commun le fait que l’homme est placé au centre de la démarche.

Première approche : nous baignons dans une culture postchrétienne en manque de valeurs spirituelles en raison du matérialisme ambiant. Du coup, l’homme cherche de plus en plus à compenser ce manque. Une nouvelle façon de penser est ainsi apparue : On appellera « foi » tout ce qui permet à l’homme de s’élever au dessus des choses matérielles pour accéder à des niveaux de conscience supérieurs. On appellera « spiritualité » tout ce qui a trait au surnaturel et on appellera « prière » tout effort de l’âme à se concentrer sur l’intangible ou le divin. La nouvelle spiritualité a ainsi placé l’Homme au centre. L’important pour « la foi » n’est plus son objet mais le niveau de conviction de celui qui l’exerce. Il suffit que la foi soit assez grande et cela produira l’effet désiré. Croire contre toute évidence. C’est la foi dans la foi. Ainsi, la foi ouvre un chemin de spiritualité à quiconque accepte l’existence d’un monde au-delà des choses. Il faut s’élever au dessus de la dimension matérielle des choses et entreprendre un « tao », un chemin spirituel, une route vers l’intangible. Peu importe laquelle et avec qui. Il suffit de croire que l’au-delà existe et commencer à s’y aventurer. Enfin, la prière devient « une vibration », une pratique permettant d’atteindre des états altérés de conscience. Qu’importe qui on prie, l’important, c’est comment on prie. Ainsi les techniques sont devenues fondamentales à maitriser et la foi, même chrétienne, tend à se pervertir, au fur et à mesure que la culture ambiante étend son influence.

Deuxième approche : l’actualité nous montre de plus en plus de personnes qui sont catégorisées comme fanatiques. L’intégrisme musulman de Daesch ou Al quaida n’a rien à envier aux pratiques des sectes des dernières décennies. Dans tous les cas, une croyance dans un divin quelconque, qu’il soit surnaturel ou représenté sur terre par quelqu’un, pousse des individus à mettre une confiance aveugle en eux et à faire tout et parfois n’importe quoi. Dans cette approche, ce n’est pas tant la technique ou l’expérience qui compte, c’est plus la relation. Relation à quelqu’un car on est en perte de repères, de figures structurantes dans la société, la communauté  dans laquelle on évolue. Là encore, le divin n’est pas au centre mais il n’est qu’instrumentalisé pour permettre à des hommes d’atteindre leurs objectifs, plus ou moins inavouables.

Troisième approche : c’est contre ces deux approches et en particulier la deuxième  que le courant rationaliste et intellectuel s’est développé. Certains argumentent que chercher à avoir la foi, c’est fuir la réalité, fermer les yeux devant les problèmes et foncer. C’est une béquille pour les faibles, un édulcorant pour les simples d’esprit pour faire face aux difficultés de la vie.  Pour l’homme naturel, qui a appris à vivre sans Dieu, il faut chercher à comprendre et éventuellement croire ensuite. Le monde qui est perçu par l’homme rationnel est appliqué à sa raison. S’il voit des singes, il constate qu’ils ont deux mains, deux pieds, deux yeux et qu’ils doivent être donc nos cousins. Ce que le divin peut en dire, il faut s’en méfier car le divin a montré dans le temps qu’il n’aimait pas l’homme puisqu’il le laisse dans un état de misère à tous niveaux. Si le divin existe, il faut qu’il prouve son existence ou que ceux qui croient en lui prouvent son existence. L ‘homme rationnel considère ainsi que lui seul est compétent pour appréhender, comprendre et maitriser ce monde. Parfois, certains consentent à admettre leurs limites, à ne pas tout comprendre et qu’il existe peut être quelque chose après la mort ou un être au dessus de l’homme. Mais là encore, c’est simplement dans une démarche raisonnable. Car l’homme naturel peut même aller jusqu’à croire en Dieu. On entend ainsi régulièrement des intellectuels, même si c’est sporadique, déclarer de telles choses.  Jacques nous dira que c’est bien mais que les démons croient aussi en Dieu. C’est en effet une chose de croire en Dieu et autrement une autre que de croire Dieu.

Car la foi chrétienne, ce n’est pas croire ou comprendre. C’est croire et comprendre. Comprendre soit maintenant, soit plus tard. Et pour cela Dieu nous a donné un cerveau qui fonctionne d’une façon inouïe. Dieu ne l’a pas crée pour que nous ne l’utilisions pas mais bien plutôt pour que nous nous en servions. Celui qui a une foi authentique découvre au fur et à mesure de son cheminement des choses que Dieu lui révèle, essentiellement dans Sa Parole. Il lit par exemple que l’homme est une créature que Dieu a crée Lui-même et qu’elle ne descend d’aucun autre animal. Je pars du principe que puisque c’est Dieu qui me le révèle, cela doit être vrai. C’est alors que j’utilise ma raison, non la raison avec un r mais avec un R, celle qui est renouvelée par l’Esprit Saint. Je constate ainsi qu’il y a des singes et en étudiant scientifiquement hommes et singes, je découvre qu’il y a des différences fondamentales et qu’il serait bien trop expéditif de considérer que les uns descendent des autres.

Mais chez certains chrétiens, utiliser la raison, l ‘intelligence n’est pas compatible avec la foi. Car réfléchir, chercher à comprendre, c’est mettre en doute ce que Dieu nous révèle et cela n’est pas chrétiennement correct.  Aujourd’hui, l’expérience prime dans beaucoup de  milieux chrétiens sur le reste. L’important serait de capter les révélations divines et les injonctions de l’Esprit Saint qi surgiraient dans le vide de notre esprit Or, il ne faut pas prendre comme argent comptant les impressions qui s’offrent à nous, les impulsions intérieures subites qu’il facile de mettre hâtivement sur le compte de l’inspiration de l’Esprit Saint. Il ne suffit pas d’avoir une direction, il faut en connaitre l’origine. Il ne suffit pas non plus que la direction soit remarquable ou accompagnée de signes particuliers ou de coïncidences frappantes pour être le sceau de Dieu. Dans tous les temps, des esprits malins et trompeurs ont pu accomplir des miracles, prédire les évènements, révéler les secrets et donner des signes et les enfants de Dieu ont toujours dû être sur sans nous emballer et en utilisant notre intelligence et notre bon sens sanctifié par le Seigneur de notre vie. Ne soyons pas comme ce cultivateur Neeurs gardes, de peur d’être abusés. Il est donc très important de soumettre les impulsions, révélations, inspirations, directions intérieures  au crible de l’Ecriture Sainte. Ne suivons pas l’exemple de ce cultivateur  qui crût discerner la direction de Dieu pour sa vie par un signe dans le ciel. I vit les nuages prendre la forme des lettres A, P et C ce qu’il traduisit sans hésitations par « allez prêcher le Christ ». Une semaine plus tard, il avait vendu sa ferme et il était devenu évangéliste. Très vite, les difficultés s’accumulèrent jusqu’au jour où sa femme osa lui dire : peut-être as-tu mal compris les lettres A, P et C. Peut-être cela voulait-il dire : allez planter les choux…

La foi fait donc  appel à toutes nos facultés. Une foi qui est dépourvue de discernement, de sens critique, de conscience n’a rien à voir avec la foi que Dieu réclame. Ca n’a rien de tragique de douter de quelque chose. C’est peut-être tragique de croire quelque chose sans discernement. Si tant de monde se fait piéger par le fanatisme ou les sectes, c’est peut-être pour cela. La foi, c’est une prise de position consciente du côté de Dieu. Une confiance réfléchie dans la fidélité de Dieu à l’égard de Ses promesses, malgré les évidences contraires, même si à l’instant T, cela parait impossible.

Si je cherche à développer une foi selon une des trois approches humanistes dont j’ai parlé au début, je ne pourrais au mieux que croire en Dieu, dans le divin. Mais la foi véritable cherche à me pousser plus loin. Elle me pousse à aller à la rencontre de quelqu’un, un Autre, quelqu’un qui, parce qu’il n’est pas humain, lorsqu’il s’adresse à moi, est fiable, dit la vérité et est fidèle. La foi est donnée à l’homme et elle lui est donnée pour qu’il puisse faire ce choix. Ce choix d’accepter ou de refuser de s’approcher de Dieu et de croire qu’il existe et qu’il rémunère ceux qui placent leur confiance en Lui. Si nous refusons, nous serons limités à ne croire que l’homme et comme l’homme est faïble, limité et infidèle, nous ne serons jamais satisfaits et nous en voudrons toujours plus comme ceux qui vont puiser de l’eau aux citernes crevassées.

Si nous acceptons que Dieu existe et que nous cherchons à  le connaitre, petit à petit nous allons développer une certaine confiance en Lui, en Sa parole révélée  et notre raison va être renouvelée pour comprendre ce que nous vivons sous un nouvel angle. En effet, c’est le temps qui donne du sens à ma foi et transforme souvent ma confiance et mon obéissance préliminaires à la Parole de Dieu en évidence raisonnable. Le filtre de la raison ne me permet pas de comprendre ou d’accepter  ce que Dieu veut que je fasse, pourquoi je suis appelé à passer par tel circonstance. C’est ma confiance en la Parole de Dieu qui me permet de faire ce pas là et d’aller sur des chemins inconnus. Même si je ne comprends pas. Quand j’aurai franchi le pas en croyant Dieu et que les portes s’ouvriront, je dirais « j’avais bien raison et ma confiance était bien fondée ». Ainsi, au fil des pas sur ma route, le filtre de ma raison régénéré va me permettre, quand je regarde en arrière,  de comprendre tout ce que Dieu a fait jusqu’à présent et pourquoi Il l’a fait. Et cela va m’aider dans le futur à réaliser de nouveaux pas de foi.

Au 19ème siècle, le plus grand funambule du monde était un homme du nom de Charles Blondin. Le 30 juin 1859, il fut le premier homme de l’histoire à traverser les chutes du Niagara sur une corde raide. Environ 25 000 personnes se rassemblèrent pour le voir faire 330 mètres suspendu sur cette simple corde à 50 mètres au-dessus des eaux furieuses. Il travailla sans filet ; sans harnais de sécurité. Le moindre faux-pas lui serait fatal. Quand il atteignit la rive canadienne, la foule a éclaté en une ovation puissante.
Durant les jours qui suivirent, il fit plusieurs fois la traversée des chutes. Une fois il a traversé sur des échasses ; Une autre fois il a pris une chaise et une poêle, il s’est assis au milieu de la traversée, a fait cuire une omelette et l’a mangé. Une autre fois il a emporté son manager sur le dos. Et un jour il a traversé en poussant devant lui une brouette pleine de 150 kg de ciment. A cette occasion, il a demandé aux spectateurs qui l’acclamaient s’ils pensaient qu’il pourrait porter un homme assis dans la brouette. Une puissante acclamation monta de la foule.
Portant ses regards sur un homme qui criait très fort, il lui demanda, « Monsieur, pensez-vous que je peux vous faire traverser en sécurité dans la brouette ? » « Oui, bien sûr, » répondit l’homme. « Alors, montez ! » Dit Blondin avec le sourire. L’homme refusa.

La foi est ainsi la conjonction de trois éléments :

  • La réalité de Dieu : Dieu existe.
  • La révélation de Dieu : Dieu me révèle que je suis pêcheur, mort spirituellement et que j’ai besoin d’être sauvé de cette mort spirituelle pour vivre à nouveau. Par la confiance que j’accorde en Sa révélation. Cette révélation se fait d’une manière générale ou spéciale, par la Bible. La grâce que dieu me fait au travers du sacrifice du Christ et de Sa résurrection, pose la première pierre de ma foi qui va pouvoir grandir dans le temps.
  • Cette confiance qui s’instaure ainsi sur cette base va m’encourager à accepter les pas suivants que je vais être appelé à effectuer. Ma réponse en tant que prise de position constitue ma part de fidélité. La foi, c’est donc le lien de soumission qui m’unit à Dieu,

Cette confiance, cette foi n’est pas de l’auto suggestion ou un optimisme béat. Je ne vais pas prier en me convainquant le plus fort possible que Dieu va agir comme je le pense. La foi n’est pas une sorte d’idéalisme utopique qui pense que, finalement, tout va s’arranger avec un coup de baguette magique dont Dieu a le secret. Cela, c’est un mélange de naïveté, d’inconscience, de paresse et d’égoïsme qui attend gentiment que Dieu fasse son miracle. La foi authentique est différente. Elle se nourrit dans une relation de tous les jours qui va nous permettre de toujours mieux connaître Dieu et Lui faire confiance.

C’est parce qu’il avait une relation fort et personnelle avec Dieu que David ‘est attaqué à Goliath.  Lorsque David rejoint ses frères sur le champ de bataille avec les philistins pour leur apporter à manger, il n’est qu’un jeune homme. Il n’est pas particulièrement costaud et n’a pas de stature d’autorité. Ce n’est qu’un jeune berger. Lorsqu’il voit Goliath insulter Dieu et l’armée d’Israël, il est outré. Et là où personne n’ose se lever, lui, il ose le faire. Est-ce de l’inconscience ? De la naïveté ? Non, David a le courage de se lever mais il a confiance en Dieu. Il sait que s’il se lève, Dieu sera avec Lui car Dieu ne désire pas que l’outrage de Goliath reste impuni. Mais fort de cette confiance en Dieu, David ne fonce pas la tête baissée vers le géant. Bien qu’animé par un zèle ardent pour Dieu, il choisit d’abord de se rendre au torrent et d’y choisir quelques  belles pierres polies. Dans ce torrent, il y a toute la bénédiction de Dieu qui va permettre la victoire à une foi active et équilibrée. David ne recule pas devant un minimum de raisonnement. Le bon sens de la foi lui dicte  de  choisir les pierres les plus polies possibles pour aller le plus vite possible et frapper sa cible avec le plus de force et de précision. L’humilité de la foi lui commande aussi de ne pas se contenter d’une seule pierre. Peut-être que le premier coup pourrait rater. La sagesse de la foi qui indique d’en prendre au moins cinq. Ce n’est pas parce qu’il sûr de tuer ce géant que le reste de l’armée ne va pas réagir. Il faut prévoir une contre-attaque ou un autre danger. Donc, la foi n’est pas statique, irraisonnée, inconsciente. Elle mêle confiance et réflexion car la foi est aussi quelque chose de réfléchi et argumenté.

En conclusion, je dirais que la foi, c’est la plupart du temps une association entre  l’ordinaire du croyant et l’extraordinaire de Dieu. La foi chrétienne, c’est ce lien que j’ai avec quelqu’un : Dieu. Un Dieu dont l’existence et la fidélité est vérifiable par d’autres moyens que ma foi. Ma raison peut le vérifier. Et le pas de la foi m’entraine vers l’obéissance envers ce quelqu’un avec qui je suis lié. Tout ce qui vaut la peine dans ce monde implique un risque. S’engager dans l’amour, dans la vie, la liberté implique des risques. S’engager dans la foi implique des risques. Mais osons surtout. C’est en osant  ce risque que l’extraordinaire va s’expliquer et que l’espérance va rassurer nos cœurs.

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